‹ Influence de la vaccine sur l'évolution de la varioleChapitre 14 sur 18 · CHAPITRE II · texte numérisé non relu

CHAPITRE II

Influence de la vaccine pendant la période d'état de la variole. ; |

C'est surtout à la période d'éruption et de suppu- ration que les varioleux sont exposés à une série de | complications inflammatoires et pyémiques. Pour De —- atténuer cette gravité, il ne paraît exister aucune | méthode thérapeutique capable de modifier l'évolution de cette maladie cyclique. En effet, pour la variole, comme pour beaucoup d'autres affections, la . multiplicité des médications proposées ne fait que démontrer l'insuffisance de chacune d'elles ; l'acide phénique, le perchlorure de fer, le traitement éthéroà opiacé, la chambre rouge comptent peu de succès ‘10 bien certains, et le praticien reste toujours réduit à la 0h médication symptomatique et aux mesures d'anti- D -sépsie, —— —- 1 La vaccination pratiquée systématiquement pen- 4 dant toute la durée de l’éruption et de la suppuration peut-elle modifier avantageusement le processus ?

PO pueS

La question paraissait jugée dans un sens peu favo-

rable, forsque, tout récemment encore, un auteur étranger est venu vanter les heureux résultats de cette pratique.

C'est un médecin anglais, le D' Furley (1), qui avait, le premier, proposé ce nouveau traitement.

« Depuis quelque temps, dit-il, j'ai pris l'habitude « de vacciner chaque cas de petite vérole que je vois, « et les résultats, comme je le montrerai, sont réel- « lement très encourageants et semblent indiquer

« que la vaccination n'est pas seulement prophy-

« lactique, mais encore curative ». Furley pratique, chez les enfants, la vaccination ordinaire, mais chez les adultes, il injecte dans une veine de la lymphe vaccinale, avec une seringue hypodermique.

Sa statistique est peu considérable, et il ne cite que trois observations avec guérison:

Obs. 1. — Enfant d'un mois. Lorsque jele vis pour la première fois, éruption papuleuse sur la face, les mains, les jambes. Je vaccinai l'enfant immédiate: ment. Le lendemain, lérüuption avait entièrement disparu, à l'exception de deux papules plus proéminentes. Le troisième jour celles-ci s’effaçaient, mais une nouvelle poussée se fit sur la figure. Ces vésicules séchèrent au bout de trois jours sans suppuration.

Quant au vaccin, 1! n'évolua que vers le dixième jour, et arriva à maturité vers le treizième

(1) Furcey. — Treatment of small-pox by vaccination and the injection of lymph. The Lancet, 1872.

ar

LÉJpe IT M. , 30 ans, vacciné dans l’enfance, sœur morte de F. Dé vérole une semaine avant. dt samedi je trouve la figure boursouflée ; éruption papuleuse sur les mains et les avant-bras. J’injectai, en une fois, deux tubes de lymphe dans le bras. Le dimanche, léruption avait disparu des mains et des bras, mais une nouvelle poussée se faisait sur les pieds et s'étendait, le lundi, sur les jambes et sur le tronc. Le mardi, disparition com: plète; on ne voyait plus qu’une zone d’inflammation autour du point de l'injection.

Obs. HI. — J.V., 34 ans, garçon d'écurie, jamais vacciné. Je le vis le deuxième jour de l'éruption et J'injectai deux tubes de Iymphe. La variole, au lieu d’être confluente, comme elle paraissait devoir l'être, fut discrète. Elle évolua très favorablement et les vésicules commencèrent à se dessécher au neuvième jour, au lieu du quinzième ou vingtième

Ces cas de guérison furent très critiqués par plusieurs auteurs anglais notamment par Wilson et Griève à qui l'injection de lymphe parut même plutôt nuisible. Il y a donc lieu de croire que Furley s'est trouvé simplement en présence de quelques cas bénins et de quelques heureuses exceptions; mais, en clinique, il ne faut pas compter les exceptions.

Plus récemment, Kotovcktchikow(1) a pratiqué de nouveau des vaccinations répétées à la période

(1) Meditzinskoie Obzxenie.

CRE d'état de la variole. Dans un cas, l'inoculation fut faite quelques heures avant l’éruption; dans les deux autres elle eut lieu après ; les trois cas paraissaient très graves. |

Sous l'influence de ces vaccinations, renouvelées deux fois par jour, les phénomènes généraux cédèrent peu à peu. La fièvre s’abaissa après chaque vaccination, la plupart des vésicules évoluèrent sans suppuration et celles qui avaient déjà suppuré se desséchèrent rapidement.

En se basant sur ses observations l’auteur arrive aux conclusions suivantes : |

10, La vaccination, répétée régulièrement quatre ou cinq fois par jour, estun puissant moyen thérapeutique à la période d’invasion.

20, Les vaccinations quotidiennes, pratiquées à la période d’éruption, rendent très bénigne l’évolution de la période de suppuration.

Dans un cas grave, dès le début, et dont le pronos-. tic semblait très sombre, nous avons essayé, sans succès, les vaccinations réitérées; chez deux autres malades dont la variole était d'intensité moyenne, nous n'avons pas vu d'amélioration plus rapide.

Page 1