‹ Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrineChapitre 22 sur 166 · Jupiter et Tliétis · texte numérisé non relu

Jupiter et Tliétis

Sujet tiré de Y Iliade, chant I. « Thétis, qui n'a pas oublié les prières de son fils, sort du sein des ondes, monte au point du jour vers les cieux, et trouve le formidable fils de Saturne assis loin des autres dieux sur le sommet le plus élevé de l'Olympe. Elle se tient devant lui, presse de sa main gauche les genoux du dieu, et de sa main droite elle lui caresse le menton en lui disant d'un ton suppliant : 0 Jupiter, père souverain, si jamais, entre les immortels, je te rendis un service ou par mes paroles ou par mes actions, exauce mes vœux! » — Ce vaste tableau, signé :

Ingres. Rome, 1811, n'a jamais paru au Salon. Il a été gravé au trait dans l'ouvrage publié par M. Magimel.

(Musée d'Aix.)

Dans une lettre d'Ingres à M. Marcotte, en date du 26 mai 1813, se trouve le passage suivant : « J'écris à Granger (1) pour mon tableau de Jupiter. Je vous recommande ce tableau , si dans l'étendue de vos connaissances on voulait s'en arranger. J'aimerais autant le placer que de le voir ainsi cbez l'un et chez l'autre, à charge. Il pourrait convenir dans une grande salle, comme décoration. Je vous laisse le maître d'en fixer vous-même le prix... »

M. Marcotte ne put réussir dans ses efforts pour « placer » ce tableau; mais son amitié vint, avec une rare délicatesse, en aide à Ingres, dont la gêne était extrême à cette époque, et qui, par surcroît, relevait à peine d'une grave maladie. Voir à V Appendice (A) une lettre qu'Ingres écrit à son ami, le 18 juillet 1813, pour le remercier du service rendu.

Page 1