VICUS
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cularité sur laquelle il y aura lieu d’insister quelque peu.
Afin de reconnaître si la fleur du Crocus pusillus était seulement plus lente que les autres à ressentir l’influence de la chaleur, j’ai laissé le pied de cette espèce dans la pièce chauffée; mais, au bout de plusieurs heures, il était dans le même état, et les alternatives de chaleur et de fraîcheur auxquelles je l’ai soumis encore pendant environ trente-six heures n’ont produit sur son périanthe que des changements à peine appréciables. Il
me semble donc résulter de cette observation, que la fleur de cette espèce, après s’être ouverte et fermée une fois sous l’influence des changements de température, devient insensible, ou à fort peu près, à cette même influence.
Le 13, vers une heure, je mets les plantes, sauf le pied de C. pusillus , à l’air libre, sur une fenêtre exposée à l’est, où le thermomètre marque -J- 8°C. Au bout de deux heures, le périanthe du C.minimus est entièrement fermé; celui du C. versicolor l’est presque au même degré, de même que celui des C. luteus et chrysantlius; il est à moitié fermé sur lesC. Imperati,Sieberi, dalmaticus et biflorus. Je replace les plantes, après trois heures, dans la pièce chauffée à 16° C. Au bout de deux heures, les fleurs étaient bien ouvertes pour les C. minimus , Imperati , versicolor y dalmaticus, Sieberi, chrysanthus et biflorus; elles ne l’étaient qu’à moitié pour le C. luteus.
Enfin, pour ne pas trop prolonger ces détails, je me bornerai à dire que, tant que le périanthe des fleurs de ces Crocus a conservé une apparence de fraîcheur, les alternatives de chaleur et de refroidissement ont exercé sur elles la même influence : elles se sont ouvertes à la chaleur, puis fermées dans un air plus frais, et de même à la lumière qu’à l’obscurité.
Quant au Crocus alatavicus , les deux verticilles de son périanthe se sont comportés de deux manières entièrement différentes: les trois segments externes, ou les sépales, une fois étalés, n’ont plus ressenti l’influence de la diminution de température et ne se sont plus relevés; ils se sont même étalés de plus en plus, puis complètement rabattus; au contraire, ses trois segments internes, ou les pétales, après s’être relevés et rapprochés sous l’influence de l’air frais, après leur premier épanouissement, n’ont presque plus ressenti l’action des inégalités de température : leurs trois sommets, connivents à l’air frais, se sont écartés très faiblement à l’air chaud, sans jamais s’épanouir même à moitié.
Des observations qui précèdent je crois pouvoir tirer les conclusions suivantes :
1° Le périanthe des fleurs des Crocus (du moins de ceux dont il s’agit dans cette note) s’ouvre en peu de temps sous l’influence de la chaleur, se ferme ensuite sous l’action d’un abaissement de température.