T. XXXII. (SÉANCES
suite, les mêmes nervures étaient séparées l’une de l’autre par une lame parenchymateuse un peu plus large que leur propre épaisseur totale. La réduction du parenchyme sous l’influence du défaut d’eau était dès lors plus considérable et frappait bien plus immédiatement les yeux dans la feuille que dans la tige. J’ajoute que dans la feuille A l’étroite bande parenchymateuse qui était interposée à deux nervures était formée, entre deux épidermes composés l’un et l’autre de cellules à fort peu près isodiamétriques, de quatre assises cellulaires semblables entre elles et à celle de l’épiderme, ne laissant entre elles que de très petits méats, alternes d’une assise à l’autre, et parmi lesquelles celle qui était sous-jacente aux deux épidermes, tant supérieur qu’inférieur, renfermait de la chlorophylle; les deux médianes en étaient entièrement dépourvues. Il n’y avait donc là rien qui ressemblât même de loin, ni à du tissu en palissade, ni à un parenchyme lacuneux. Or les feuilles du Dioscorea Batatas portées sur dès pieds à végétation normale renferment, à l’état adulte, sous leur épiderme supérieur, une assise simple de cellules en palissade tellement longues, que j’ai vu leur diamètre longitudinal atteindre 0 mm ,13, quand l’ensemble des quatre assises du parenchyme lacuneux n’avait pas O ram ,ll d’épaisseur.
J’ai inutilement cherché des stomates sur les feuilles réduites des pieds venus à sec ; mais, comme par compensation, j’ai observé à leur face inférieure un grand nombre des sortes de poils en écusson ou en palette pluricellulaire et arrondie qui existent aussi, mais en bien moindre quantité, en dessous des feuilles jeunes de la même espèce de plante, dans les conditions normales.
En résumé, il résulte de ce qui précède que la sécheresse absolue sous l’influence de laquelle les tubercules du Dioscorea Batatas ont développé une tige réduite, surtout en longueur, avec des feuilles encore plus réduites en dimensions, a eu pour effet essentiel de restreindre fortement la production du parenchyme, sans nuire à la formation des éléments de soutien, quelle qu’en fût la nature, et sans empêcher les parois de ceux-ci d’acquérir une épaisseur égale, parfois même supérieure à celle qui les distingue dans les pieds de la même plante qui ont végété sous l’empire des conditions normales.
Cela acquis, une question se présente naturellement : Comment les tubercules soumis à une complète sécheresse ont-ils pu produire une tige conservant sans altération ses caractères anatomiques distinctifs, et qui, bien que fort réduite comparativement à celle que cette plante développe dans les conditions ordinaires, a atteint néanmoins, dans la plupart des cas, de 0 m ,50 à 0 m ,80 de longueur? La réponse à cette question est simple : c’est du tubercule lui-même que sont venues les matières et particulièrement l’eau qui étaient nécessaires pour ce déve-