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GREFFAGE DE LA PLANTE SUR ELLE-MÊME

Le greffage de la plante sur elle-même est facile à réussir; il y a peu de Dicotylédones chez lesquelles une pareille opération vienne à manquer, si l’on sait choisir le moment d’opérer.

J'étudierai ici les greffes de Godetia et de Malva crispa faites sur elles-mêmes dès que leur tige fut assez grosse pour se prêter à l’opération. Ces greffes furent ensuite récoltées à l’automne pour l’examen anatomique.

En coupe transversale, la tige du Godetia formant l’hypobiote ou sujet présentait une dorsiventralité très nette et deux couches concentriques distinctes (fig. 1, pl XLVT).

La dorsiventralité provenait, comme j'ai pu m'en assurer par des coupes en séries, de ce que la reprise s'était effectuée beaucoup mieux d’un côté que de l’autre ; c’est là un fait fréquent.

La présence de deux couches concentriques est un fait également fréquent. La première couche correspond au bois existant au moment où l’opération fut faite; la seconde, au bois formé pendant la symbiose.

Ces données, si elles sont nouvelles pour le Godefia, ne le sont pas au point de vue général. Si je les rappelle, c’est pour faire ressortir l’analogie qui existe sous ce rapport entre le greffage et la décapitation. Il semblerait au premier abord qu’il n’en pourrait être autrement dans les greffages de plantes herbacées puisque l’opération se fait pendant la vie active de la plante et est précédée d’une décapitation préalable dans le procédé du greffage en fente qui m'a servi.

Cependant l’analogie n’est pas absolument complète entre le greffage et la décapitation. Le greffage ne forme pas de sympode véritable, sauf dans le cas des greffages en écusson ou des autres greffages latéraux. La croissance indéfinie continue après reprise pour le greffon ; il n’y a pas dérivation latérale, mais simplement variation du débit au niveau du bourrelet à la suite du développement irrégulier des vaisseaux ligneux dans les tissus de cicatrisation.

La formation d’un bois dorsiventral et la production d’une

couche concentrique supplémentaire, sont des phénomènes d’ordre purement physiologique et présentent une assez grande généralité.

Ils sont toutefois plus où moins prononcés et plus ou moins nets suivant les espèces de plantes greffées. Le Malva cris pa greffé sur lui-même nous en fournit la preuve, ainsi que la greffe des Haricots et autres plantes à tissus ligneux réduits.

Dans le Malza crista (lg. 4, pl XLV), on voit encore une distinction assez nette entre les bois existant au moment du oreffage et ceux qui ont été formés après. Mais il est bon d’être prévenu, car cet arrêt n’a point un caractère tranché comme chez la plupart des sujets appartenant à des espèces qui n’ont pas de bois spécial de rosette.

Les Haricots nains et les Pois nains greffés sur eux-mêmes ont un bois qui resté sensiblement uniforme dans l’hypobiote sujet, car s’il est très peu développé dans les pieds non greffés, il l’est moins encore dans les exemplaires greffés sur euxmêmes.

Au point de vue de la formation de couches concentriques supplémentaires et de l’application de la formule #+7, on peut donc répéter sensiblement ce qui a été dit pour la décapitation

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