SÉANCE DU H JANVIER
2° Le cylindre central est au contraire plus développé.
11 est utile de rappeler que j’ai obtenu deux résultats absolument inverses lorsque j’ai contraint des tildes, normalement aériennes, à se développer dans le sol. Le milieu souterrain agit donc pour les deux organes de la même manière. Par conséquent, on ne peut donner comme caractère de structure de la racine (l’inverse pour la tige) le grand développement de l’écorce et la faible puissance de la moelle; ces deux caractères étant des fonctions du milieu souterrain.
3° Les ponctuations endodermiques, si nettes chez les racines souterraines, deviennent indistinctes, et cette membrane est souvent méconnaissable.
On sait que lorsqu’on examine les racines aériennes de certaines Orchidées ou Aroïdées, on se trouve assez embarrassé pour dire quelle assise est l’homologue de l’endoderme. On constate, par exemple, chez les Vanda l’existence d’une assise de cellules à parois très épaisses qui a été assimilée à l’endoderme; pour s’assurer de l’exactitude de cette affirmation, il suffit de contraindre la racine aérienne de cette plante à se développer sous le sol : on voit réapparaître les ponctuations endodermiques. Il résulte donc de ce fait et d’autres observations analogues que l’endoderme offre ses plissements surtout chez les organes souterrains; ce résultat s’accorde entièrement avec celui que l’étude de la tige m’a fourni.
4° Tous les tissus fibreux sont plus développés soit dans le cylindre central, soit dans l’écorce.
5° La lignification est beaucoup plus avancée que dans les organes souterrains.
Dans les tiges souterraines, les tissus fibreux sont peu développés et la lignification reste faible ; les deux propositions précédentes montrent que la racine jouit des mêmes propriétés. 11 est curieux de voir la lignine se former si difficilement dans les organes développés à l’abri de la lumière.
b. J’ai également comparé les racines poussées à la lumière et à l’obscurité. L’étude intéressante de M. Rauwenhoff sur les tiges développées à l’obscurité a montré que la structure des plantes étiolées est très dégradée, mais que les tissus parenchymateux, et surtout l’écorce, prennent un grand accroissement. La comparaison des racines développées à l’air et à la lumière à celles qui ont pris leur accroissement à l’obscurité fait voir que ces dernières offrent les mêmes caractères. A l’obscurité, les tissus parenchymateux de la racine prennent un grand accroissement et l’épaisseur de l’écorce devient bien plus grande. Ce résultat offre un certain intérêt. Si, comme cela est probable, c’est à un ralentissement de la transpiration qu’il faut attribuer celte espèce de turgescence des tissus parenchymateux, la même cause doit produire les mêmes effets chez la racine comme chez la tige : c’est ce qui a lieu.