BRANCHES
a) Branche longue à bois. — La branche longue à bois présente une structure beaucoup plus tourmentée que le tronc et aboutit à une dorsiventralité toujours plus marquée. Cela tient à l’éclairement et à la façon dont les ramifñications se développent sur elle. On conçoit facilement que la répartition de la lumière et les dispositions des rameaux varient singulièrement suivant les années et quelquefois au cours d’une même année. Aussi les dos et les ventres, dans les couches concentriques hgneuses, sont-1ls le plus souvent assez discordants.
Cependant on rencontre aussi des branches chez lesquelles les dos et les ventres sont en général concordants chaque année.
D'une façon générale, les branches longues à bois présentent pendant très longtemps autant de couches concentriques hgneuses qu’elles ont vécu d’années, dans les conditions de leur vie normale. À partir d’un âge variable, mais avancé chez le Poirier franc de pied, les zones de bois de printemps et de bois d’automne ne sont plus distinctes et l’âge ne peut plus se déterminer par l'examen de leur coupe transversale. La branche longue à bois passe à la branche longue mixte et fructifñie à son extrémité.
Dans ces branches, comme dans le tronc, les bois sont très développés et les parenchymes de plus en plus réduits proportionnellement. Ceux-ci, l’hiver, sont très riches en réserves, mais on peut remarquer qu’elles sont en quantité beaucoup plus faible après une bonne récolte de fruits qu'après une ou plusieurs années de non production. Les cristaux d’oxalate de chaux sont assez abondants.
Les bois du Poirier, d'abord blancs, deviennent à la longué colorés et l’aubier se transforme en duramen. Ce duramen va en progressant du centre à la périphérie et sur les branches âgées, il finit par occuper toute la partie ligneuse, et l’aubier disparaît.
Il peut arriver exceptionnellement pour le tronc et les branches charpentières, que, au cours d’une même année, il y ait eu des à-coups de végétation, causés par des alternances de séche-
resse et d'humidité. On y trouve alors les cercles supplémentaires signalés par divers auteurs. Ils sont analogues à ceux du Hiétre (ha: à pl ITE).
Tant que la branche longue, poussant à bois, la croissance indéfinie, l’emboîtement des cônes sont la règle, c’est-à-dire que la sève élaborée sè répartit dans tout le végétal pour y former une couche concentrique visible. Mais la formation de sympodes fait plus ou moins vite cesser cet emboîtement comme pour le tronc.
b) Petites branches à bois de courte durée. — Y1 arrive parfois que sur des branches longues vigoureuses, on trouve des rammfcations latérales, d’abord très bien éclairées, puis qui se trouvent plus ou moins placées à l’ombre par le développement ultérieur de la ramification et du fewllage. Il résulte de cette situation défectueuse que la nutrition de ces branches se ralentit de plus en plus, que leurs pousses sont de plus en plus réduites et finalement s'arrêtent. Plus tard, elles se dessèchent à la pointe et la dessiccation s'étend de plus en plus jusqu’à la base. Plus tard, ces branches tombent et disparaissent avec l’âge ainsi que la cicatrice laissée sur la tige par leur chute.
Ces branches ont une structure facile à expliquer et à prévoir. La moelle est entourée par une première couche assez épaisse de bois de printemps et de bois d'automne ; les couches suivantes sont plus faibles et proportionnelles à la vigueur de la pousse. Celle-ci s’arrêtant, la tige reçoit seulement la ration d'entretien, et désormais elle vieillit sans que l’accroissement en épaisseur soit sensible sur la coupe transversale. Une petite branche à bois de cette nature peut avoir six ou sept ans par
exemple et ne présenter que trois couches au plus en coupe transversale.
Naturellement le duramen ne s’y trouve pas, vu la courte durée de la vie active.de la branche ; l’emboîtement des cônes cesse de bonne heurè, car la sève élaborée par les feuilles est en quantité trop faible pour arriver jusqu’à la base de l’organe. C’est là un fait intéressant qui se retrouve, plus ou moins prononcé, dans les branches longues mixtes, dans les branches à fruits et dans les branches épines.
c) Branches longues mixtes. — La branche longue mixte ne diffère de la branche longue à bois qu’à partir du moment où ses pousses se ralentissent considérablement et où les cicatrices gemmaires sont très rapprochées. À ce moment d’ailleurs il arrive fréquemment que la branche longue fructiñe à son extrémité et qu’elle donne un sympode. Cette branche établit ainsi le passage entre la pousse à bois et la pousse fruitière, d’où le nom de branche mixte que je lui ai donné.
La structure devient alors très différente de ce qu’elle était auparavant. Le bois de printemps et le bois d'automne deviennent de plus en plus indistincts et à partir d’un certain moment, on ne peut plus compter les couches concentriques ligneuses.
Quand la branche longue mixte est formée de deux parties successives distinctes, la structure est d’abord celle de la branche à bois, puis elle devient celle de la branche à fruits. Mais ce rest pas toujours le cas. Il peut se faire qu’une branche mixte, après une pousse à bois plus ou moins longue, donne des pousses à fruits et des pousses à bois de plus ou moins longue durée. Dans ce cas, 1l y a des alternances de couches concentriques ligneuses nettes et de couches concentriques indistinctes. Les modifications correspondantes dans les réserves et la nature ou le nombre des cristaux d’oxalate de chaux s’y retrouvent ainsi que la présence ou l’absence d’emboîtement des cônes. Cela va de soi, et 1l n’y a pas besoin d’insister.
d) Petites branches épines. — Ces petites branches ont une structure spéciale qui a été étudiée, mais à la première année
d'existence seulement, par divers auteurs, en particulier par Lhôtelier (67):
Le système vasculaire y est très réduit ainsi que tous les parenchymes ; les fibres y prédominent au contraire et les parenchymes ont en général des membranes à parois fortement épaissies et lignihées.
Il était intéressant de rechercher si, avec l’âge, les tiges épines présentaient des couches concentriques ligneuses distinctes comme les tiges ordinaires.
J'ai constaté par l’examen d’un grand nombre de ces productions que la formation de couches concentriques ou simplement d’arcs ou bois en faucille coïncidait avec la présence de pousses feuillées plus ou moins développées sur la tige épine ‘Ag. 42, 43, 44, 45). Ces pousses suffisent, dans la grande majorité des cas, à donner quelques vaisseaux tranchant sur l’ensemble du tissu fibreux et rendant distincte leur séparation au moment de la pousse, comme cela se passe pour la plupart des tiges épines chez les Rosacées (fig. 1, 2, 3 et 4, pl. XXVI) et chez des plantes diverses (fig. 1 et 2, pl. XXVIT) qui seront décrites plus loin.
Chez les tiges épines ne présentant pas de feuilles (fig. 41), il y a simplement entretien de l’organe et la structure y est alors absolument uniforme.
e) Petites branches exclusivement fruifières et de durée plus ou moins courte. -— Pour comprendre la structure compliquée de la branche fruitière, il faut en suivre avec soin le développement et la différenciation anatomique correspondante.
À la première année, comme Jje l’ai déjà dit, la jeune branche fruitière ou dard est formée d’entrenœuds courts et se termine par une rosette de feuilles. En coupe transversale, les parenchymes commencent déjà à prédominer par rapport aux tissus conducteurs et aux tissus de soutien. Cela s'explique par la diminution de l’appel de nutrition, par la situation solidement assise de cette pousse sur la branche charpentière et par son poids faible.
Les bois sont rayonnants, disposés souvent en files, à vais-
scaux étroits et peu lignifiés par rapport aux autres branches ; les libers augmentent et les fibres en paquets diminuent. Les réserves amylacées sont abondantes dans les parenchymes. Les faisceaux libéroligheux se rendant dans les feuilles et les bourgeons sont d’autant plus nombreux que les spires se rapprochent ct que les entrenœuds deviennent plus courts. Les cristaux d’oxalate de chaux abondent et c’est là un caractère de la production fruitière qui se trouve non seulement dans le Poirier, mais chez beaucoup d’autres plantes.
Lorsque le dard est transformé en production florale ou bourgeon à fruits, la branche, toujours courte, est formée le plus souvent de trois parties superposées de un, deux et trois ans. La coupe transversale dans les régions âgées de deux et trois ans montre toujours avec une suffisante netteté deux ou trois couches concentriques ligneuses, car le bois de printemps et le bois d’automne sont encore assez distincts, bien qu’infiniment moins nets que dans les branches à bois. Ces parties conservent les caractères décrits dans la structure du dard de première année.
L'augmentation du liber et des parenchymes et la réduction du tissu ligneux s'expliquent facilement, ainsi que l’abondance des réserves, par les besoins spéciaux de la production fruitière. Le fruit est un organe purement transitoire destiné à disparaître à l’automne avec l’inflorescence ; le développement doit se faire pour la floraison au moment où les feuilles nouvelles ne sont pas formées ou commencent à se former. Il faut donc des réserves abondantes facilement transformables en aliments assimilables par les diastases. L'élaboration des feuilles de la pousse à fruits est faible et le fruit tire surtout sa nourriture des parties feuillées à bois ; ayant peu de besoins en sève brute, mais au contraire de grands besoins en sève élaborée, il réduit le système conducteur ligneux en développant le système libérien et les tissus de réserve.
Lorsque le fruit est formé, le bourgeon terminal cesse sa croissance par formation d’un sympode avec un ou plusieurs rameaux réparateurs. Un organe particulier, la bourse, s’est en même temps formé (fig. 30 et 40). Sa structure est des plus
variées et des plus intéressantes au point de vue de l'anatomie physiologique.
Si l’on examine par exemple une bourse supportant un fruit et pourvu de deux bourgeons réparateurs inégaux comme capacités fonctionnelles, et que l’on fasse passer une coupe transversale au-desssous du bourgeon réparateur le plus bas placé, on trouve
1° Au centre du parenchyme, dans lequel se développent des sclérites ou du parenchyme scléreux en ilots isolés qui peuvent se réunir ;
2° Du bois très mou, prenant à peiñe le vert d’iode, et correspondant au système conducteur se rendant dans la partie fructifère ; ce bois est formé de vaisseaux en file disposés dans du parenchyme à parois très nunces ;
3° Des îlots de bois plus développés prenant les colorants verts, avec files de vaisseaux bien ligniñés, accompagnés de fibres et rappelant les bois décrits dans la pousse fruitière de première année. Ces 1lots sont développés proportionnellement à la valeur de l’appel exercé par chaque bourgeon réparateur.
Ce fractionnement des bois n’existe plus quand le ou les
Fig. 46. — Une toute petite portion du liège des branches à fruits dé Pommier avec lesépaississements inégaux des niémbranes suivant les fzces.
Fig. 4 tion du liège de la tige chez l'A4/phanes arvensis.
Lés cellules ombrées, isolées le plus souvent, correspondent au liège dur, présentant des phlotaphènes. Les cellules dont les membranes sont représentées par un trait plus gros correspondent à celles qui se colo rent plus ou moins fortement sous l'influence des réactifs habituels du liège. Toutes les autres cellules sont à membranes minces,
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