SÉANCE DU 9 FÉVRIER
un fait qui me semble assez digne d’attention pour que je croie devoir en entretenir quelques instants la Société : c'est la rapidité avec laquelle quelques degrés de température en plus ou en moins déterminent le périanthe de leurs fleurs à s’ouvrir ou à se fermer.
Pour me les apporter, M. P. Chappellier avait enfermé ses Crocus dans une boîte de bois. Cette boîte a été déposée dans une pièce non chauffée, où la température se maintenait, depuis quelques jours, avec une fixité remarquable, à -f-12° C. Le 12 janvier, vers sept heures du soir, la boîte a été ouverte et transportée dans une pièce chauffée où la température était de -f- 16° C. Cette différence de 4 degrés dans l’atmosphère ambiante a suffi pour déterminer rapidement l’épanouissement des fleurs ; à huit heures, toutes étaient parfaitement ouvertes, et, quand je les ai déposées, quelques instants plus tard, sur le bureau de la Société, elles étaient dans toute leur beauté.
J’ai voulu voir si ce que la chaleur avait fait, le refroidissement pouvait le défaire. Après la séance, un peu après dix heures et demie du soir, j’ai remis les plantes, pour la nuit, dans la pièce non chauffée, où la température était toujours de -f- 12° C. Une demi-heure plus tard, les fleurs des Crocus chrysanthus et pusillus étaient entièrement fermées, les autres l’étaient déjà plus ou moins, et l’espèce qui se montrait le plus en retard sous ce rapport était le C. Sieberi, pour laquelle le mouvement d’occlusion commençait cependant à se dessiner nettement. II est presque inutile de dire que ce mouvement ayant continué à se produire pendant la nuit, les plantes étant restées à la même place, toutes les fleurs étaient fermées le lendemain matin, et il est bon de faire observer que, dès huit heures du matin, elles avaient été soumises à l’influence d’une bonne lumière diffuse, derrière la vitre d’une grande fenêtre exposée à l’est.
A dix heures et un quart, dans la môme matinée, les plantes ont été transportées derrière les vitres d’une fenêtre exposée à l’ouest, à une bonne lumière diffuse, dans une pièce chauffée où la température a été maintenue constamment entre 16 degrés et 17° C. Au bout d’une heure, l’épanouissement était à peu près complet pour les fleurs des Crocus Sieberi, Imperati , miniums et versicolor; il s’était fait à moitié pour les
C. chrysanthus, luteus, alatavicus; il commençait seulement à s’accuser
pour le C. miniums, surtout pour le C. pusillus.
A midi et demi, les fleurs étaient entièrement épanouies sur les Crocus dalmaticus, Imper ati, minimus, Sieberi, versicolor et biflorus; même une fleur de cette dernière espèce, qui, la veille, avait été coupée par mégarde et était restée sur la terre du pot, après s’être fermée la nuit, s’était rouverte sous l’influence de la chaleur, quoique détachée. Celles des C. chrysanthus et luteus étaient moins ouvertes; celles du C. pusillus étaient seulement entr’ouvertes au sommet; quant à celles du C. alata-