CHAPITRE VI
Malformations Utéro-Vaginales, au point de vue de l’accouchement
Nous pouvons dire, dès le début de ce chapitre, que pour ce qui concerne les malformations du vagin, le travail de l'accouchement n’en est point influencé généralement.
L'accouchement peut être plus ou moins retardé, mais il s’est toujours terminé heureusement, et sans déterminer de graves accidents ni pour la mère, ni pour l’enfant.
Dans les cloisonnements du vagin, en effet, on n’a pas signalé de retard dans la progression du fœtus ; cependant, lorsque la cloison est incomplète, on était obligé, dans certains cas. de l’inciser, à cause de l’obstacle ainsi créé, et qui pouvaitempêcher la descente et le dégagement ; la tête venant appuyer sur ce repli.
Et aujourd’hui on est autorisé pour ainsi dire, au moment du travail — et non pendant les derniers mois de la grossesse, comme le pratiquaient les anciens auteurs — d'inciser la cloison, quand la tête fœtale entraîne cette cloi-
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son sans la pouvoir rejeter de côté, et quand pour cela même, le dégagement fœtal est gèncé. Mais ik faut exercer une grande surveillance, car il y a toujours à craindre une hémorragie, étant donnée l’abondante vascularisation de cette région à la fin de la grossesse.
Dans le cas que nous étions à même d’observer à la clinique Baudelocque, et dont nous avons relaté l’observation à la fin de ce travail, la partie antérieure de la cloison formant une bride très résistante devant la tête, on a essayé de la réduire, en la poussant à gauche; et cependant, quoique la bride soit restée en place, l'accouchement a eu lieu spontanément.
Voyons maintenant quels sont les inconvénients créés par les vices de conformations de l’utérus, sur la marche régulière du travail, quels sont les accidents et les complications qui en découlent, et enfin quelle sera la conduite à tenir dans ces diverses circonstances.
D'abord, pour ce qui a trait à l’utérus bicorne, le travail dans ce cas est généralement plus long que d’habitude, les contractions utérines sont plus ou moins irrégulières. Mais plus long ne veut cependant pas dire fatalement plus difficile.
Cependant, on a cité dans cette variété comme cause de dystocie, ‘une espèce de bride, qui va de la face postérieure de la vessie, à la face antérieure du rectum, et qui, passant par-dessus la dépression qui sépare les deux cornes utérines, s'enfonce entre ces deux lobes, en exerçant une sorte de. tiraillement.
Uné autre cause de dystocie peut être causée par lhypertrophie dé la corne non gravide.
En effet, cette deuxième corne, s’hypértrophiant paï in fluence, peut venir jusqu’au détroit supérieur oblitérer une partie du bassin, et rétrécir par conséquent l’éxcavation d'autant.
Un cas de ce genre a été cité par Muller (1).
Il s'agissait d’une multipare qu’il assista à deux réprisés, et chaque fois, une tumeur vint mettre obstacle à l’accouchement, qui fût d’ailleurs très pénible, et qui se términa par la mort de l'enfant.
L'existence de deux vagins, ainsi que d’autres particularités permirent à Müller, de reconnaître que la tumeur n’était qu’une Corne utérince ruditnentaire.
Un autre cas analogue à été signalé par Borinski (2), Il s’agit d'un cas où l'enfant se présentait par le siège, et la corne vide descendait en même temps que la tête dernière.
On dut terminer l'accouchement par une céphalotripsie.
La femme ayant succombé, l’autopsie vérifia dans ce cas le diagnostic.
La Conduite à tenir dans cette circonstance est la suivante :
Après avoir diagnostiqué plus où moins là présence de la tumeur qu’on sent dans l’excavation, on pratiquera la ponction s’il s’agit d’une tumeur liquide, ou bien on tâchera de l’écarter attant que possible s’il s’agit d’une turneur solide.