‹ Ingres, sa vie, ses travaux, sa doctrineChapitre 72 sur 166 · Marcotte d'Argenteuil (M · texte numérisé non relu

Marcotte d'Argenteuil (M

Portrait signé : Ingres pinx. Rome. 1810. 11 a été gravé dans l'ouvrage publié par M. Magimel.

La liaison si lionorable pour tous les deux qui unit pendant plus d'un demi-siècle Ingres et M. Marcotte, cette longue amitié qu'aucun accident ne vint altérer et que la mort seule put interrompre, eut pour origine et pour point de départ les relations établies presque fortuitement entre le peintre et son modèle, à l'occasion de ce portrait. En choisissant Ingres à cette époque pour le charger d'un travail qu'il avait été d'abord tenté de confier à Blondel, M. Marcotte n'obéissait pas encore à un goût particulier, à une préférence personnelle pour le talent de l'artiste : il ne faisait en cela que suivre l'avis de M. Gatteaux, récemment arrivé à Rome comme pensionnaire de l'Académie de France, et que des amis communs lui avaient recommandé. Consulté un jour par M. Marcotte sur cette question de portrait, M. Gatteaux avait indiqué Ingres comme

Je plus capable parmi les pensionnaires de s'acquitter à souhait de la tâche, et M. Marcotte s'était aussitôt décidé à la proposer au jeune peintre. Peu après l'achèvement du portrait, M. Marcotte demandait à Ingres « de peindre pour son cabinet un tableau représentant la chapelle Sixtine au moment des offices. » Depuis le jour où il lui fournissait ainsi l'occasion de produire un de ses tableaux les plus célèbres jusqu'à l'époque, séparée de celle-ci par un intervalle de trente ans, où il recevait de Rome la petite Odalisque, — depuis les services rendus dans la période de gêne et de vie difficile jusqu'aux témoignages d'une affection toujours en éveil pendant les années de conquêtes successives et de gloire finale, — tout ce qui vient de M. Marcotte demeure étroitement mêlé aux souvenirs d'une vie qui fut, grâce à lui, bien délicatement secourue, et, plus tard, bien attentivement surveillée. Aussi le nom de ce fidèle ami d'Ingres est-il, après le nom de M. Gatteaux, celui que nous devions inscrire avec le plus de gratitude et de respect dans un livre consacré à la mémoire du maître. On sait d'ailleurs ce qu'un autre éminent artiste dut à son tour aux bons offices de M. Marcotte. Celui qui, l'un des premiers, avait aidé Ingres de son amitié et de son zèle, fut l'un des premiers aussi à prendre en main la cause de Léopold Robert.

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