CHAPITRE IV
Malformations Utéro-Vaginales dans leur rapport avec la copulation et la fécondation
Pour mettre un peu d'ordre dans les idées, et afin que nous puissions mieux saisir l’influence que peuvent exercer les divers vices de conformation que nous venons d'étudier sur la copulation et la conception, nous ferons ‘usage, dans le présent chapitre, du même groupement que nous ayons établi précédemment, pour voir successivement et autant que possible, Ce qui se passe dans tous ces différents cas. |
D'abord, dans la variété de cloisonnement plus ou moins complet du vagin, les rapports sexuels sont possibles dans - presque la majorité des cas, et — étant donné que cette variété est la plus communément observée, — on est par cela même tenté de croire que ce vice de conformation n’a aucune influence fâcheuse sur l’accomplissement de l’acte sexuel.
Cependant, il y a beaucoup d’exceptions à cette manière
de voir,
Ainsi Pœlimer (1) rapporte qu'à l'ouverture du cadavre d'une femme morte au bout de trente-six ans de mariage, il trouva une matrice partagée en deux cavités, avec un vagin double, terminé inférieurement par une seule ouverture, du milieu de laquelle partait cette cloison.
Malgré les tentatives réitérées du mari de cette femme, l’acte du mariage n’avait jamais pu être consommé, à cause des douleurs qui en résultaient pour l’un et pour l’autre; et l'extrême pauvreté de ces époux ne leur avait pas permis de rechercher les causes de leur impuissance.
Cependant, dans cette observation, il s’agit peut-être plutôt d’une atrésie de l’orifice vulvaire que d’une étroitesse vaginale. On comprend que, dans ce cas, la fécondation n’ait pas été possible.
Le professeur ÆRichet a eu l’occasion de traiter une prostituée, portant un double vagin, et qui par une singulière aberration du sens moral, croyait faire à sa manière acte de fidélité matérielle envers son amant, en lui réservant le privilège exclusif d’un des deux conduits vaginaux, et en consacrant l’autre à un usage plus général.
L'erreur consistant à croire à l'existence dans ces cas d’un seul vagin, cest parfois d'autant plus facile à commettre, que lun des vagins est très ample, tandis que l’autre est étroit.
Cette disproportion des deux canaux vaginaux à été remarquée par plusieurs auteurs ; cependant, dans un certain nombre d'observations, on voit que les deux compartiments