‹ Influence des Climats: Localités, Races sur les Épidémies et EndémiesChapitre 22 sur 27 · HÉPATITE · texte numérisé non relu

HÉPATITE

Climat. — On peut faire pour l’hépatite la même remarque que pour la dyssenterie; sa compagne habituelle; ces deux affections

marchent, en effet, très souvent de pair, et on n’a pu encore élucider la question de savoir si ces deux maladies se développent séparément sous l’influence des mêmes causes ou bien si elles ne sont que la conséquence l’une de l’autre, et dans ce cas, laquelle des deux serait la première coupable.

2 ENDÉMIES ALIMENTAIRES. — SCORBUT

Pour juger de la nature de l'influence qu’exerce le climat sur la production du seorbut, il serait important de rechercher d’abord si on pourrait découvrir un rapport causal plus ou moins constant entre certaines saisons, ou conditions météorologiques, et la genèse de la maladie. |

En ce qui concerne les saisons, nous trouvons que sur les soixantehuit épidémies compulsées par Hirsch, et pour lesquelles l’époque de l'irruption est indiquée, trente-sept surgissent au printemps, vingt et une en hiver, huit en été, deux en automne (pays tempérés) ; sous les tropiques, quatre dans la saison chaude, une dans la froide et cinq dans les saisons de transition. Le printemps et l'hiver ont donc une influence incontestable, et ies recherches de Koebel dans les provinces du nord de ia Baltique, de Dopp à l'orphelinat de St-Pétersbourg, confirment ce point.

L'influence d'une météorologie froide et humide se fait remarquer d'une manière tout aussi évidente ; il est un fait constaté dans beaucoup d’endroits où le scorbut est endémique, ou bien où il s’est montré épidémiquement, c'est que la maladie apparaît surtout en hiver et au printemps, quand il y a eu un été et un automne froids et humides; de sorte que Staël déclare déjà que la cause La plus constante est une atmosphère froide et humide. Currau est du même avis. Sind, Riuppe, etc., ont fréquemment vu les mêmes faits. Cependant, on

ADI aurait tort d'y voir une influence exclusive, car le scorbut est devenu bien plus rare qu’autrefois, bien que les conditions climatériques n'aient pas été modifiées, et on cite des épidémies survenues dans des climats chauds et secs ; c’est ce qui arriva à Exeter après un hiver froid et sec ; Bæhstrom, en Suède, le vit survenir durant un été chaud, et aussi Livarette à la prison de Roanne. Hirsch, faisant remarquer ces dissidences, se demande déjà si on n’en neut pas conclure que les conditions climatiques agissent non pas directement sur les conditions physiologiques de l’organisme, mais bien pluiôt sur les conditions hygiéniques et diététiques qui constitueraient ensuite le facteur de cette étiologie.

Localités. — Une importance non moins grande est l’influence des conditions territoriales sur le développement du scorbut. L’extension proportionneliement restreinte que le scorbut a eu de tout temps, la diminution causée par une hygiène bienfaisante, le mode actuel des irruptions du scorbut, qui n’ont lieu que lors des années de détresse et sous l'influence des conditions les plus tristes, tout cela nous prouve que les influences générales, telles que celles du climat et du sol, ne peuvent entrer en ligne de compte que d’une manière indirecte.

Prim est parti d’un point de vue fort restreint, en soutenant que les pays qui sont traversés par de grands fleuves, ou situés à leur embouchure ou riverains de la mer, sont visités par le scorbut chaque printemps ou chaque fois qu’il survient un temps froid et humide. Il y a des faits pour et contre. Toutefois, on peut trouver un rapport indirect entre les produits du sol et sa fertilité et la genèse du scorbut, C’est l'opinion de Hirsch et de Collin.

Races. — Les recherches ne prouvent que peu de chose; si on signale certains peuples beaucoup plus frappés, on en LOU ENENIn raison ailleurs; ainsi, Walter fait remarquer que la population finnoise et laponne de la Norwège est très rarement atteinte de scorbut,

tandis que la maladie est très fréquente parmi les Normands ; mais il

ee We s’est assuré, par des recherches longues et soigneuses, qu'on en trouve la raison dans ce fait, que les premiers rassemblent, en automne, de grandes quantités d’oseille, qu'ils consomment avec du lait en hiver; cet usage n’est pas en vigueur chez les seconds.

Cependant le scorbut ne se montrerait pas chez les noirs et les Jndiens ; opinion fausse. Rappelons aussi le mot de Boudin : « Les manifestations de la vie varient avec le climat et se modifient avec la race et la vitalité. » Le scorbut est ici transformé en béribéri, mais il y a dans ces conditions et au milieu des béribériques de vrais scorbutiques, de même que, chez les Européens, le scorbut s'accompagne souvent d’hydrémie, d’anasarque et de manifestations nerveuses.

BÉRIBÉRI

Climat. — Le béribéri se rencontre dans les climats chauds et humides; aussi est-il très fréquent dans les Indes orientales, où il revêt ordinairement la forme hydropique. À Bahia, au contraire, c’est la forme paralytique ou atrophique; on rencontre la forme mixte chez les Malabars, et la forme convulsive à la Réunion.

Races. — C’est la race indienne qui semble avoir le triste privilège de cette affection ; le D' Juan Hava l’a cependant signalée à Cuba,où il l’appelle la maladie des sucreries.

GÉOPHAGIE

Climat. — La géophagie a été observée dans une foule de pays, en Italie, en Egypte, aux Antilles, à Mayotte, par conséquent dans les climats chauds. On l’a cependant observée quelquefois en Sibérie.

Localités. — Quant aux localités, on n’en a pas désigné de plus spécialement habitées par les géophages. |

Races. — On rencontre les géophages en Egypte, sur les bords de VAmazone, à la Nouvelle-Grenade, en Nouvelle-Calédonie. Cette maladie ne parait pas être sous l'influence des races, mais plutôt le résultat de conditions spéciales. C’est en effet chez jes peuples indolents qui satisfont leurs besoins au meilleur compte possible, dit Debranche, qu'on la rencontre.

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