A MON PRÉSIDENT DE THÈSE
MowsIEUR LE ProrEesseEur ARLOING
Correspondant de l’Institut Professeur de Médecine expérimentale Directeur de l'Ecole Vétérinaire Directeur-Inspecteur de l’Institut antituberculeux d’'Hauteville- Officier de la Légion d'Honneur.
À MOoxsIEUR LE PROFESSEUR NICOLAS
Professeur d'Analomie à la Faculté de Médecine de Nancy
A MoxsIEur LE Docteur RUOTTE
Médecin-Major de 1" classe Répétiteur à l'Ecole du Service de Santé Militaire.
Dans une communication faite à l'Académie des Sciences le 25 avril 1898, sur le développement des effets immunisants du sérum antidiphtérique, M. le Professeur Arloing montra que: « Dans la lutte contre les effets locaux et généraux de certains produits microbiens, il n'est pas indifférent d'adopter telle ou telle voie pour faire pénétrer le sérum thérapeuthique dans l'organisme ». Cette influence très nette de la voie d'introduction sur les: effets du sérum dans la diphtérie, l’est aussi dans le charbon symptomatique, ainsi que notre maître a pu le prouver en 1900.
M. le Professeur Arloing nous a chargé d'étudier cette même question pour le sérum antitétanique. Nous avons donc cherché l'influence de la voie d'introduction sur Je développement des effets préventifs et curatifs du sérum antitétanique ; et c’est le compte rendu de ces expériences sur le tétanos, des expériences de M. le Professeur Arloing sur la diphtérie ct le charbon qui fera l'objet de ce travail.
Nous remercions ce savant maîlre pour la bienveillance qu'il nous a témoignée el les conseils qu’il nous a prodiqués pour achever celle élude. Il a mis à notre disposilion les nombreuses ressources de son laboraloire el si ce modeste travail n'est pas conforme à l'idée du mailre qui l'a inspiré, qu'il veuille bien excuser notre inexpérience d'élève. Nous prions M. le Professeur ArLoxG de croire à notre
respeclueuse reconnaissance.
et spl
M. le Docteur Descos, préparaleur du Cours de médecine expérimentale, a bien voulu nous guider dans nos expériences el nous aider de ses conseils. Nous le remercions vivement de'son amabilité el le prions d'accepter ce témoignage de reconnaissance.
Nous remercions aussi M. le professeur P. Courmoxr el M. le D*' Nicoras, chef des travaux, qui nous ont si aimarblement accueilli au laboratoire de médecine expérimentale. Qu'ils soient assurés de nos meilleurs senliments.
M. le D° Nicoras, professeur d’analomie à la Faculté de médecine de Nancy, a bien voulu nous recevoir dans son laboratoire en qualilé d'aide d'anatomie. Nous y avons passé la meilleure année de notre vie d'étudiant. Nous nous rappelerons loujours l'allrait de l'enseignement de notre premier maîlre. Par le charme de ses conversalions M. Nicolas sail rapprocher les distances qui séparent le Maître de l'Elève el s'allache ‘ainsi la reconnaissance el l'affection de ceux qui l'entourent. Nous le remercions vivement de l'inlérét qu'il nous «a toujours lémoigné.
Nous nous faisons un devoir en terminant notre vie d'étudiant de remercier :
Nos Maîlres de Nancy el de Lyon, tous ceux qui se sont intéressés à nos éludes el nous ont aidé de leur science el de leurs conseils.
Nos chers Amis les D" Rousseau et Mussy pour leur
amilié si franche ; nous les prions dé croire à notre vive affection.
La sérothérapie, dit Landouzy, est la méthode qui emprunte ses agents ef ses moyens thérapeutiques âux sérums. Née d'hier, elle a déjà pris dans la science médicale une importance capitale, qui permet de bien augurer de la prépondérance que cette nouvelle méthode devra exercer désormais dans la thérapeutique des maladies infectieuses.
Nous ne ferons pas l'historique détaillé de cette question, il nous suffira de citer ici quelques noms, nous réservant de voir dans les chapitres suivants, pour chaque maladie, quelles phases a traversées la sérothérapie depuis sa découverte jusqu'à nos jours.
L'idée première de la sérothérapie se trouve dans les pratiques déjà anciennes des transfusions sanguines.
Chauveau entreprit dès 1879, une série d'expériences sur le charbon ; de ses observations il conclut que la partie liquide du sang, débarrassée des bacilles virulents, mais chargée des produits de la virulence crée l’immunité. Richet, qui pourtant revendique pour luila pensée
d'employer le sang des animaux réfractaires à prévenir
ou à affaiblir une maladie, reconnait que ces travaux de Chauveau lui ont suggéré l'idée de cette méthode. « En 1881, en parlant du sang et des substances chimiques contenues dans le sang, désignées sous le nom très vague de matières extractives, j'indiquai, dit-il, la grande importance de ces substances si peu connues, et je rappelai, à cette occasion, une belle observation toute récente de M. Chauveau sur la résistance des moutons algériens au charbon — alors que les moutons français succombent toujours à l’inoculation charbonneuse, les moutons algériens résistent. Qui sait, disais-je alors, si l'injection du sang d'un mouton algérien à un mouton français ne le rendrait pas rebelle à l'infection charbonneuse ? » —- Vu l'existence des travaux de Chauveau, peut-être a-t-on eu tort de dire, ainsi que l'a déjà fait remarquer M. Arloing,
Raynaud, Richet et Héricourt, qu'est « née toute armée »,
que c'est de l’hématothérapie de Maurice
la sérothérapie.
En 1889, Ogata et Jasuhara de Tokio parvinrent à donner aux souris l’immunité contre le charbon par l'injection du sérum des animaux réfractaires au charbon: le chien et la grenouille. [ls mirent à profit, avec succès, le sérum et le sang des animaux pour la cure de cette maladie. Mais Ja présence d'une substance bactéricide dans le sérum d'animaux doués de l'’immunité naturelle et les succès qui en sont les conséquences, obtenus par Ogala, ne peuvent être généralisés et constituent une exceplion. Behring reconnu peu après la publication des auteurs japonais que le sang de certains animaux (souris, rats, chiens), qui jouissent vis-à-vis de la diph-
térie d’une immunité naturelle, est impuissant à arrêter