OBSERVATION I
Malformation de l'ulérus el du vagin. — Deux ulérus, deux vagins. — Grossesse de l'utérus droit. — Inection intra-utérine.
La nommée Marie B..., primipare, âgée de 921 ans, entre à la clinique le 27 mars 1897.
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Comme antécédents héréditaires, rien de particulier.
Comme antécédents physiologiques, elle a marché à 11 mois ettoujours bien depuis. Les premières règles sont venues à 14 ans, peu douloureuses, régulières, et de durée de 3 jours environ.
Comme antécédents pathologiques, a eu une pneumonie droite à l’âge de 11 ans et en même temps une entérite ? Leucorrhée depuis $ ou 4 ans.
Grossesse actuelle. — Les dernières règles datent du 28 juin au 1€ juillet. (La malade affirme que le début de la grossesse actuelle date depuis le 9 juillet.)
Elle ne se rappelle pas de la date de l’apparition des mouvements actifs. La hauteur de l’utérus à son entrée était de 58 centimètres à droite et de 24 centimètres à gauche. À son entrée, elle était dans le 9e mois de sa grossesse et jusqu'alors elle faisait son ménage sans se reposer.
Aucun accident pendant toute la durée de la grossesse, sauf
quelques douleurs sous-hépatiques dans les derniers mois. Pas
d’albumine dans les urines; température normale.
A l'examen général, rien de particulier ; tous les organes fonctionnent bien. +
À l'examen obstétrical, les seins sont bien conformés, le ventre à une forme irrégulière à cause du développement irrégulier des cornes utérines, la droite est plus volumineuse que la gauche. On fait le diagnostic par le palper d’utérus didelphe, la grossesse se développant dans la corne droite. La tension des parois est moyenne; présentation du sommet engagé à GA ; bassin normal, auscultation au-dessous de l’ombilic.
L'histoire de cette femme peut se résumer ainsi :
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Elle s’est mariée le 7 mai 1895, et la nuit suivante elle a des rapports avec son mari, rapports très douloureux et assez difficiles la première fois. La femme a perdu à ce moment une légère quantité de sang. A la suite des coïts répétés, elle ressent des douleurs dans le ventre, en même temps que les pertes blanehes deviennent plus abondantes. Les douleurs continuent et Sans exacerbation cependant, deviennent de plus en plus intenses, et amènent la femme à consulter le professeur Le Dentu qui lui apprend pour la première fois la malformation qu’elle présente et qu'elle ne soupçonnait pas. Des injections firent diminuer les pertes blanches et disparaître les douleurs au bout d'environ 3 mois.
Les rapports sexuels suivants, ne semblent pas être très douloureux. La malade croit, du reste, que le coït avait tou” jours eu lieu dansle vagin droit, à l’exclusion du gauche.
Les premières douleurs du travail, commencent le 27 mars à sept heures du matin et la femme vient à la clinique, où l’on fait les constatations suivantes :
Par le palper ; l'utérus de forme irrégulière, est déplacé à droite de l'abdomen, mais c’est assez difficile de reconnaître l'existence d’un autre utérus. M. Pinard examine la femme à dix heures du matin, et trouve à la vulve deux orifices séparés par une cloison épaisse qui remonte dans le vagin. Par le toucher les deux vagins, paraissent avoir des dimensions égales ; la cloison qui les sépare est élastique, épaisse” et complète jusqu’au fond. Le toucher fait encore reconnaître à gauche, l’existence d’un col très ramolli, très perméable, dans lequel on peut introduire le doigt qui sent à travers la paroi, la tête fœtale engagé. Cet utérus laisse couler une certaine quantité de sang. Lé canal cervical file à gauche, et on peut reconnaître
où se trouve le corps par le toucher et palper combinés.
A droite, léger écoulement de sang; le col complètement effacé ; les bords de l’orifice sont minces; on sent directement et nettement, les sutures et les fontanelles.
On pratique le toucher à deux heures, et l’on constate que la dilatation n’a pas encore commencé. A trois heures, la femme fait des efforts d'expulsion; la dilatation est complète à ce moment là; et au toucher on constate alors que la tête est déjà à là vulve, repoussant à gauche la cloison médiane.
La rotation est effectuée; la partie antérieure de la cloison, formant une sorte de bride très résistante devant la tête, on essaie de ia réduire, en la passant à gauche, et quoique la bride reste en place, l'accouchement a lieu spontanément d'un garçon pesant 2.750 grammes.
Aussitôt après l'accouchement, on pratique le toucher, et l'on constate que la cloison vaginale a éclaté sur toute sa longueur. On arrive sur deux orifices utérins, un gauche, dans lequel pénètre le doigt, et un droit celui par lequel a passé le fœtus. On constate en même temps que les deux cavités utérines sont séparées par une cloison épaisse, qui descend jusqu'aux orifices.
Le placenta se présente par sa face fœtale, et est extrait trente-cinq minutes après l'accouchement.
La quantité de sang perdu pendant la délivrance est nulle, mais la femme a perdu une quantité assez notable avant l’expulsion du fœtus, au moment de la déchirure de la cloison, — Injection intra-utérine prolongée après la délivrance,