‹ Influence des Climats: Localités, Races sur les Épidémies et EndémiesChapitre 2 sur 27 · INTRODUCTION · texte numérisé non relu

INTRODUCTION

Ayant eu l’occasion de me trouver en présence des épidémies qui depuis quelques années sont venues périodiquement ravager le midi de la France et une certaine partie de l'Europe, et qui en ce moment même sévissent sur une contrée voisine de nos frontières ; me rappelant, d’un autre côté, les rapports sur des épidémies de même nature, mais dans

des contrées et chez des races absolument différentes des nôtres, j'ai

. pu remarquer que ces maladies, soit dans leur genèse, soit dans leur

cours, soit dans leur terminaison, présentent des particularités assez remarquables, selon le terrain sur lequel on les a observées. J'ai cru intéressant de rechercher quelle était la raison de ces différences, d'étudier les causes auxquelles on pouvait attribuer ces diverses particularités. Cette question a déjà sollicité les recherches de bon nombre d’auteurs. Fonssagrives, Bérenger-Péraud, pour ne citer que ceux-là, s’en sont occcupés, tant au point de vue de l’histoire médicale qu’à celui de la prophylaxie et du traitement de ces terribles

affections. Tous ont abouti au même résultat.

” Les diverses modifications que l’on observe dans ces maladies ne sont pas dues à une seule et unique cause, du moins pour la grande généralité des cas. Les principaux facteurs sont au nombre de trois. Et en premier lieu, nous citerons le climat des localités dans lesquelles sévissent ces épidémies.

Nous verrons en effet que certaines d’entre elles ont pour lieu d’origine un climat particulier, et qu’elles ne peuvent se décider à prendre racine sous un climat différent. D’autres peuvent bien quitter ce lieu d’origine, mais elles éprouvent dans cette migration des modifications qui les rendent quelquefois presque méconnaissables, à tel point que ce n’est que de nos jours qu'on à pu faire entre elles un rapprochement auquel on n’avait même jamais pensé auparavant. Les localités ont aussi une place importante dans cette question ; les mêmes réflexions que j'ai faites un peu plus haut pour les climats pourraient être répétées à leur propos. Quant aux races, leur part d'influence est peut-être un peu moins nette que pour les causes citées précédemment. Ce n’est pas que l’on ne connaisse des maladies qui sévissent plus particulièrement et même quelquefois exclusivement sur une race ou sur une autre; tout le monde sait que la race blanche et la race nègre présentent sous ce rapport des différences bien marquées ; de plus, les maladies qui sévissent sans distinction sur les deux races éprouvent, suivant leur terrain, des différences que l’on ne peut nier.

Mais est-il bien prouvé que ces différences sont sous l'influence de a race? Le climat, les localités, n’ont-ils pas ici un certain rôle? Le genre de vie, les mœurs, les habitudes sont-ils sans aucun effet ? Sans vouloir approfondir cette question, je me contenterai de faire re-

marquer que ces différences existent, et que l’on ne peut sans aucune

preuve négliger, comme une cause de leur production, un facteur dont Pinfluence a été admise par la grande majorité des auteurs.

J'ai voulu aussi faire rentrer dans cette étude l’influence que peuvent posséder toutes ces mêmes causes sur la genèse et les modifications des endémies. On observe, en effet, dans ces affections les mêmes particularités que j'ai citées plus haut : suivant les climats, les localités dans lesquelles elles sévissent, suivant les races qu’elles frappent, on peut remarquer des différences tellement remarquables et qui se rapprochent tellement de celles que l’on a observées dans les épidémies, que j'ai pensé né pas devoir séparer ces deux questions. Et d’ailleurs, quoique épidémies et endémies aient une signification bien tranchée, n’arrive-t-il pas souvent qu’une épidémie, soit par le petit nombre des victimes qu’elle frappe, soit par le peu de gravité des cas, se rapproche du caractère des endémies ? Et d’un autre côté, au contraire, ne voit-on pas les endémies apparaître avec une violence telle que la dénomination d’épidémie leur serait applicable ? Je parlerai donc aussi des endémies, mais en étudiant seulement certaines d’entre elles qui me serviront de type.

Mais, pour traiter cette question d’une manière assez complète, quel est le plan que nous devons suivre? Faut-il étudier l'influence des climats sur les maladies endémiques et épidémiques et faire de même pour les localités ou les races ?

Faut-il étudier les maladies endémiques et épidémiques dans les climats, les localités et les races ?

Je diviserai mon sujet en deux parties :

La première, sorte d’étude de pathologie générale, passera en revue

l'influence des climats, localités, races, sur les endémies et les épidé-

mies, et recherchera le mode d'action présumable. La seconde, plus spécialement consacrée à la pathologie appliquée, recherchera l’influence que chacune de ces trois conditions exerce sur la genèse et les modifications des principales maladies endémiques et épidémiques.

Avant de terminer cette introduction, qu’il me soit permis d’adresser mes plus sincères remerciements à M. le docteur Guëès, professeur à l'Ecole de médecine navale de Rochefort, dont les intéressants travaux sur cette question nous ont été d’un si précieux secours.

Que M. le docteur Leclerc, ex-agrégé à l’Ecole de médecine navale de Toulon, reçoive aussi l’expression de ma reconnaissance pour ses indications et ses conseils, qui ont considérablement facilité la tâche que je m'étais proposée.

Je ne saurais oublier ici, non plus, les Maîtres de cette Ecole,

auprès desquels j’ai toujours trouvé l’accueil le plus bienveillant.

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