‹ Influence De La Température Sur L'Épanouissement Et La Fermeture Des Fleurs Des CROCUSChapitre 4 sur 6 · SÉANCE DU 9 FÉVRIER · texte numérisé non relu

SÉANCE DU 9 FÉVRIER

2° Une différence de 4 ou 5 degrés dans la température de l’air ambiant suffit pour produire ces effets, dans l’espace d’une demi-heure à une heure pour la plupart des espèces, dans un temps un peu plus long pouV d’autres. J’ai lieu de penser que ces deux faits opposés se produiraient plus rapidement sous l’influence de plus grandes inégalités de température.

3° En général, les passages de l’épanouissement à la fermeture peuvent se reproduire plusieurs fois dans la même fleur, tant qu’elle reste fraîche; cependant, chez une espèce (G. pusillus), ils n’ont eu lieu qu’une seule fois.

4° Les deux verticilles d’un même périanthe peuvent éprouver des effets dissemblables de la part des inégalités de température (G. alatavicus).

5° La lumière n’intervient en rien dans la production des mouvements

du périanthe, puisque celui-ci s’ouvre ou se ferme au même degré, par les

exhaussements et les abaissements de température, que les plantes soient au jour ou à l’obscurité.

6° La cause de ces mouvements paraît être uniquement extérieure et mécanique, et elle agit sur les fleurs coupées comme sur celles qui tiennent à la plante vivante.

J’insiste sur cette dernière conclusion, parce qu’on serait tenté, à la première observation de ces phénomènes, d’attribuer un rôle important, pour leur production, à ces deux forces intérieures agissant, l’une pour redresser, l’autre pour courber les organes, dont M. Vôchting admet l’existence dans les plantes, qu’il regarde comme influant puissamment sur divers mouvements des organes (1), et auxquelles il donne les noms de rectipétalie et curvipétalie.

Si maintenant il m’était permis de hasarder une hypothèse pour explb quer les mouvements du périanthe des Crocus , je dirais que, quand une fleur de ces plantes est placée, toute fermée, dans une atmosphère plus chaude que celle où elle se trouvait auparavant, l’action de l’air chaud doit déterminer une évaporation plus forte dans l’épiderme de laface alors seule externe de son périanthe ; il en résulte que les cellules épidermiques, et probablement aussi quelques-unes des sous-jacentes, perdent de leur turgescence, diminuent dès lors de volume, et que l’ensemble de la couche sensiblement contracté doit obliger ce même périanthe à se courber vers l’extérieur, c’est-à-dire à s’ouvrir. La fleur ainsi ouverte passant ensuite dans un air plus frais, l’évaporation ou transpiration diminue ; les cellules de l’épiderme externe font un appel de liquide d’autant plus énergique qu’elles en avaient préalablement perdu davantage, et, à mesure qu elles

(1) Vdchting, Die Bewegungen der Blütlien und Früchte. Bonn, 1882, in-8° de 199 pages et 2 planches.

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