DYSSENTERIE
Climat. — La dyssenterie est sous l'influence directe du climat. Le maximum de son intensité et de sa fréquence se trouve dans les pays intertropicaux, et il diminue de l'équateur au pôle. Dans la zone chaude, elle revêt certains caractères spéciaux : gravité immédiate, pas de tendance à la guérison, résultat de la permanence de la cause morbide ; enfin, tandis qu'ailleurs elle ne frappe que certaines catégories d'individus, elle est ici une maladie populaire. On la rencontre surtout dans les localités chaudes et humides. Certaines d’entre elles sont plus particulièrement atteintes par la dyssenterie et ici ce n’est plus l'influence du climat que l’on peut invoquer, car d’autres localités voisines sont complètement indemnes. On attribue alors la fréquence de l'affection soit à la situation, soit aux brusques variations de la température. C’est ainsi que l’on pourra expliquer les différences que l’on observe à ce point de vue entre Bône et Oran, en Algérie, St-Pierre et Fort-de-France, Basse-Terre et Pointe-à-Pitre. On ne l’observe presque jamais à Bombay, pas plus qu’à Malacca.
Races. — La race noire paraît être moins souvent frappée que les autres, mais les accidents chez elle seraient plus graves, d’après Tytier, Hutchinson. Elle revêt, suivant les races, diverses formes : palustre au Gabon, sèche dans les pays du nord à cause de l’alcoolisme, bilieuse dans les Indes (Pringle), algide en Algérie, à Toulon (Delioux, de Savignac).