‹ Influence des vêtemens sur nos organes: Déformation du crâne résultant de la méthode la plusChapitre 2 sur 3 · DE COUVRIR LA TETE DES ENFANS · texte numérisé non relu

DE COUVRIR LA TETE DES ENFANS

On ne sait pas assez combien de lésions pour nos organes, combien de prédispositions funestes résultent de la vicieuse application de nos vétemens. Les conseils de l'hygiène à cet égard ne peuvent être trop répétés, trop répandus; et peut-être ce sujet n'a-t-il pas encore été traité avec un soin proportionné a son importance. ^ La partie principale de ce mémoire est relative

aux déformations du crâne qui proviennent de Fusage pernicieux d'appliquer sur la tête des enËins un bandeau fortement serré.

Tout ce qui tient a l'éducation physique des enfans est de la plus haute importance , car la délicatesse de leurs organes peut trop aisément subir d'irréparables atteintes. Mais les adultes aussi sont exposés à de graves inconvéniens, par suite des gènes qu'imposent à leurs membres les exigences de la mode ou des routines mal entendues.

Toutes les parties du corps ont payé ou paient encore un dur tribut aux règles trop souvent arbitraires qui président à la toilette des deux

Esclaves de l'idée de beauté qu'on attache à la petitesse du pied y combien de personnes se condamnent h porter des chaussures trop étroites, et par là s'exposent a de nombreuses infirmités! Les cors, les durillons, les ongles rentrés dans les chairs , la déformation et le gonflement des jointures des orteils , une irritation habituelle des surfaces qu'affectionne la goutte, deviennent, suivant les prédispositions individuelles , les conséquences variées du trop d'étroitesse des chaussures.

Si, pour se grandir, pour faire paraître plus

avantageusement le pied, ou seulement pour suivre la mode^ on adapte aux chaussures des talons élevés j on nuit à la solidité de la station, et, à la longue, on affaiblit l'articulation du pied avec la jambe.

Si vous essayer de descendre avec de telles chaussures un plan fortement incliné, vous reconnaissez bientôt l'inutilité de la tentative : en se plaçant sur la pente de ce plan, on ne fiiit qu'exage'rer l'effet que ces talons élevés produisent seuls sur un plan horiàsontal : preuve manifeste qu'avec de telles chaussures la marche est moins assurée.

Quant à l'affaiblissement de l'articulation du pied avec la jambe, il résulte de ce que, le talon étant ainsi tenu dans une position plus élevée que la partie antérieure du pied, les rapports des surfaces de l'articulation du pied avec la jambe se trouvent changés dans la station , et prennent une obliquité qui lès fatigué.

Pour être convenablement disposées, nos chaussures doivent avoir assez de capacité pour n'exercer aucune compression sur les orteils et les jointures ; elles doivent être assez exactement serrées autour du coude-pied pour le contenir, et sans talons hauts.

On peut d'ailleurs , pour plus de développemens , se reporter sur cette matière aux écrits de Winslow et de Camper , qui , avec raison , ne Font pas jugée indigne de leur attention.

Les jambes ont souffert, à diverses reprises et à. diverses hauteurs, de constrictions circulaires. Des jarretières non extensibles, appliquées audessous du genou et trop serrées , ont souvent fait développer la dilatation variqueuse des veines et Fengorgement chronique des articulations inférieures. Que ces jarretières fussent isolées ou adhérentes au bas d'un caleçon ou d'une culotte , peu importe pour l'effet , le danger tient au siège et au degré de la constriction. Des jari'etières élastiques au-dessus du genou n'offrent aucun de ces inconvéniens.

Les jambes et les cuisses ont encore subi l'action d'autres compressions circulaires, lorsque la mode était de porter des culottes ou pantalons coUans très-serrés; leur inconvénient devenait surtout grave lorsque cette partie du vêtement était faite d'une peau peu susceptible d'extension. Grâce à des idées plus saines en hygiène, nous sommes aujourd'hui loin de ces pratiques absurdes, et les varices et les gonflemens chroniques des jointures inférieures ont diminué dans une grande proportion .

Jusqu'ici, presque tout le mal dont j'ai parlé Insulte de compressions. C'est encore la même cause qui, chez les deux sexes, peut rendre compte des désordres amenés par la mauvaise disposition des pièces de vétemens appliqués sur le tronc.

Des ceintures variées serrées avec des boucles tenant ou non au pantalon des hommes, bien plus généralement encore les corsets des femmes, et surtout les corps à baleine qui serraient fortement la taille , le ventre, la poitrine, ont produit une énorme quantité de maladie»

du cœur, du foie, d'apoplexies, d'avortemens, suivant les cas.

Faut-il expliquer le mécanisme si simple de cesaccidens? Sous l'influence d'une forte compression circulaire du tronc , qui , pratiquée autour de l'abdomen, agit directement sur le foie, sur l'utérus, ces deux organes se trouvent chacun directement blessés : l'avortement dans un cas, une phlegmasie chronique dans l'autre, sont faciles à comprendre. D'un autre côté> le ventre étant serré , les organes qu'il contient se trouvent refoulés vers la poitrine , la capacité de celle-ci diminuée d'autant. Par suite, l'embarras de la circulation a lieu, et, comme conâéquence première, un sentiment de suffocation,*

auquel s'ajoute bientôt l'engorgement du sang dans le cerveau , d'où les congestions ^ les apQplexies, etc.

Plusieurs de ces effets restent écrits sur le cadavre. Je ne saurais dire combien souvent j'ai rencontré , chez les femmes de la Salpétrière , le foie portant la profonde empreinte de la compression exercée par le corset. Mais tous ce9 maux sont bien diminués aujourd'hui ; les véritables conditions de la beauté sont mieux comprises , et ce n'est plus que le petit nombre des femmes qui abusent du corset.

Quand aux hommes^ l'abandon des culottes à ceintures bouclées, l'usage combiné des bretelles élastiques et de quelques lacets médiocrement serrés^ n'entraînent aucun inconvénient réel. - La compression du cou par les cravates a souvent donné lieu à des accidens graves.

Feu le professeur P^rcy parle de soldats pris, en grand nombre, de congestions cérébrales sous Tinfluence d'une constriction de ce genre. ..A défaut d'un bon régime , c'était avec la consigne de serrer exçes^vement leur cravate, qu'on leur donnait bonne miney en faisant ainsi stagner le sang dans la figure.

Peut-être y a-t-^il encore quelques hommes qui croient s'embellir en s'étranglant à moitié;

mais^ à coup sur, ce n'est phis chez nous on usage de serrer immod^i^inent la cravate, el la tête s'en trouve mieux.

Chez beaucoup de militaires, la pesanteur du bonnet, l'ëtroitesse de son ouverture, la capacité de sa forme, qui sert de podiie dans laquelle beaucoup logent une proviûon de tabac, {hxh duisent des accidens variés.

Percy parle à cet égard de gonflemens sqn*guins du cuir chevelu au-desso/^ Fouvertore de bonnets militaires. Cette ouverture trop serrée £dsait en quelque sorte ligature, et s'Opposait au retour du sang appelé plus abondamment par la chaleur de telles coiffures; des congestions cérébrales se joignent presque nécessairement à cet engorgement externe, porté quelquefois assez loin pour s'opposer à l'extr»^ tion du bonnet, à moins d'une coupure dans son contour.

Lorsque ces bonnets, moins serrés, sont fixÀ au moyen d'une lanière qui paisse sous le menton, Tinconvénient précédent n'a plus lieu , celui de la pesanteur et de la chaleur persistent.

On a vu souvent encore le tabac cônteim dans ces bonnets , s'édiauffér dansdes moliiens de fatâgue, et c^;Ager des vapeurs dont Tâotion sur le cuir dievelu déterminait des symptdmes

de narcotisme. Avec une grandeur plus convenable , ces bonnets net serviraient pas de poches.

D faut convenir que de nos jours on voit soooessivement disparaître les inconvéniens qui^ à d^autres époques assez récentes d'ailleurs ^ résultaient de certaines pratiques adoptées dans le costume des deux sexes.

Les remarques que je viens de faire n'ont plus aujourd'hui le mérite de l' à-propos ^ que dans quelques-eirconstances heureusement assez rares.

L'éducation physique des enfans^ surtout dans Iqs classes élevées de la société , a été aussi notablement améliorée. Le plus grand nombre des vices du maillot sont abolis; ces bandes^ qu^on employait pour ajouter à la compression déjà trop grande des langes serrés ^^ dans le but de faire d'un enfant ainsi emballé un paquet solide et commode à porter, sont complètement abandonnées, parmi nous.

Mais, dans les classes inférieures de la société, surtout au fond de nos campagnes, combien ne faudra-t-il pas de nouveaux efforts pour répandre des vérités que l'éloquence des philosophes du dernier siècle, et le zèle de nos médecins les plus disdnguésy ont fait enfin pré*» valoir dans nos villes.

C'est dans les eampagnes que les abus du maiUot se trouvent encore réftigiés..

C'est là que y dans l'intention d'apprendre à marcher aux enfans long-tems emprisonnés dans leurs langes ^ on les suspend à des lisières serrées autour du corps^ et nuisibles par cela seul ; mais plus nuisibles encore, en ce que les bricoles qui s'y adaptent servant à suspendre ces petits malheureux qu'on agite ain^i de secousses dangereuses , les épaules > la colonne vertébrale , en subissent des tiraillemens dont l'effet est trop souvent une difformité permanente.

Dans certains départemens règne encore une pratique plus funeste.

Un grand poteau est dressé au milieu de la maison , et y lorsque les parens sortent pour se livrer à leurs travaux , ils suspendent leurs enfans à ce poteau avec des courroies , de manière que l'extrémité des pieds touche la terre.

Le poids du corps l'abaissant peu à peu^ sans que les épaules puissent y dans la même proportion, s'engager dans des courroies serrées audessous des aisselles et arrêtées au poteau, le plus grand nombre de ces enfans restent contrefaits, et dans les départemens où règne cet usage la proportion des bossus est immense ^'^

<') Ces renseigncmens me sont communiqués par M. le baron'

Ces exemples font comprendre de quelle gravité peuvent être , dans les praniers tems de la vie f les influences d'une position habituelle sur des organes au$si durs que les os , et nous dispose à comprendre plus aisément encore quelles conséquences peuvent résulter d'une compresaon permanente.

Ils montrent en même tems comn^ent, quand

on a appris à les reconnaître^ on peut retrouver

diez l'adulte la trace de violences éprouvées par

• l'enfant. Nous allons voir, en étudiant les défor*

mations du crâne ^ la preuve de cette vérité.

Il y a déjà long-tems que j'ai remarqué dans mon service de l'Asile départemental de la Seine- Inférieure ^ en quelle proportion considérable se rencontraient les difformités du crâne parmi les aliénés renfermés dans cet hospice. En 1829, j'écrivais, dans le Dictionnaire de Médecine et de Chirurgie pratiques,dLTl.Aliéhationmentale: « Il » est sûr qu'on trouve , parmi là population d'une

» Maison de fous, beaucoup plus de conformations » incieuses du crâne , qu'on n'en observe sur un » nombre égal d'hommes pris au hasard. Il existe

Dupont-Delporte, actuellement préfet de la Seine-Inférieure , qui a vu par lui-même cette pratique et ses effets dans le département derÂrriège.

» plus de cinquante conformations yicieuses du

» cràue^ sur les trois cent trente aliénés que je

» soigne : celle qui domine est rétrécissement

» circulaire de cette partie , suivant une ligne

» qui , partaAt de la région supérieure du frontal,

» se terminerait auMlessous de la protubérance

» occipitale, en passant, à droite et à gaudie, ^

» au-dessus de la conque de l'oreille.

» Cet enfoncemait circulaire est surtout pro^ » nonce au sommet du frontal et sur ses côtés.

i> Peut-être ce vice de conformation résulfie-t41 » de l'jbabitiide gépérale dans le pays d'entourer » la tète des nouveauHiés de ce que l'on appelle » uni bandea^u, morceau de toile triangulaire au » grand bord duquel on fait un pli de deux travers ' » de doîgt, qu'on applique et qu'on serre préd- » sèment sur la ligne que j'ai indiquée comme » ^iége de cet étrécissement. » (Voy. Dicf. -de Méd. et de Chir.prat.y tom. i*';., page5i8.)

Depuis l'époque QÙje signalais cette difformité, hasardant comme une simple conjecture l'indk»tion de la cause à hquelle on pouvait l'attribuer, mes observations à l'intérieur de mon hospice et au dehors se sont multipliées diaque jour et ont acquis plus d'importance.

Bans toutes les classes de k société , chez des adules, chez des vieillards décr^its , chez des

adolescens et chez des enfans de quelques jours ^ j'ai Fjstrouyé la même déformation du crâne ayec des caractères plus ou moins prononcés , et chez les enfans nouveau-nés , acccMtnpagnés de circoastances si frappantes^ que l'explication qui ne me semblait y en 1 829 , qu'unç conjecture vraisemblable^ est devenue aujourd'hui pour moi d'une évidence manifeste. Or^ comme cette altération^ lorsqu'elle est portée àun certain degré^m'a toujours paru accompagnée d'acddens graves pour les individus chez lesquels on la rencontre ; comme je Tai vue ^gnalée^ dans quelques cas^ par de simples troubles dans la circulation cérébrale; dans d'autres par la perversion des fonctions les plus importantes du cerveau^ et même par l'idiotie et l'épilepsie; il y aurait eu de mia part coupable indifférence si, réservant pour la pratique personnelle de mon art le fruit de mes cAservations , je n'avais pas cherché à r^andre la connaissance d'un fait si grave. Si ce fait est vérifié par l'expérience de tous, comme par la mienne, il en résultera 9 j'espère, la réforme d'un abus dont la pratique expose chaque jour tant de nouveau,;*nés à une poiûtilation funeste pour.lem-s facultés les plus nobles et les plus importantes. Je sais combien les routines sont opiniâtres, surtout dam les classes infériem'cs . de la société.

Mai3 les inconvéniëiis que je signale sont si grands! la réforme est si simple et si facile!

Si je parviens à f^ire partager ma conviction à tons ceax que la misère et la dégradation de l'espèce ne trouvent pas insensibles , un concours de généreux efforts parviendra sans doute à faire abandonner, dans les pays où il est eu usagie^ ce bandeau appliqué sur la tète encore mc^e des nouveau-nés^ et maintenu au moyen d'une attache étroitement serrée ; procédé d'abruti88e>ment qu'on croirait emprunté aux Caraïbes.

C'est s^rtout à^mes confrères; c'est aux sagesfemmes dont tant d'^ifans reçoivent les premiers soifis; c'est au± associations charitables dont le but est d'assister les pauvres femmes en couches^ et de soustraire leurs enfans aux premières atteintes de la misère; c'est aux ecclésiastiques doiit liés conseils dirigent tant de malheureuses Êuniltes; enfin , c'est à tous les amis de l'humanité que cette oeuvre philanthropique se recommande.

L'objet de <!« mémoire est de faire sentir à toois la gravité du mal et la nécessité du remède. .

Pour faire mieux comprendre en quoi* consiste l'aberratioil de la formé normale/ il faut coYisidérer d'abord une tête d'homme dans son type.

La figure deuxième nous offre un eitemple

d^one^conformation naturelle remarquable par saheacaté.

Le front régulièrement éleyé se courbe harmonieusement dans toute sa largeur. Le sommet du crCnè et les parties postérieures correspondent admirablement avec cette partie antérieure par lA*r^[ularité de leurs contours. Le trou auditif , ^ûiâliilement rapproché de Fextrémité posterièijive^ laisse au^evant de lui les deux tiers enyiron du globe crânien.

, Sans être aussi belles que ce type , la plupart des- têtes dont le développemfent n'a pas été contrarié par quelque Tiolence/ sont encore rènùrrquables par une certaine régularité de Ibriaies.

I^ plus gTËtnd nombre représentent un ovoïde (k^iit U petite extrémité correspond au front; etib^gré Içs différences indiyiduelles qui en font ▼ttner la hauteur , la largeur où la longueur /les têtes régulières ^ et , pour parler, ainsi , les têtes natmrelles , présentent dans toute leur étendue des sur&ces convexes, des cbntotirs arrondis.

Le degré variaMe de courbure des surfaces chez les différens individus et clans les diverses régions du crâne, établit les diffireïicès individuelles, celles des races, et détetinine la forme particulière de chacune de ses diverses régions.

Avec an peu d'expérience dans l'observation du crâne y on a bientôt appris qu'une tête peut être bien conformée , quoiqu'on ne rencontre pas dans toutes ses parties une régularité.parfaite, une symétrie absolue.

Souvent les deux moitiés , droite et gauche , of&ent quelque différence entr'elles. Tantôt c'est l'un, tantôt c'est l'autre côté qui bombe davantage eii avant .ou < en arrière. Ce sont là des remarques vulgaires et de peu d'importance, du moins pour mon sujet.

Je signale à l'attention publique une altération bien autrement saillante et d'un tout autre caractère.

Four le ,crâne comme pour toute autre partie du cprps, il .existe plus d^un genre de difformité. Celle que je décris , malgré quelques différences individuelles, affecte toujours le même caractère général dans sonensemble.

Elle consiste en une dépression circulaire qui commence au haut du front,, où elle offre sa plus grande largetur y de là se dirige obliquement en bas et en arrière, passe au«-desstis de la conque de l'oreiUe, et va gagner cette portion de la nuque où les masses chamuesdu cou se fixent à l'occiput. C'est dans ce dernier point qu'elle présente le plus li'étroiteÉse. Ainsi, elle porte. sur toute la

(iC)

circonférence transversale du crâne dont elle dessine obliquement lé contour.

Dans tous les cas^ avec cette dépression coïncide la déformation générale de la bcrîte osseuse, et, comme conséquence inévitable, la déformation partielle de tous les os qui concourait à former ce qu'on appelle la voûte du crtoe.

' Voici d'abord en quoi consiste la déformation générale : . . .

Le front, interrompu dans sa hauteur, est brusquement coudé.. Le crâne, aplati supérieuremenit, se prolonge en arrière sous la forme d'un segment de cône ou de cylindre à diamètre variable , suivant les sujets^ une saillie anguleuse terinine, en bas son prolongement postérieip".

(^ant à l'altération partielle de chacun des ps qui entrent dans la composition de la yoûti^r '^Ue est facile à déterminer .^

Dans un crâne bien conformé, leprofildù front est représenté par une ligne assez régulièrement courbe, depuis le nez jusqu'à Textréaiité; supérieure de l'os frontal. Dgtns les crânes d^ormés, au contraire ; cette courbure , augmentée subitement , formé un angle prononcé , : au- dessus duqueM'os du front se trouve abaissé , et son extrémité supérieure reportée d'autant en arrière- Par suite^ lespariétatiix qui;'par leur articulation

avec cette partie da frontal^ constituent la voûte du crâne y se trouvent abaissés et reculés sur l'occipital, avec lequel ils s'engrèûent en arrière comme avec le frontal en avant. Ils repoussent donc en arrière et en- bas Toocipital. delui-d , pressé dans l'intervalle des pariétaux et de son articulation avec la colonne vertébrale , cède dans le sens de sa com*bure^ qui se trouve exagérée et offre ainsi , à l'extrémité postérieure- du crâne, une flexion anguleuse proportionnelle à celle qu'a subie le frontal en avant.

C'est cette courbure forcée de l'occipital, qui se prononce à la partie postérieure des crânes déformés sous la forme d'une saillie anguleuse. Le bord inférieur de cet angle va jusqu'à pré^ sentei" une surface concave dans quelques cas de déformation extrême. Il n'est pas rare qu'entre le frontal et l'occipital, les pariétaux eux-mêmes éprouvent dans leur courbure une augmentation qui se dessine par une saillie anguleuse au sommet de la tête.

Dans qudqaes têtes, cette saillie se prononce égalemenf. a la flexion du frontal , à celle des pariétaux et à celle de l'occipital. En même tems, les intervalles de ces angles sont mesurés par des lignes droites. Il en résulte, dans le profil général du crâne , un aspect anguleux et rectiligiie que

F^ fonnes animales n'ont pas coutume de présenter.

Ainsi f aplatissement ^ rétrÀ^issement, prolongement en arrière de la bcâte crânienne ; iïépression périphérique dirigée de manière a former une sorte d'ellipse en travers du crâne dont elle dessine obliqiieméht le contour ; largeur plus grande de cette dq>réssion au haut du front ^ largeur moindre a l'occiput : tels sont les carao^ tères généraux de la déformation considérée dans son ensemtle , tandis que la brisure plus brusque de la courbure du frontal , la brisure correspondante de l'occipital ^ et^ dans bien des cas aussi ^ celle des pariétauîc, constituent la déformation particulière dé chacun , des os principaux de la 'voûte.

Un obsei'vateTnr exercé peut recoimïiîlre à fo simple vue cette altération sur des têtes couvertes encore de leur chevelure, et même, chez des femmes, a travers plusieurs bonn^ superposés.

Avec moins d'habitude, on a besoin d'aider la vue du toucher^ enfin, le meîlléui' moyen de rendre cette altération évidente potir tous les yeux*, est de faire raser les têtes qui la présentent.

Oh rencontre d'ailleurs beaucoup de degrés dans le développement de cette difformité. Ses premières appariences se manifestent par un léger

excèsdeloiigueurducràne^ etmontrent, sur divers points d^aa périphérie , des impressions faciles à con&ndre a^eçdesaœidemmliirélsdesesfbrmes.

Ces premiei^ degrés ne seraient pas soupçonnés pour ce qu'ils sont, si par l'étude de degrés plus prononiûés d'abord èl d'intermédiâirQs ensuite y on- n'était conduit à reconnaître le^ premiers rudîmoist de l'altération.

Dans les cas extrêmes qu'on,. pe pieut envisager. san9 étonnauent,. l'allongcpiiait du crâAe est éxpessif; un .étranglement circulaire sepible le partager en deux cavités distinctes placées l'une au-deyant de. l'autre 9 et aboudiées sur la ligiie oblique de réti::anglèmènt.

Entre ces deux extrêmes et les premières apparences de l'altération ^ il y a un nombre infini d'interiaédiaires offrant chacun^ 4 côté des caractères généraii!Sc communs, quelques différences individuelles relatives aux différences primitives des individus. .

Je vaisi essayei: de faire connaître à la fois ces div«:« degrés et les principales variétés de formes avec lesquelles ils se coiii^ibjnent.

On s'en fara aisém^t uqe Idée en jetant un . coup-d'œil sur les figures rassemblées à la fin de ce travail.

Chacun^ des fîgui^s u°% 3, /f, 5^, 6, 7, 8,9,

offre ^ à un degré bien prononcé^ l'ensemble des' caractères distinctifs dont j'ai déjà p^lé.

Comparées à la ûgare n''. 2 , donnée comme type, elles s'en éloignent toutes d'une manière analogue.

Toutes présentent cet . alongement postérieur dont j'ai parlé précédemment. Dans toutes , la face étant placée suivant un plan vertical , une ligne verticale abaissée sur le conduit auditif laisse un volume de crâne beaucoup plus considérable en arrière qu'en ayant. Dans; toutes , la longueur dé la ligne, conduite du trou auditif à la protubérance dé l'occipital , est de beaucoup augmentée. Cette augmentation est telle chez plusieurs, dans là tête n"".: 3 , par exemple, que là distance du trou àtiditif à la protubérance occipitale est devenue plus considà:<^ble que celle du trou auditif aux boss^ frontales ; et dans une cpnf<H*matiQn Tégor fière^ c'est toujours l'inverse qui à lieu. Mab ce n'cs&t pas à ce prolongement du crâiie<eii arrière que se borne l'altération.

Dans les têtes «**". 3, 4 et 5, la dépression circulaire du front à l'occiput forme une gouttière assez profonde tout au tour du crâne. Cette gouttière , (ju'on aperçoit dans sa çoncayité antérieure et postérieure dans les figures 3 et 5 , et dont la figure 4 , prise sur le même sujet que la

Fig 6.

figure 3^ montre là présence dans les régions latérales, suit exactement , comifie on le voit^ lé ti-ajet que nous avons imficpié.

Dans les tètes n"^. 3 et 5, l'alongement total du crâne et son prolongement en arrière scmt tels, qu'ils déterminent habituellement chez les malades une inclinaison de la fiice en avant. Le but évident de cette, direction de la tète est de rapprocher du centre de gravité Textrémité postée rieure du crâne. Cest la position qu'on praid instinctivement lorsqu'un, poids aj>pliqti^ à la nuqiie tend à l'entraîner en arrière. Dans nos exanplesy c'est le [Nrolongément même du crâne et du cerveau qui^ par sa pesanteur, ejcerce cet effort en arrière , et provoque l'indinaison de la face en avant. Dans la tète n^. 6 , la gouttière circulaire est moins prononcée dans tout le contour de la tète/ mais elle l'est enoci^ beaucoup en arrière et sur les côtés. La masse du prolongement postérieur est énoirme^ et, i^lativement , l'aplatissement du fixmt porté très^loin. La partie verticale de rosfix)ntal est d'une petitesse extrême; depuis l'endroit où le front se réfléchit en arrière, ju^u'aupoint le plus élevé du vertex, existe tme surface mesurée par une longue ligne droite.

I41 figure n''. 7 est une des plus curieuses que j'aie observées.

Dans cette tête, dont une rè^e biai f^tôt qu'on compas semble avoir tracé les contours , il n y a presque pas delignes courbes. Quatre plans r^lignes, un frontal ^ un occipital ^ et les deux autres qui \ de l'occiput et du front ^ montent au vértex y sont unis par de^ angles dont l'antérieur et le supérieur sont à peine émoussés. Un des côtés 4ê cette téte^ et ici encc»^ la gravuretest muette^ est. aplati comme s'U eût été mouié sur ilne planche. Toute la stfrfacedu large plan ^upéi^jeur est luisante et dépourvue dé chevfeux;.€'èfst de toute évidence une large cicatrice qui trahit l'ejôstence d'une ancienne et lÔQgue^uppi;irabon. Du reste ^ l'iextrémité supénèia*è postéi^ièure du crâne reph>é8ente tôut^a^Êût iè segment d'*ànepyrattâde qui bientôt sei*9it içomplète, ;â Toii {MTolongeait un peu en haut les ligues antériéui^ et poster tijeure de ce' segment-,

' . Quant à là tétç n^*- 8 , là délbiination qu'elle a'iiqbie est beaucoup moins protfohcée que dans lés précédentes. Récùutertede ses chch^^ux, cette tél;e, pour le plus grand tiOmbredesobserrateurs, n'offrirait rien d'étranglîr à une cônformatipn ordifteire; mais , rasée et rapprochée des précé* dentés,' eHe présente des traces non équivoques

fiu même genre de violence auquel les autres ont cédé, et complète avec elles l'exposition des

Fij. !.

principales variétés de forme ifoe cette altération présente ches les différens sujets.

Quant à la 9^. , c'est celle d'un homme; elle est donnée comioie échantillon de la déformation dans le sexe masculin. C'est un exemple assez prononcé^ surtout quand on se rappelle que le crâne de l'homme est généralement plus court que celui de la. femme. Cette tété est encpre remarquable parla dégradation du £ronty que dans aucune des têtes précédentes nous ne voyons autant surbaissé. L'homme auquel elle appàrtiept, épileptique dès son enfance , est remarquable d'ailleuris par jan profond degré de stupidité. '

Je ne multiplierai pas les exemples de cette déformation ; ceux qui porteraîehi a la question que je soulève un intérêt assez Vif pour vouloir l'étudier plus à fond^ doivent venir visiter no|tre hôpital. Là ^ ils pourront^ en quelques heures^ examiner pl^eurs centaines de ces d^or^iations^ et se familiariser aussi Inen avec leur type général qu'avec leurs différences individuelles.

Les caractèi es de la difibrmité du crâne ^ 'que j'ai voulu signaler dans ce mémoire^ étant ainsi détenxmiéâ^ il s'agit mainten^t de démontrer que cette difformité n'a pas d'autre cause que l'action du bandeau.

Cette aberration de la forme normale pourrait-

elle être un déÊiut natuinsl produit par quelque y'vpe , quelque perturbation dans la marche de l'ossification du crâne ?

Serait-ce par cette déformation que se prononçait le rachitisme du crâne, et l'analogie de Ibrme dans les difTérens cas particuliers ne seraitelle autre que l'analogie qui se produit paiement dans le plus grand nombre des cas particuliers de déformation de la colonne vertébrale? Evidemment non , car ces formes de tête jse rencontrent chez dés sujets doués des meilleures constitution^; et d'ailleurs^ la disposition de l'altération ellè-inême est toute contraire à ce qu'elle serait sous, rinfluence d'une cause rachitique. ,

En effet y le crâne de nos malades est alongé, rétréd, ce, qui suppose dans ses parois une certaine force de résistance^ tandis qu'il s'élargit, s'ayachit chez des sujets scrofiileux dont les os lùmquent d'une consistance suffisante.

Cette déformation du crâne est-^le au conti^Aire le résultat d'une compresMon extérieure?

Si Ton s'en rapporte à quelques auteurs , cette dernière cause n'est pas admissible : aucune violence, suivant eux , ne peut faire dévier le crâne de sa forme naturelle. Cette opinion , ils la fondent sur quelques expériences faites sur de jeunes cochons d'Inde.

U ne faut pas être difficile pour déduire l'impossibilité d'une déformation du crâne humain par le moyen d'une compression extérieure , de l'impossibilité de prod]|||^sur le crâne d'un cabiais le même efièt^JH l'application d'une cause de même espèce.

Mais y quelle analogie, je le demande, entre h voûte surbaissée d'un crâne de cabiais, d'ttn crâne enfoncé et perdu dans l'écartement -des arcades zygomatiques , des sinus fix)ntatix et des chairs de la nuque, et un crâne huniiam?CSé crâne de cabiais ne décrit au-dessus des partte qui l'environnent qu'une courbe impeitseptible, il n'offre aucune prise à une constriction per^ manente^ tandis que le vaste crâne de l'hoiHme, renflé au-dessus de toutes les parties de la ÊK^e'et du cou, faisant, par son volume chezl'enfiint, plus des trois quarts d'une sphère parfaitement isolée, se prête sans obstacle à l'action de toute espèce de pression circulaire.

Qudle analogie, d'ailleurs, entre un crâne dont le développement total est l'afiaire de quelques mois , après lesquels son volume est arrêté, ses o» ont acquis toute leur consistance, et le crâne humain qui grandit quelquefois pendant quarante ans.

Le premier est déjà tout osseux lorque l'animal

YÎeut au monde; lo second pi*cs>euUi toujoui^s pendant plusieurs mois, sur différens points de son étendue y de larges surfaces membraneuses si mpUes que le seul ^hrt; du sang les soulève el les &it palpiter. HP

De toute évidence, en concluant du cochon d'Inde à l'homme y on s'est laissé abuser par mie îumsè axîalogie.

GcL a'est toutefois pas à l'exposition des diifér rraœs existant dans les deux termes de la compa- TWon, que je bornerai ma réfiitation. La déformatiiÇKn du crâne humain^ provenant de l'action de causés extérieures ^ est démontrée d'une manière positive.

Les Cambes en offrent uti exemple bien conciliant et connu directemait d'un. grand nombre dépersonnes. On possède aujom'd'hui en Europe un' nombre assez considérable de crânes déformés d'individus de cette race. La preuve d'une déformation j^roduite par une violence extérieure y e^ii.çmpreinte d'autant plus évidemment , qu'on peut mettre à côté de cette forme celle des crânes !d^ Caraïbes dont lé développement n'a pa» été contrarié par ce fâcheux artifice.

Blumenbach , in collectione craniorum , donné deux figures de crânes de Caraïbes que chacun peut consulter avec intérêt. Celles que

je mppôrtR ( .iFoyez. fig^. 10 et 11 ) HHit topiées snr des figure» de l'ouvrage de '^liawrence^ an Natural hisiory of mon y doiU les dessins sont traoés d'après nature.

J'^ tu oioÎHnéme à Londres uise asses gp:ande quaaÇité de ces sortes de crânes.

la di0bnnît^ de la figure n""*' 1 1 est telle, que personne^ au premier abord^ ne b prendrait p<nir wie^^ humaine. Oà aurait pane à compretidre un pareil di^ré de déTiation du type naturel ^ si J'on^Nreoait ce type dans la fig. n"*. 2 ^ qui ofire ks iiaipies les plus belles de la plus beUe et de la {^Iqs înt^Uigenie des races humaines ; mais , eii

examinant une tête de Caraïbe abandomiée à son

déTeloppement naturel, (la fîg. 10 en est un exemple), on trouve dëja un td aloiigçment du crâne en arrière,, qu'on peut mieUx concevoir ensuite ce que l'artifice ajouté k cette conformation déjà si pauvre f si brutale, oh pourrait dire. Un autrç exemple non moins concluant, mais moins généralementrconnuy de ces sortes de déformations, est ^ooore contenu dans le même ouvrage de BliHnenbach. La figure -12, que j'ai fait copier :poUr. ce mémoire , montre une dépression très -prononcée de la régi(^ occipitale du crâne.

< La boite osseuse se trouve par suite tellement

refoulée en haut et en dehors , xfu'une ligne ^verticale abaissée sur le conduit auditif ne laisse presque rien derrière elle : et, d'un autre côté, la largeur du crâne se trouTe démesuFément augmentée. On en peut juger par la figure de la Voûte, Yue d'en haut et grayée au-dessous de la tête principale. C'est la ijéte. d'un ancien Pjéruyien.

Je pourrais encore invoquer d'autres esfssapks tirés du màoae ouvrage de Bkiiiiaihachj parler des tètes des Turcs arrondies psu* l'effet d'une constriction circulaire d'avant en arrière iexercée

dans les premiers temps de la vie ; mms ce â&s-

nier exemple et quelques autres "^analogues ne seraient pas d'un grand; poids ,^près ce que nous avons \n des Garsobes. ,-

Enfin, des observations directes ont déyk prouvé chez^ nous la d^otmation du crâne, et M. Vîrey:, dans son article Enfant à\x Dictionnaire clés Sciences médicales^ s'explique, à ce sujet , 4e la manière smviante :

u A regard deâ compressions exercées sur le » crâne encore mou, il est certain qu'on peut » changer sa forme, et nous en connaissons » des exemples.

» Ainsi , d^ béguins trop serrés par des » rubans ont alongé la tête en' pain de sucre

» à qud^es individus. » Et plus loin : « Enfin, » nous ayons remarqué une sorte d'idiotisme » cbez \m enfant à tête semblable , et dont la » formé est due à la seule compression de la » coiffiire dans FenÊince. » (Page aSo. )

J'en ai dit assez , je crois , , pour établir d'une manière générale la possibilité de déformatiom du crâne par cause extérieure ; il me reste à chercher , dans les circonstances au milieu desquelles se sont développés ceux que nous avons journellement sous les yeux ,■ quelle influence particulière peut rendre compte de la déformation qu'ils ont subie.

L'idée la plus naturelle^ en observant attentivement la dépression périphérique, était de rapporter cette dépresfsion à quelque constriction circulaire exercée sur la tête dans les premiers tems delà vie.

L'habitude, si répandue en France, d'entourer

la tête des nouveau - nés d'un bandeau de toile

I terminé par des cordons noués précisément sur

lé trajet de la dépression indiquée, semblait bien

propre à rendre compte d'une déformation si

jEréquente* Une coïncidence intéressante et bien

J propre à fortifier cette première suppo^tion,

I c'est que , chez la très-grande majorité des sujets

affectés de la déformation du crâne que je décris ,

la conquede Foreille est simultanément cMfonnde. Elle se trouve portée plus en arrière dans son extrémité supérieure^ qui semble atoir décrit ^ dans cette direction y un arc de cerde dont le trou auditif serait le centre. En même ten(is>;diez plusieurs sujets (voir fig. 3 ) cette extrémité supàîeure de la conque de l'oreille est ptfe^ amincie 9 Yà:*itablement atrophiée: chez d 'aatras^ die sç trouve collée si exactement contré la-pœv tion correspondante du crâne, qu'elle regarde m airière autont qu'en ddbors : et cet effet est quelquefois assez prononcé pour que l'observateur, placé derrière la tête, voie à la fatslasoT' face externe de l'extrémité, supérieure de chaque conque auriculaire. Le repli, l'ourlet de cette partie est déformé dans le plus grand nombre des cas ( voy . fig. 3 ) , et tellement pressé contre les surfaces correspondantes , aplaties dy[ea<*méqMiS , qu^il rappelle les plis d'un morceau • de linge repassé. La saillie centrale de l'oreille n'a pas éprouvé la même altération; elle conserve, mm que le lobule infériem*, sa position naturelle. •

Toutes ces altérations de l'oreille sont âiules à concevoir en admettant autour du crâne une constriction circulaire 'constamment exercée sur \e h^ut de sa conque.

Une seconde circonstance accessoire est que^

dans un grand nombre de cas, le cuir dievehi , dans le votshiàçe de la suture fix>ht90-^riétale , ojSre des surfaces Manches, un peu liibantes et sèches, de Teritables dcatrices, en un mot , sur lesquelles percent qpuelques dievéux rares et cr^us.

Enfin , le plus grand nombre de ce» altérations est offert par des femmes, tandis que lès hommes, stf en être' exempts, ne la montrent que dans une proportion momdrè. Je parle de sujets qui ont passé l'enfance; car, dans les premiers tems de cette époque de la rie, il n'y a guères dé différence entre les deux sexes , ce n'est que plus tard que cette différence se prononce.

Du moment où les considérations précédentes m'eurent conduit à comprendre les fiinestes effets du bandeau, j'ai recommandé avec instance la suppression de ce moyen, toutes les fois que j'avais àdîriger l'éducation physique d'un enfant; et dâfns aucun des cas ctù mes conseils ont été suivis par les parens, la tête n'a éprouvé de déformation. Dans aucun de ces cas, non plus, je n'ai observé quelqu'un des accidens fâcheux qui sont trop souvent le résultat des cônstriçtions artificielles de la tête.

Je ne pense pas avoir besoin de répondre ici à un préjugé encore accrédité parmi quelques

personnes, que la tête moUed'un enfant nouveauné ipeut être pétrie en quelque sorte par le chirurgien ou la sage-femme, et conserver dans b suite la forme qu'on lui imprime dans ce moment.

Tous les hommes qui se sont livrés à la pratique des accouchemens savent que, au moment de la naissance, dans un grand nombre de cas, la tête d'un enfant est énormément along^, et amincie dans la même proportion. Cet effet a ti^ surtout quand les eaux se sont écoulées de bonne heure, et qu'à la circonstance d'un séjour prolongé de la tête de l'enÊint dans l'excavation di| bassin , où elle se file lentement, se trouve joint un certain degré d'étroitesse de cette cavité.

Mais, chacun le sait aussi, pour remédier à oç désordre, il ne s'agit pas de pétrir la tête; c'est là peut-être un artifice encore employé par queU ques empirique , mais ce moyen ne peut avoir d'utilité , tandis qu'il peut entraîner lès plu» graves inconvéniens. Ce qui réussit le mieux, eu pareil cas, {>our rendre à sa forme et à se&dimensjons naturelles le crâne déformé, c'est de le laisser libre de toute constriction , et après un certain nombre d'heures^ un jour ou deux , un crâne qui, au moment de la naissance, imitait, par son alongen^ient, la forme d'un concombre, est revenu à une forme qui rappelle celle d'une sphère.

J^ai séks les yeux des enfans remarquables par

la configuration élégante de leur tiête, et que

/ai reçus à leur naissance aTecun critae déformé

et alongé d'une manière effrayante. Qu'en pareil

<às des charla&ns attrij^uent à leurs manœuvres^

la retour de Ist tête à des formes harmonieuses.

rien de mieux; mais 'pour les praticiens instruits

et de bonnç foi , il est constant que ce retour est

dû aux seuls effbrts*de la nature , et s'opàre en un

tems foi^ficmrt, s'il n'est pas contrarié par des

pjpitiques maladroites. Mais il est trop fréquent

qu'une intençipestive activité s'oppose au bien

qu'abandonnée à elle-même la nature ne manque

jamais d'opérer. Le fait suivant peut être cité

comme preuve de cette triste vérité.

♦. Un de mes élèves ide TAsile des aliénés, M. le

docteur Barré , actuellement fixé aux Andelys ,

fiit appelé il y a quelques années pour accoucher

unefi^nme.du voisinage de l'Asile.

Le travail était arrêté , après avoir duré longtems sans vigueur ; l'utérus tombé dans un état %onfbret d'inertie ; la femme , épuisée de là Iongueiu* d pn travail sans résultat/ commençait à se désespérer^ ^

M. B^rré pensa que 1'^ devait venir activement au secours de la nature : il m'appela ; je fis aussitôt l'application du forceps, et j 'amenât l'enfant

l'action oombinée d'im séjour pvokmgé^am l?excayaticm du basùn^^et par la^ireMon dil forceps, un alongement considérable*^)» Je fis observer <)ette drccHastai;ice à M.^ Barré, len Ihî annonçant que dans un jour ou deur oeQ^^te, si démesurément alongée/â^t rev^sua^k des proportions ordinaires. Nou3 reoommaadâBies e^ipressément aux personnes qui deruent aoigaet l'enfant/ de couvrir avec précautsoçi^sa tê^, d'éviter de la serrer, et, pardessus tout, dé^ pas employer de bandeau. Retourné deux joites après avec M* Barré , je demande qu'on nous fasse voir la tétt de *^ l'enfant : nos c^nsaU n'avaient pas été survis ; au lieu de s^abstenîr du bandeau, on en avait appliqué un^ fort serfésuivant l'usage.

Les cordons en étaient drculaireibent imr primés sur le cuir dievelu qui formait am^essiis de cette impresskm un bourrelet épœs^ .* *

Les deux pièces du fic*ontaI étaieat atipwi^ vers leur sommet:; les an^es cc^reipoUdib^def pariétaux avaient suIm le mém£ déplaceçaenSt ; en un mot, c'était, à un très-haut degré, l'jdtérfttkm précédemmeiit décrite clifez les adultes, li^e était énormément proponcée çhe^ cet enânt^ et i)ijp le conçoit , en iiéfléchissaot. que celte tâle , l^mdant

à obéir au mouvement ualurel cpii derait lui ■* rendre ses dimen»ons poremières^ en était exnpè* ch^par la presMon circulaire du bandeau , audessus duquel elle serenflatt sans contrainte. Cette • dernière drconstaiipe exagérait encœre la décote»* sion causée par le bandeau* Ce £iit montre donc coniment les salutaires procédés de la nature sont contrariés par notre maladresse en même tema qu'il ajoute une force nourelle à notre explication sur les mauvais effets du bandeau.

Ajouferai-je, pour dernière preuve, que toutes les mères auxqi|elles j'ai donné l'avis de w|q[Nri- "mer le bandeau appliqué sur la tète de kurs enfans , ont Qomptis et reconnu de suite l'utilité de ce conseil, et les mauvais effets du serre»téte.

Plvisieurs même avaient très*-bien observé par elles-mêmes que le crâne se moulait dans le segment de cylindre que représente ce malheureux bandeau» ce qui. ne les empêchait pas d'en continuer l'usage.

, Au reste, pas un des hommes éclairés auxqnek j'ai pu inontrer depuis quelque tems les têtes défcâinée^ dont les dessins sont joints à ce travail^ n^ m'a paru entretenir de doutes sur la réalité de la cause que j'assigne à cette déformation. Outre plusieurs con£rèr<^ de Houen qui ont visité mon hospice , je puis citer depuis quelques mois

mon ami le professeur Hodgkin y de Londres f et après lui MM. les docteur» Màtt; etPasqui^r,, l'un médecin^ l'autre chirurgien du rbi liSuis-^ Philippe; enfin y le docteur Rostan mon maître, et en dernier lieu notre cëlçbre compatriote le * professeur De Blainville.

luTité par moi y lors du passage du roi dans notre ville, à bien vouloir examiner quelques uns de nos malades, M. Marc s!e rendit à mo^ hivi* tation avec un empressement que je ne pyis assez reconndtre. Il parut s'intéresser vivement à cette question , qui devint pour lui , ^ adoptant mon explication , une question d'hygiène pqj^licpie. '

Le lendemain de cette première visite , il ' revint encore , amenant avec lui M. le docteur Pasquier, qui reconnut aussi très-bien l'enehainement de l'effet et de la cause , et remarqua , en dierchant quelles objections on ferait à mon opinion , que la coïncidence de la déformation de l'oreille et de l'atrophie du cuir chevelu lui paraissaient ajouter beaucoup de force à l'expli^ cation présentée pour l'alongement et la dépression circulaire du crâne, et r^ondre victorieusement à toutes les difficultés qu'on voudrait élever ' contre cette théorie.

Écrivant loin de Paris le résultat d'observa-

tions faites loin de Paris , il est heureux pour

« moi dé pouvoir invoquer le témoignage de plusieurs des hommes les plus éclarrés de la capitale , de m'apbujier égal^ent de l'assentbnent des professeurs Rostan et De Blainville, et de consigner ioL Texpresaion de la reconnaissance que jef doisà ce dernier, pour les vues lumineuses qu'il vf^e commi^iqua dès qu'il fiit bien convaincu de Fexactiâide de rexplication des faits soumis à son examen.

l^ais comiQcnt nier ce^ fait& quand on les »

vuJf? D^ns quelques cas , l'action du genre de

violence à laquelle a cédé le crâne est aussi facile

à rAfio]\n£4tre , la tête une fois rasée , que Fim-

ffcg^on laissée aur la peau des jambes par des .

jsirretiçres. trop serrées edt une preuve positive

d une constrîction circulaire sur ces parties.

^ Pour..ies lecteurs qui connaissent l'anatomie

de la tête, il sera Ëicile de comprendre comment

la compression circtilaire prolongeant en arrière

i» cavité du crâne, son extrémité supérieure peut

deVtair le siège d'un enfoncement quelquefois

très-prononcé sur là ligne médiane (vôy. fig. 4)^

eofoncem^it que j'ai »gnalé plus haut comme

.déoiontrant aussi les ré^tats désastreux du

, «erre •*- tête. Il suffit^, pour comprendre cet

effet, de se rappeler la situation de la faux

de la dure-mère , l'adhérence si forte de ce repli

metnlMranèax à la suture sagittale et dans spn • prôtongemefit. -^

Ainsi tendue au milieu de la voûte c^àiû^ne^ et solidement fixée sur sa ligne moyeope ^ tselte feux, à laquelle sa composition anatomiqne laisse trè»^jp6u d'exliensibilité^ est capable d'uf^ résistance très-forte. J ^ ., ■ r

Or, dans l'eRort qui déforme le çràhe.et le prolonge en arrière, cette résistance exercéé..^to* toute la ligné d'insettion delà .fiinx, retient cette ligne et rempéche de s'éloigner aùdj^lnife sa situation primitive ttpie les régions laî^^^kfl^ ciui manquent de œsoutieii. - . L '

ratkm chez les femmes. «Ile est facile à concevour., et fournit une preuve <le plus de la 'cause qm j'assigne à cette altération, ^ ^^ *

On laisse plutôt nue , surtout dans les cliisses inférieures, la tètedesgarçonsquecdj|e des filles^ ches un grand nombre de ceux-H3> la violenqb produffte dans les premiers tems de la vie,' n'ji plus Hai pendant les années suivantes, etl'^ibrt ukénenr <le développement peut quelquefois réparer en partie le mal, tandis que chez les filles, des bonnets fixés par dies cordons drcu-^ • Ittrement serrés, succédant an bandeau, la tête m Élit que changer de prison.

thii(t|[idiant |^ pre^rtion de» télc» déformées, oficrCe par la popalalidb ck F Astle défNurtooient^d de y^ Seinc^-InCérieure ^ on obt^at des résidut» du plus haut intérêt pour Véhftk dit. présent

f l0 nombre actuel de nô» malade ^^ de ^\ , dont 803 hommes eC .339 femotnes. (Ce relevé a été nris dans le courant du mois d'août i83S. ) jftor le« total des hAmmes, non» trouvons t09 têtes à conformation régulière^ contre 93 défor-^ më^ Sfaîsy parmi ces 93 ajoutes rie portent pas au même degré rimprçssiqp de la violeno6exeroée ' par le ban^u. Chez 36 ^ elle est médiocre^ eh^ 46, die est plus prononcée, et chez 1 \ scu* lement, ^Ue est portée à un haut d^ré.

'*FarmiJes femmes ^ sur le total 329 , nous n'arons de conformations régulières que le imjpbre 75, contre 1 54 têtes déformées; et parmi ces dernières, 68 sont médiocrement déformées, 46 le sont à un plus haut point, et chez 40»

la déformation est portée au degré le .plus prononcé*

En somme, et saû& entrer dans les dkQrél*6noes relatives au degré ^ la déformation crânienne > â03^ommes prései^fk 109 conformations régulières cOÊ^0re 93 têtes défortnées, tandis que S9E9 femmes nous donnent 75 coi

régulières conti'e 1 5à défoncées; çtnotrepopulation, sans tenir compte dé la différence des sexes, fournit, sur un total de 431 aliénés, 1 84 cofiformations régulière contre â47 déformations.

Ainsi , nous pouvons apprécier , à ta fois^ la proportion de ces déformations par rapport au nombre total de nos mandes, et lesi différences dans les deux sexes. ^

Sur la population totale, elle est un peu sqfjjf rieure à la moitié.

Chez les hommes, elle ne s'étend pas à la mçitié de leur nombre; et chez les fiemmes, la quantité des tètes déformées surpasse les deux tiers, ou, si Ion yeut plus d'exactitude, la proportiou sur le total , sans tenir compte de la ..différence des sexes, est de 57 pour 100; suf les Jionunes, elle se trouve de 46 pour 1 00, et chez les fenunel de 67 pour 100.

Sans aller plus loin, il est intéressant d'observer que depuis le 11 juillet 1825, époque de l'ouverture de l'Asile, jusqu^au mois d'août 1833, c'est-à-dire , dans une période de huit années , 508 hommes et 640 femmes ont été reçu^T La différence de ces deux nombres est.de plus d'un sixième en sus du côté des femmes. Qr, la différence dans le nombre des déformations du crâne, fournies par les deux sexes, offre les méme^

i*a{^]^ , pujisqu'un peu moins de la moitié des hommes en sont atteints , tandis que les deux tiers des femmes la'présenfent. *

. C'est la un résultat tout aussi intéressant qu'il était inattendu; il^m'en rappelle un autre trop remarquablepour que j'omette de le consigner ici.

L'Asile dépai'temental de la Seine^Infikîeure possède un gr^d nombre de locaux, distincts poiû* les divers degrés d'agitation de foreur , de (^Ime^ de docilité de ses habitans.

Outre une maison particulière , en 'tout analogue à une maison bourgeoise et destinée aux dames pensionnaires de la première classe , flous avons encore pour les femmes trois cours dis* tinctes , et en outre cinq dortoirs particuliers.

Je n'indiquerai pas la destination spéciale de chacune de ces localités, je me bornerai à dire que dans l'une des cours sont réunies les incurables les plus indociles et les plus violentes; dans deux dortoirs , les plus abruties , les plus incapables d'aucuA service utile ; tandis que dans un autre 4ortoir sont rassemblées les plus laborieuses, les ^plus sociables et les plus aptes à s'occuper, en commun , de travaux sédentaires k Faiguille , eté<'>.

i') Qu^il me loit permis de faire coanaitre ici un résultat

Eh bien ! précisément y ce dernier dortoir présente la moindre proportion de têtes déformées; il n'en contient que 1 4 ^ sur un total de 98 ^ la moitié juste : tandis que les deux autres dortoirs et la tojjœ, contenant la partie la plus Tiolèale^ la plus indocile^ la plus abrutie de BOtre population ^ fournissent, sur un total de 78 habitans, 59 déformations du crâne , c'estrà-^ire les trois quarts. Il £iut ajouter encore que c'est, pfam les malades les plus abruties et les plus difficiki^ que se ï^ncontre la plus forte proportion de crânes profondément déformés. Ce résultA est d'aAant plus intéressant, que le classement de nos malades, jusqu'à ce jour, a toujours été

qu ^aucune autre Maison d'aliénés n'est peut-être pas paryenue» jusqu'à présent, a obtenir au même degré.

Les jardins spacieux de FAsile sont cuhiyés par les bras de nos hommes , dirigés par un jardinier et des infirmiers. Les trayaiixdé la buanderie , ceux de la lingerie sont exécutés par les femmçs aliéna, sous ta direction de nos dames religîeuses. Bnfia, le transport des objets nécessaires au service des bains de' la cninM est encore FœuTre de nos insensés , et cela depuis plus de quatre ans. Ainsi , nous avons pu utiliser, dans leur intérêt , ces malheureux auxquels le tnTail dé corps est si ijEivorable. *

Je n'oubUerai jamais , et c'est avec un vif sentiment de reconnaissance que je l'exprime , que c'est aux lumières et à l^appi^^de M. le comtei de Murât , alors préfet de la $eine-Inférieure , et de M. A. Lepasquier, actuellement préfet du Finiiltère, que j'ai dû de triompher des résistances trop long-tems apportées a l'orgimisation de ces moyens de travail.

mdép^QKlaiit de nos observations sur les déformaâom du cHne. %t ^ «

lijBllmition cpie je signale est-^elk particulière ra||iDsensés du (mys tpè j'habite ; existe-t-^e en qnantitë notable dans des Maisons de fous ^ ^Ki7C0 que l'Asile départemental de la Seii^ehdSirîsure: enfin ^ trouve-t-on dans le monde I proportion considérabla^ de persoVines qui

^^t le crâne dëfomlé ?

Telles Aont les questions que je vais successivemem essayer tle résoudre , avApt de parler des eâfbts généraux de l'altération , et des moyens à employer pour en prévenir le développement.

I^m'es%, pour te mbment, impossible de dire si quelque iMaison de fou9 contient ,. en aussi grande quantité que notre Asile départemental , à^t» défonnée» par le bandeau.

luette quâtion ne peut être résolue que par de^re^és comparatifs^ et les matériaux de cetlç comparaison n'existent pas encore* Je puis affîr- Hier> n^nmoins^ que cette altération existe dans la diVisiQn des aliénés de la Salpétrière. J'en suis^ûr pour l'avoir' observée , sans «n comprendre la cause ; lorsque j'étais l'élève interne de M. JQmiircrf.

Je me^ rappelle' même- avoir conservé , pendant plusieurs années, de mon internat^ le

crâne d'une aliénée, qui offrait au plus haut degré l'altération précédemment décrite. ^

Je puis donc donner comme certain i^ie cette déformation es;iste parmi les aliénées de^&U pétrière : dans quelle proportion , je Ji' ieir sais rien ; c'est aux médecins éclairés de cet établi«l| ment qu'il appartient de résoudre cette ]yurtie de la question , et ils le feront sans doute 9^ adoptent les conséquences de mon trayaîl j^ s'ils yeulent fayoriser de leur suffrage les u^es applications qu'il comporte. - ' -

Sûr d'ayoir observé parmi les aliénées de û Salpétrière l'empreinte du bandeau sur le crâne, on pense bien que je suis porté à apposer la même altération parmi les malades'-de Charenton et de Bicétre ; mais ces établissemeiis de t la capitale reçoivent toujours une a«ez grande quantité de malades originaires de 'nos départemens. Ce n'est pas avec les rens^îgitemens que me fournit ma mémoire que je pois déterminer si les déformations du crâne qu'îk. renferment figurent seulement dans unépror portion correspondante à celle des insensésx)rir ginaires de Normandie.

Je ne puis pas mieux dire, si, plus nombreuses que cette fraction de leur populâdon, elles portent aussi sur une proportion notable dje sujets d'autres pays.

U Êiudrait autre chose que des souveuirs ^âLti|q^^ à^quelques faits indiyîduels pour féloudré oes difficultés.

Mon ami le docteur Délaye, chargé, àTouiùosÇf da service médical de Thôpit^ des diénés^ ^ était merveilleusement placé *' pdùr n'apg^ndre t\ cette déformation du crâne exisfSl dans le midi de la France. En d'autres tèrfcies, si la pratique vicieuse 9uivie chez nous pour cou^f ir la tête des enÊins est également en^usage dans le midi; car, on le conçoit, d'après ce')|i{uj^ précède ces deui^ questions n'en font

^W Sl^^^^'^^^ qu'une seule Je mes yeux.

'^e {ui écrivis donc, il y a quelques semaines,

|8ur faii faire connaîtra le résultatde mes obser-

Taiiqpg. et savoit ce qu'il pourrait rencontrer

d^iialogue dans sa vtlle. Voici sa réponse :

' Jg !Be8uLc6up^e personnes de ce pays ont la

» iète fort pointue, non seulement parmi les

» aljpiés, plais engpre parmi les autres. La

V m^nièrg dont on serre le crâne n'est peut-

h être "pas étrangère à oetté disposition gêné-

» 'ralë^cin effet, on a rhabitude de mettre sur

n'ià téie des enfans au moins deux coiffes,

»' pl;us , une pièce de linge appelle bandeau.

>r C«s deux coiffes compriment fortement le

» cr&ne à l'aide de très-longs rubans de fil qui

» font au moins ti^ois fois le tour de ift tôte>ce » qui Élit en tout six tours qui , coinpiè je #1» » le dis , sont très-serrés , au point quU ^eêi » pas rare de voir des personnes qui oni une » dépression marquée y un vrai sillon àoQjS la » circonférence de la tête et à laparûe corret^ » pondante à cette pression. Cette djffo»*, » tion est fort tranchée sur plusieurs idÊ^ 0I » ùnhéciUes de ï Hospice des aliénés de^'fyifr » louse* »

D'après la nature de ces détaib^ I^oxistCiiCB de la déformation du crâne que j'ai ob^jl^ée dans le département de la Seinerl n'est pas équivoque dans le midi de la % sa cause ne l'est pas davantage. it *

Ainsi ressort en m^me temsia triste QGditi]^ de l'extension au loin du mal et du be^in a'vi^ réforme générale.

On pourrait supposer que ceé àijfï effets de la manière de cou^iïfir la t^e <&« «Éffav ne se rencontrent que dans les class^ dé k W ciété les plus pauvres Jtt les moins instroites ; il n'en est pas ainsi ^ &r je vois que diu^ noire Asile ^ sur quarante pensionnaires des deux êAe& pour les tro^s j)ensions supérieures , vingi?decu( offrent cette déformation. t , "

C'est chez ces pensionnaires à peu près^ la

même proportion que sur le, total de nos malade.

Ce]^ n'est pas surprenant , quand on rétlédiit au firand nombre d'ei^ns des classes aisées mis en nourrice ^£t par conséquent livrés âax mêmes main^HlEi les enfans des classes pauvres. *

Et d'ailleurs 9 les mères intelligentes qui se dévouent dUes^ménies à T^ucadon de leurs enfiins ntf sont pas appelées à intenter les vétemens dont elles les entourent^ elles suivent l'usage étalai y seulement elles n'ajoutent pas aux incon-* j^nifpi^ de cet usage , ceux qui peuvent résulter du mode }f plus vicieux de son application.

t^uels sont, sur les fonctions de l'encéphale^ les effets de la compression du crâne par le ^Jiandeau? '.♦ :„

Cl est là sans doute la question capitale ; c'est de sa solution que re^sortiraJe degré d'importance à dottner aux moyens qui pefivent pré^ venir cette aï^ration-

Vé^rwk proportion de tétés déformées, signalée dans l'é^lissement dont je dirige le srcrvioe médical/ suffirait déjà "pour Êiire pr^ sentir rînflu/Bnce que peut avoir cette cau^ dam» k firoduiption de la^£bliç. La différence dans le nofàbj^ de^di^rmatîonsducrane pour chaque

sexe , si curieuse en ce qu'elle se trouve dans la même proportion que l'excès tiu nombre des femmes aliénées sur celui des honunes, ajoute à l'importance de cette déformatipu, considérée comme cause d'aliénation menti e.

Ce n'est pas assez , toil||P^is , de signaler ces coïncidences^ il faut connaître d'autres circonstances pour apprécier dans toute son étendue l'influence de la déformation du crànf^. Il £iut savoir^ par exempte , poiu* estimer les effets de ce désordre dans son action la plus simple, ce qu'étaient avant de devenir aliénés ces tpajhéureux à tète difforme qui peuplent notmA^île; il faut étudier quelles particularité peuvent of&ir ceux qui , avec une pareille j^ifibrmitS , sont exempts de maladie mentale.

Or , ces deux oij^dres d'observations concoli-^ rent on ne pejit plus exactement dans leuif résultats et permettent de tracer ^vec certitude les désordres les plus simples, co]vélati& a la déformation du crâne, produite par le bandeau.

Tous les cas particuliers que j'ai pu observer hors de l'établissement m'ont, démontré qu'un de ses effets les plus constans €gt la fréquence , des maux de tête, des étourdissemens. enfin», du plus grand nombre des phénomâjies qui précèdent et accompagnent les Isonge^tions

cérébrales. La faiblesse^ le déTelo[^>einent incomplet de riritelligence est également une coïh* cidence qu'on rencontre aussi souvent qu'un caractère bizarre et surtout emporté.

Tous ces acdflens se rattachent iau trouble introduit dans la circulation par suite d'une compression circulaire du crâne.

Pour se faire une idée du mécanisme dé ce désordre^ on n'a qu'à faire l'apfdication d'une ligature sur le doigt. La partie séparée du cœtu* par la lintt fa ire , s'engorge bientôt ; les veines comprin^s ne pouvant plus se débarrasser du sang que leur envoient les artères , se laissent dis^ tendre, et, de proche en proche, tous les vaissesaïux capillaires correspondons. De même, là ligature exercée par le bandeau et ses cordons comprime ' toutes les veines du cuir chevelu dans leur marche descendante vers le cœur; l'engorgement * le ces veines et des capillaires vers lesquels ellt^ s'abouchent en est une pi^-^ tnière conséquence.

Mais, si l'on se rappelle l'étendue et la mollesse de la fontanelle antérieure dans les premiers tems de h vie; si l'on se rappelle que justement au milieu de cette fontanelle passe, d'avant en arrière , le sinus longitudinal supé-^ rieur , on concevra que la compression de ce

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