FIÈVRE JAUNE
Climat. — La fièvre jaune est la preuve de la complexité de ce qui constitue le climat.
Le climat froid lui est contraire ; mais les climats tropicaux ne lui sont pas tous également favorables : ainsi, tandis que son berceau est dans le golfe du Mexique (delta du Mississipi), tandis que la propagation est facile sur les diverses côtes de l’Atlantique, les côtes tropicales indiennes ne l’ont jamais.
J'ai dit que le climat froid était contraire ; mais il ne faut pas isoler l'élément température du climat. S’il est vrai que dans les pays tempérés la fièvre jaune importée s’est développée la plupart du temps après des élés très chauds rappelant la température des tropiques, néanmoins l'hiver n'a arrêté les progrès d’une épidémie commençante ni à Gibraltar (novembre), ni à Livourne, ni à Baltimore, ni à Philadelphie. Pourtant, les navires de la siation des Antilles atteints partent pour Terre-Neuve, et l'épidémie cesse à bord dès qu’ils atteignent les parages froids. Les bords de la mer sembleni nécessaires ; on l’a cependant observée à Cordoue et à Grenade.
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L'influence des localités dans la fièvre jaune est considérable. Certains pays en sont indemnes ; tandis que cette épidémie fait des ravages périodiques au Sénégal, elle n’a jamais touché au Gabon, et dans les pays atteints elle ne sévit pas dans les localités d’une certaine altitude (Camp Jacob, à la Martinique ; Mexico, au Mexique). On aurait. remarqué depuis quelque temps que, de même que la fièvre jaune tend tous les jours à agrandir son cerele d'action, elle tendrait aussi à se montrer à desaltitudes qu’elle n’avait pas envore atteintes. Quant à l'influence de la nature du terrain, celle n’est pas encore connue. Des recherches devraient cependant être dirigées de ce côté, car cette influence est probable. Comment, en effet, expliquer sans elle que Gibraltar ait eu assez souvent la visite de la fièvre jaune, tandis que Tarifa, qui est tout près, n’a jamais eu à en souffrir ? Enfin la fièvre jaune, si fréquente dans les villes du golfe du Mexique, dépasse peu souvent les agglomérations urbaines : les campagnes sont ordinairement indemnes.
Races. — Enfin les races présentent des particularités remarquables en présence de la fièvre jaune. Tandis que les individus de race blanche, surtout les nouveaux-venus, dans les pays tropicaux, sont décimés, les créoles sont presque toujours à l’abri de ce fléau, ei même quand ils sont atteints, on dirait que la fièvre jaune à moins de pouvoir sur eux ; elle s’amende, revêt les formes d’une fièvre bilieuse et est connue alors sous le nom de fièvre jaune des créoles. Quant à la race noire, elle est complétement indemne.