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Fig. 48.— Portion du liège de la tige rampante
chez le Potentilla Fragariasirum.
Fig. 49, — Portion du liège de la tige chez le
Senecio scandens (fig. 4, pl. VI).
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bourgeons réparateurs exercent un appel suffisant pour donner une production ligneuse. La coupe possède alors un anneau hgneux complet, au lieu de bois d'apparence fractionnée ;
4° Un liber très étendu, avec liber dur très réduit ;
5° D’abondants cristaux en oursin de taille variable sui-
Fig. 50. — Portion du liège du rhizome âgé chez le Cirsium acaule, pris sur la coupe représentée par la figure 3 de la planche XIV.
Les cellules se divisent en tout sens, depuis la partie extérieure jusque dans des portions assez profondes.
On remarquera que cette disposition ne rappelle en rien la forme stratifiée des cellules subéreuses, placées en séries radiales et tangentielles.
vant qu'ils se trouvent dans les parenchymes médullaire ou
cortical ou bien dans le liber
6° Un liège spécial de Rosacée à pépins très prononcé
(fig. 46), caractérisé par la transformation totale en liège dur des assises plissées et même du liège mou. En cela il diffère du lhège des Rosacées herbacées comme Aphanes arvensis (fig. 47) et Potentilla Fragariastrum (Ag. 48). S’il est toujours disposé en couches superposées, comme chez diverses plantes grasses à couches d’une seule sorte ou à couches stratifñiées, comme chez le Senecio scandens (fig. 49), jamais il ne présente la forme que l’on rencontre chez le Cirsium acaule (fig. 50) où les cellules de l’assise subérophellodermique se divisent en tous sens, par un mode de fonctionnement très particulier, que je n’ai jusqu'ici rencontré que chez cette plante (*).
Les proportions des tissus sont très différentes de celles de la branche à bois. Si l’on représente la moelle par 1, le bois est représenté par 1/9, le hiber par 1/6 et l’écorce par 1/8. La prédominance des parenchymes y est complète, au moins pendant la période où elle joue un rôle dans la fonction de reproduction.
Il va de soi que les chiffres ci-dessus, relatifs aux proportions des tissus, correspondent à des moyennes et n’ont rien d’absolu.
La bourse, chez le Poirier, est donc un organe très remarquable par ses adaptations spéciales ; en dehors de la réduction des tissus de soutien, on y trouve, comme chez les rhizomes, des tissus de réserve abondants où s'accumulent les réserves transitoires qui serviront au fruit et à la graine jusqu’à leur maturité et des tissus protecteurs très développés; une variation des tissus de soutien qui, au fur et à mesure que le fruit grossit et augmente de poids, augmentent aussi et passent du parenchyme de plus en plus scléreux aux sclérites; une formation abondante de cristaux, tenant à la grande acidité du fruit, qui est neutralisée par la chaux; une adaptation à la durée des organes, la partie alimentant le fruit restant à l’état de bois mou, tandis que la partie se rendant dans le bourgeon réparateur qui formera
(*) L'étude du développement de ces lièges et du phelloderme mériterait d'être faite en détail, en utilisant les réactifs spéciaux du tissu subéreux. Le temps m'a manqué pour la faire comme je l'aurais désiré.
le sympode est au contraire formée de bois plus dur en arc. Il peut y avoir plusieurs bourgeons, par conséquent plusieurs arcs de bois dur, égaux ou inégaux suivant la valeur de l’appel de
chacun d’eux. CDR
Ce sont si bien des bois physiologiques, résultant des fonctions particulières des organes que si la branche fruitière se transforme en branche à bois, la bourse s’élimine en partie par formation d’un liège aui isole la partie fructifère, tandis que le reste reprend la structure normale de la branche à bois. À la longue, la région qui fut la bourse ne se distingue que par une asymétrie des tissus secondaires à ce niveau et par la forme des bois qui sont plus courts et plus cassants dans ce point.
En outre, c’est à la nature de ces bois courts et cassants qu’il faut attribuer la chute des fruits à pédoncule court, quand les fruits à pédoncule plus allongé, qui ont des bois plus élastiques, à vaisseaux plus longs, résistent beaucoup mieux à la torsion et à l’action mécanique du milieu extérieur (vents).
J'ai pu vérifier expérimentalement que ce stéréome à éléments courts (sclérites plus ou moins épais et ramifñiés) augmente par la sécheresse et diminue par l'humidité. Ainsi se comprend l’action particulière de certains sujets rendant les fruits pierreux quand d’autres au contraire empêchent la production de ces formations, abstraction faite, bien entendu, du rôle joué à cet égard par les produits spéciaux échangés entre le sujet et le greffon.
Considérons maintenant la branche fruitière âgée, qui s’est développée en donnant chaque année une bourse et par conséquent un sympode. Lorsque celui-ci est unilatéral À B (fig. 40), il se produit, comme dans tout sympode, une structure dorsiventrale qui s’étend à une distance variable de la dérivation latérale suivant la capacité fonctionnelle du rameau issu du bourgeon réparateur. Si celle-ci est faible, le bois formé chaque année est en faucille, mais la dorsiventralité reste naturellement de même sens (fig. 3, pl. XXIID).
Cette dorsiventralité est alternante si le sympode est luimême alternant € D ; elle est disposée sans ordre si les rameaux réparateurs varient de place chaque année.
Lorsque les bourgeons réparateurs sont au nombre de deux
ct donnent chacun une fausse dichotomie assez régulière, la symétrie reste sensiblement rayonnée (fig. 1, pl XXIV).
Enfin, 1l peut se faire qu'à partir d’un certain point, une branche fruitière, primitivement à disposition unilatérale, devienne faussement dichotomique (fig. 40) par l’apparition d’un rameau réparateur diamétralement opposé au premier bourgeon réparateur. Dans ce cas E F, les couches ligneuses, à partir de ce moment, sont complètement circulaires et entourent les quelques couches de bois en faucille précédemment formées (fig. 4, pl XXII).
Dans toutes ces branches fruitières, les couches concentriques ligneuses sont plus ou moins visibles pendant un temps qui dépend de la vigueur des pousses annuelles, mais elles finissent par devenir de moins en moins nettes et elles ne correspondent presque jamais, au bout d’un nombre variable d’années, avec l’âge réel de l’organe. De plus, il est impossible de distinguer les arrêts de croissance provoqués par des à-coups de végétation des arrêts qui se produisent normalement à l’automne.
Enfin, 1l se passe dans ces branches fruitières un phénomène très intéressant, comme chez diverses plantes herbacées que j'ai précédemment étudiées : la sève élaborée est en quantité faible et ne descend plus jusqu’à la base de la pousse pour y former un épaississement sensiblement égal à celui du sommet comme cela se passe dans les branches à bois.
I1 résulte de là que, dans ces organes faibles, l’emboîtement des cônes n'existe que pendant une période plus ou moins courte et que au-delà de cette période, l’épaississement cesse sur les parties anciénnes. Cela permet de comprendre le fait que les petites pousses sont cylindriques et souvent plus ou moins irrégulières comme épaisseur au lieu d’être coniques comme les branches longues et les troncs venus dans les conditions normales.
Comme cela se passe dans la plupart des arbres avec l’âge, quoiqu’ils appartiennent à des familles très diverses, il s’agit encore ici de phénomènes de convergence très remarquables, qu’il était utile de faire ressortir.
Enfin le liège (fig. 46) est formé de cellules épaissies surtout
à la face supérieure comme dans les Rosacées à pépins et les couches les plus anciennes absorbant énergiquement le vert d’iode, mais non les couches jeunes qui sont fortement colorées en Jaune. se
Les parties externes du liège sont très souvent exfolées chez la branche fruitière âgée, comme chez toutes les branches
vieilles d’ailleurs.
f) Petites branches mixtes, à durée assez longue. — Connaissant la structure des branches longues à bois et des branches courtes fruitières, il est facile de comprendre la structure des petites branches mixtes, qui diffèrent des branches courtes fruitières par les alternances entre la pousse à fruits et la pousse à bois, autrement dit entre la croissance définie et la croissance indéfinie. Si les pousses à bois sont des petites branches, les bois formés par elles ne diffèrent pas des bois que formeraient les pousses fruitières sympodiques ; mais si les pousses à bois ont une vigueur assez grande, on peut trouver alors des formations hgneuses étendues et bien distinctes.
La production de branches courtes mixtes et le passage de la branche fruitière à la branche à bois et vice-versa se produisent dans la nature sous l’influence des variations climatologiques favorisant la fructiñication ou la supprimant. Artificiellement l’arboriculteur arrive aux mêmes résultats par certains procédés bien connus (taille, suppression des fruits, etc.).
En résumé, l’étude anatomique des diverses parties de l’appareil végétatif aérien du Poirier suivant leur âge et leurs fonctions fournit un des plus beaux exemples qu’on puisse trouver de corrélation entre les morphologies externe et interne chez les végétaux, et permet de tirer les conclusions suivantes
1° La valeur du bois secondaire d’un organe donné est proportionnelle au nombre des bourgeons et des pousses feuillées qu’il porte et à leurs capacités fonctionnelles relatives. Deux rameaux ou deux branches ayant, l’un NW organes feuillés, l’autre # de ces mêmes organes de capacités fonctionnelles semblables auront des bois différents B et à. Si N est plus grand que »#, B sera plus grand que 2.
2° L’épaisseur relative des bois de deux organes semblables comme bourgeons et feuilles dépend, toutes conditions égales d’ailleurs, de leur distance au collet de la plante et de leur direction par rapport à la verticale. Plus l’organe se rapproche de celle-ci, plus les bois sont développés.
3° Quand 1l y a, sur les faces d’un re=eau ou d’une branche, répartition différente des organes feuillés ou auand ceux-ci ont des valeurs inégales, le bois devient dorsiventral au lieu de conserver la symétrie axiale. Le dos correspond à la région la mieux alimentée, c’est-à-dire à celle dont la capacité fonctionnelle est la plus élevée.
4° La réduction de la valeur fonctionnelle d’un organe 11lé à pour corollaire la réduction des bois secondaires au t des parenchymes. Cette réduction est maxima dans la pousse fruitière où la moelle et le liber mou sont très prédominants et dans la bourse surtout où le bois, peu lignifié, se fractionne en ilots dont la valeur correspond à la capacité fonctionnelle des rameaux réparateurs qui la nourrissent ainsi que le fruit. Cette transformation dans les tissus est accompagnée de l'augmentation des réserves.
5° Le passage de la production ligneuse à la production fruitière et vice-versa est l’un des principaux buts de l’arboriculture. Connaissant ce qui se passe dans un Poirier normal, il est facile d’obtenir artificiellement du bois ou du fruit en utilisant les agents extérieurs qui augmentent ou réduisent les capa-
cités fonctionnelles de la branche ou de la plante tout entière (56).