‹ Influence Des Malformations Utéro-Vaginales D'origine CongénitaleChapitre 26 sur 68 · HE · texte numérisé non relu

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Le

Lot

Dans plusieurs cas, l'accumulation du sang était modérée, et c’est la douleur seule qui constitue le phénomène principal.

Dans d'autres cas, et comme nous en avons rapporté quelquesexemples, une hémorragie supplémentaire, une véritable déviation compensatrice des règles, empêche la formation de : Phématométrie.

Enfin, dans nombre d'observations, l’oblitération du canal génital a pour résultat une aménorrhée plus ou moins complète, de telle sorte que certaines malades souffrent chaque mois, à l’époque d’une ovulation, sans avoir aucune perte.

Le diagnostic dans les cas de rétention, n’est pas toujours facile à faire, cependant l’imperforation le plus souvent : accessible à l'examen, l’absence de menstruation. les douleurs périodiques, l'apparition d’une tumeur occupant la place des cavités génitales, sont à peu près des signes pathognomoniques.

Mais, combien de doutes quand il s’agit d’une hématométrie par oblitération de l’orifice interne, avec col intact! I] s’agit, dans ce cas, de faire le diagnotic avec un fibrome, une grossesse, ou un cancer du corps, d’après leurs signes propres, et d’après l’anamnèse. |

Combien de difficultés encore quand il s’agit de diagnostiquer un hématocolpos ou une hématométrie unilatérale, dans le cas de dédoublement total ou partiel du canal génital.

Quant au pronostic, toutes les collections sanguines, résultant des gynatrésies, etabandonnées à elles-mêmes sont d’un

pronostic très grave,

HINRES

L’évacuation spontanée n’entraîne pas la guérison, mais un soulagement temporaire, suivi de la récidive des mêmes phénomènes souvent aggravés par la suppuration.

La mort peut même survenir par septicème, après ouverture spontanée, ou par péritonite par ouverture dans le péritoine.

Toutes ces collections sont donc justiciables de l’intervention chirurgicale.

Nous ne pouvons pas achever ce chapitre sans avoir encore mentionné l’intéressante observation publiée par M. Edmond Blanc (1) ; trop intéressante même, puisque c'est un exemple rare d’une malformation utérine complexe (suivant l'expression de Puech) c’est-à-dire, où s’observent à la. fois, un défaut de division et de perforation compliqué £ en même temps d’hématométrie unilatérale.

Nous nous bornerons à en donner seulement le résumé :

Une jeune fille de 18 ans est adressée à M. le professeur Laroyenne, pour des troubles dysménorrhéiques avec tumeur pelvienne.

di Pas d’antécédents pathologiques ni héréditaires sérieux ; 34 jamais elle n’avait souffert du ventre avant l’établissement des règles. | à Ces dernières s'étaient installées depuis quelques mois seulement, et au moment où M. Laroyenne la vit,la malade n’avait eu que trois époques menstruelles, et les symptomes morbides

7h Re À Loire méd., 15 janvier 4895, p. 1-9.

avaient justement coincidé avec l’apparition de la première époque.

Pendant les quelques jours qui précédèrent l’apparition de l'écoulement sanguin.,et durant toute la période menstruelle,elle commença à s’apercevoir d’une gêne, d’un embarras abdominal.

A cette sensation de plénitude, de pesanteur pelvienne, se joignit un ténesme anal des plus pénibles, en même temps que les douleurs devenaient de plus en plus vives, et revêtaient le caractère de douleurs expulsivess’irradiant dans les aînes et les cuisses. La malade fut obligée de garder le lit, et l'écoulement sanguin fut très faible, se faisant goutte par goutte pendant trois jours.

La cessation des règles n’amena point un retour complet à l’état normal; il persista une gêne pelvienne, avec douleur sourde, continue, malaise général, et troubles des fonctions vésicale et rectale.

La deuxième époque fut le signal de tous les symptômes qui atteignirent une acuité extrême, à ce point qu’elles arrachaient des cris à la malade; c'était une souffrance continue avec paroxismes intenses, angoissants (syncopes, nausées, vomissements) ; bref, le tableau était celui de la pelvi-péritonite aiguë ou de l’hématocèle péri-utérine.

L’écoulement menstruel ne fut pas plus abondant que la première fois.

Comme la fonction primitivement et uniquement troublée avait été la menstruation, et comme à côté des phénomènes impliquant la rétention, coexistait un écoulement menstruel peu abondant il est vrai, mais bien caractérisé; le médecin consulté par la malade, crut d’abord avoir affaire à une véritable dysménorrhée. LA |

Mais Ia répétition et la fenacité des accidents, en dépit de l'écoulement sanguin, leur aggravation à la deuxième époque, la persistance des troubles dans la période intercalaire, le conduisirent à s’enquérir des causes qui entretenaient un tel état morbide.

Le toucher vaginal combiné avec la palpation hypogastrique, lui révéla la présence d’une tumeur pelvienne intimement accolée au côté gauche de l'utérus, et refoulant en bas le cul-desac Correspondant; il crut à l’existence d’une hématocèle périutérine, et adressa la malade à M. Laroyenne pour solliciter son avis touchant l'opportunité d’une intervention.

A l'examen on constate :

À gauche, tumeur ovoide du volume d’un poing d'adulte, tendue, élastique, refoulant en bas le cul-de-sac gauche et postérieur, bien circonscrite, et limitée entre le doigt vaginal et la main appliquée à l'hypogastre. Elle n’est pas mobilisable ni latéralement, ni du haut en bas: elle déborde en haut le détroit supérieur; à gauche, elle forme une masse semée d’irrégularités et de bosselures, occupant toute l’étendue de la fosse iliaque. On ne peut pas séparer l'utérus de cette masse. Toute la tumeur est douloureuse à la pression.

L’exploration du segment inférieur révèle les particularités suivantes : pas de col utérus; nulle part, on ne rencontre la moindre saillie; on finit enfin à trouver accolée à la paroi vaginale droite, une petite dépression liniaire, en fer à cheval ouverte du côté de la tumeur.

L’hystéromètre prudemment introduit dans cet orifice et poussé directement en hautet un peu à droite, s’enfonce à sept centimètres. RS ne

Les mouvements qu’on lui imprime, se communiquent à la

masse; celle-ci fait réellement corps avec l’utérus, et en représente la moitié distendue par le sang menstruel.

Tel était, en effet, le diagnostic affirmé par M. Laroyenne, et séance tenante, la malade est endormie. On attaque la tumeur par la voie vaginale à l’aide d’un trocart-sonde, et il s’en écoule un flot de sang noirâtre assez abondant, et semblable à celui qu’on retire des hématocèles.

Le résultat opératoire a été des plus remarquables au point de vue des troubles fonctionnels; disparition rapide et complète de la douleur et de la gêne abdominale; pas de fièvre, pas de réaction péritonéale, et rentrée chez elle, la malade écrit bientôt que ses règles sont plus abondantes et nullement douloureuses; son état général est excellent,

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