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littéraire qui anime la maison d'édition qu'elle représente. La présentation d'un type de couverture unique pour une maison, sert de publicité pour cette maison. Toutes les couvertures des collections qu'elle peut établir doivent rappeler les éléments essentiels du type adopté par l'éditeur. Ainsi présentés ses ouvrages font « bloc » dans la vitrine des libraires. L'œil du client s'habitue à cette marque sympathique et si sa confiance n'est pas mise en défaut par la valeur du produit qu'elle garantit, il s'habitue petit à petit à choisir ses livres dans cette firme, en ignorant quelquefois le nom de l'auteur.

Depuis quelques années, les jeunes firmes ont travaillé dans ce sens. Aujourd'hui, les principales portent des types de couvertures standarisées que l'on reconnaît de loin, non seulement par la marque de l'éditeur, mais encore par la couleur du papier et la disposition typographique des titres, des sous-titres et de l'adresse.

Grâce au type unique de couverture pour les livres d'une même collection, l'éditeur peut éviter des discussions interminables avec les auteurs, qui désirent souvent un type de couverture à leur goût. En principe, ils ont peut- I être raison, mais en fait le goût d'un écrivain I en matière d'édition n'est pas toujours d'une sûreté indiscutable. Il vaut mieux se soumettre

à un type déjà établi. Beaucoup d'écrivains préfèrent perdre de l'argent sur une affaire que de confier leur ouvrage à une maison qui présente mal ses livres. Cette manière d'agir est tout à fait normale et digne d'éloges.

la Valeur des 1^

ivres

Il ne s'agit pas ici d'afficher les hauts prix que certains livres connurent dans les grandes ventes et sur les catalogues des libraires d'occasion. Des ouvrages spéciaux ont été écrits avec compétence sur cette question et ce n'est pas s'initier à la vie du livre que de pénétrer parmi les tombeaux.

Dans cet ouvrage nous nous intéressons au livre neuf, au livre qui vient de naître et qui sentant encore l'encre d'imprimerie va courir sa chance avec sa mise en vente et le bruit qu'il répandra dans le monde.

Dès la naissance du livre, les éditeurs peuvent se montrer agréable à toute une partie de leur clientèle en favorisant le goût, très naturel d'ailleurs, de spéculation, qui, même si l'on ne cherche pas à en tirer partie, peut donner quelques joies en présence de l'ami qui vient visiter vos livres. Les livres sont ordinairement tirés sur grand papier, c'est-à-dire à un certain

nombre d'exemplaires, généralement minime, sur papier Japon ancien, sur Japon impérial, sur Hollande, et sur tous les papiers de luxe que l'on mentionne avec le nombre d'exemplaires tirés sur la page de l'ouvrage qui contient la justification du tirage. Ces grands papiers, quand le livre réussit, peuvent atteindre des prix très élevés, comme les exemplaires de l'édition originale qui tirés sur le papier ordinaire de l'édition se distinguent des autres de ce fait qu'ils ne portent aucune mention des « mille » de l'édition sur la couverture ou sur la page de titre.

Certaines maisons d'édition font un tirage spécial de leur édition originale sur un papier pur fil. La couverture du livre porte cette mention : « Édition originale ». Et le prix de cette édition est naturellement plus élevé que celui de l'édition ordinaire.

A notre avis, cette manière de faire ne correspond pas aux désirs des collectionneurs d'éditions originales. Ce dernier n'aime pas qu'on lui impose d'avance une plus value sur la valeur de l'ouvrage qu'il achète. Une édition originale n'a de valeur qu'après intervention de plusieurs contingences, dont le succès dans le grand public n'est pas toujours la première.

On a vu des livres qui firent de très gros

tirages et dont la valeur de l'originale ne peut se comparer à la valeur de certains ouvrages dont le nom de l'auteur est peu répandu. La chasse à l'édition originale est passionnante, elle exige de la part du chasseur un goût très sûr, une grande culture et une connaissance parfaite des mouvements littéraires de son époque. Il lui faut Hre les revues, s'intéresser aux jeunes espoirs avant qu'ils ne soient les « poulains » favoris d'un grand éditeur-manager. Pour cette raison, l'amateur d'éditions originales n'aime pas qu'on lui indique par avance le choix qu'il doit suivre. Il préfère, et c'est plus amusant avouons-le, acheter un livre 7 fr. 50 dès ses débuts, qui atteindra peut-être dans la suite des temps une valeur où le prix d'achat se trouvera multiplié par dix. Les bibliophiles n'aiment pas avouer qu'ils ont payé cher le livre qu'ils désirent. Si le chasseur n'hésite pas à augmenter le nombre de pièces qu'il a tuées dans la saison, le bibliophile aurait plutôt tendance à diminuer sinon le nombre, du moins la valeur de ses achats. Quand un bibhophile achète 50 ou 60 francs une originale de quaHté chez un libraire, il déclare modestement à ses amis qu'il l'a payé 2 fr. 50 dans une boîte de « services de presse ». Tout le monde est con-

tent ainsi, le bibliophile, le libraire et les amis qui savent à quoi s'en tenir sur la boîte à 2 fr. 50.

Le seul argument que l'on doit présenter en faveur de l'édition originale à prix plus élevé c'est qu'elle donne à l'auteur un supplément quelquefois appréciable sur ses droits. En partant de ce principe peut-être pourrait-on laisser l'édition originale dans le papier et au prix de l'édition ordinaire quitte à créer une édition de cabinets de lecture, une édition cartonnée qui pourrait donner les mêmes droits à l'écrivain.

Un auteur ne doit pas dédaigner la publicité que lui apporte les prix élevés que peuvent atteindre ces livres dans une vente. Beaucoup s'y intéressent spécialement. C'est pourquoi on doit accueillir avec réserve et discernement les prix magnifiques atteints par certains « grands papiers ». Une belle bibliothèque pour acquérir de la valeur doit être la bibliothèque d'un homme de goût qui n'a jamais pensé une seule minute qu'il pourrait rentrer, en vendant ses livres, dans l'argent qu'il a dépensé pour les réunir.

éditeurs de x ans et de x rovmce

Nous n'avons pas ici la prétention de donner une liste complète des éditeurs de Paris et de Province. On trouvera leurs adresses dans les bottins ou dans les ouvrages corporatifs spéciaux. Il serait peut-être intéressant en dehors des grandes firmes célèbres : Calman-Lévy, Fasquelle, Plon-Nourrit, Lemerre, Larousse, le Mercure de France, Fayard, Hachette, Perrin, Delagrave, etc., etc., de mettre en valeur quelques-unes des jeunes maisons d'édition qui ne possèdent pas le fonds maintenant classique de leurs aînés. Pour cette raison, ces jeunes maisons ont dû montrer depuis la guerre une grande activité. La faveur du public les a récompensés pour la plupart de cet effort. Comme cet article n'est pas un article de publicité, nous nous contenterons de citer les principales de ces firmes, en indiquant brièvement les caractères de leur personnaHté.

Éditions Albin Michel.

Cette maison depuis la guerre a fourni un effort remarquable. Elle possède plusieurs collections littéraires dont une est placée sous la direction de M. Henri de Régnier de l'Académie française. Elle compte, parmi de jeunes auteurs sélectionnés, les noms de Pierre Benoît, de Béraud, Dorgelès, Carco, René Maran, Chadourne, Léon Weth, Ch. Derennes, etc.

Éditions Bernard Grasset.

Cette maison met en vente deux collections, celle des Cahiers Verts sous la direction de Daniel Halévy et celle du roman sous la direction d'Edmond Jaloux. Elle a édité des œuvres de Giraudoux, A. de Châteaubriant, Louis Hémon, Mauriac, André Maurois, Jean Gaumont et Camille Ce, Montherlant, etc.

La Nouvelle Revue Française.

A groupé un grand nombre d'écrivains français et étrangers. Elle possède sa collection de romans et une collection des « documents bleus ». Elle est représentée pour les Français, par

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André Gide, Paul Claudel, Paul Valéry, Jacques Rivière, Louis Morand, Jean Schlumberger, Jules Romains, Marcel Proust, Jean Kessel, Max Jacob, Mac Orlan, André Salmon, Guillaume Apollinaire, Lucien Fabre, Jean Cocteau, etc. Les auteurs étrangers sont représentés dans ses éditions, par Conrad, Stevenson, Mérédith, Samuel Buttler, Rabindranat Tagore, Thomas Hardy, etc.

Les Éditions Georges Crès.

Cettemaison s'est spécialisée dans le livre d'art et dans le livre bien édité, qu'elle fut la première à présenter au public avant la guerre avec sa collection Les Maîtres du Livre. C'est la maison des collections. On peut signaler celle des Maîtres et 'Jeunes d'' aujourd'hui et toutes les publications d'art. Les auteurs de la maison sont : Élie Faure, Gilbert de Voisins, Carco Neel Dorff, Bonardi, Léon Werth, Maurice Renard, Victor Segalen, François de Curel, etc.

Les Édition s Ferenckzi et fils.

Cette maison, toute jeune, tente un bel effort. Sa collection publiée sous la direction de M°^*^Co-

lette a déjà réuni des titres de valeur avec les noms de Raymond Escholier, Pierre Seize, André Obey, etc. On trouve chez cet éditeur des œuvres de Pierre Mille, de Colette, de Frédéric Rouquette, etc.

Les Éditions Delamain et Boutelleau.

Librairie Stock.

Cette vieille maison vient de se rajeunir et dans un sens remarquable. Elle publie une collection Cosmopolite sous la direction d'Edmond Jaloux, où l'on rencontre des œuvres étrangères de Selma Lagerlof, de Dostoiewski, de Chetchedrine, de John Rocker, d'Andersen, de Tolstoï, de Shelley, de Marlowe, etc. Une collection d'auteurs contemporains avec Jean Cocteau, Jacques Chardonne, Élemir Bourges, Apollinaire, etc. Elle publie une petite collection à I franc sous la direction de F. Fels qui donne une vision intelligente des écrivains français et étrangers de ce temps. Cette collection comprend une série littéraire, une série artistique, et une série scientifique et documentaire.

Les Éditions Emile Paul.

Dans sa collection de romans, cette maison est représentée par Giraudoux, François Porche, Max Jacob, Emile Henriot, Alain-Fournier, Pierre Benoît, Nathalie Clifford Barney, Robert de jMontesquiou, Suarcs. Elle publie des livres de luxe sous la direction du peintre-graveur Gabriel Daragnès.

Les Éditions de la Renaissance du Livre.

Cette maison publie des romans de Carco, René Bizet, Edmond Jaloux, Emile Zavie, Franc Nohain, Marcel Boulenger, etc., etc.

Elle publie sous la direction de Mac Orlan une collection de littérature internationale ancienne avec des auteurs comme Ford, Cyril Turner, Beaumont et Flechter, Webster, Grimmelshausen, Mary Schelley, etc. Et sous la direction du même écrivain, une collection de littérature moderne internationale avec les noms de : Boris Pilniak, Élie Ehrenbourg, Bierce, Schalom Asch, Cohen, Pruss, etc., etc.

Elle possède un rayon de romans étrangers avec les noms de Jack London, Ewers, Gorki,

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Léonide Andreieff, etc. Elle a édité en luxe des œuvres de Gus Bofa, Laborde, Ch. Martin, etc.

Les Éditions Mornay.

Cette maison s'est spécialisée dans le beau livre. Elle réunit dans ses collections les noms des maîtres de la littérature d'hier à ceux de la littérature d'aujourd'hui. Les illustrateurs sont Pierre Falké, Daragnès, Gus Bofa, Siméon, etc. Ces jeunes éditeurs ont créé avec un livre de Jean Hess illustré par Bofa une très élégante collection à bon marché.

Le Livre.

Cette jeune maison d'édition s'est spécialisée dans le livre de luxe et de demi-luxe avec des œuvres de Stendhal, de Verlaine, d'Abel Hermant, de René Boilesve. Elle publie une collection d'auteurs contemporains sous la direction de M. Abel Hermant. On y rencontre les noms de Pierre Mille, Gérard Bauër, Franc Nohain, etc.

Les Éditions du Sagittaire.

Sous la direction de Simon Kra, cette jeune maison après avoir publié des livres de luxe (Jarry, Anatole France, Tailhade, Rémy de Gourmont, etc.) lance maintenant des éditions à gros tirages fort bien présentées. On y rencontre les noms de Gorki, Delteil, Philippe Soupault, F. vonUnruh, etc. De jeunes écrivains se groupent autour de la Revue Européenne qui est la revue de la maison.

Les Éditions Rieder.

Sous la direction de Jean Richard Bloch, de René Balzagette et de René Arcos, cette jeune maison publie une collection de romans français, une collection de romans étrangers et une collection d'art. Les noms de ses auteurs sont André Bâillon, Jeanne Galzy, Legrand-Chabrier, etc., et des étrangers comme H.-D. Thoreau, Knut Hamsun, Thomas Hardy, Dostsiewsky, Cyril Buysse, Th. Dreiser, F. Timmermans, etc.

Les Éditions du Monde Nouveau.

Autour de cette revue et sous la direction littéraire de L. Tautain, cette jeune firme a publié

des ouvrages français et étrangers de Péladan, Gabriel Mourey, Franz Ramuz, René-Louis Doyon, E. Rocher, Gaston Picard, etc..

Les Éditions du Divan.

Cette maison d'édition a réuni sous sa firme les œuvres de P.-J. Toulet. Elle publie des plaquettes et des livres à tirage limité de jeunes auteurs modernes comme E. Marsan, Alexandre Arnoux, Jean-Louis Vaudoyer, etc..

La Librairie de France.

C'est ici la maison des grandes collections d'art. Elle édite en ce moment, en plus de ses publications mensuelles, une fort belle édition de Flaubert, illustrée par Girieud, Laprade, Segonzac, A. Lombard, B. Naudin. La maison publie une collection de romans de jeunes auteurs contemporains et une collection des Marges sous la direction d'Eugène Montfort. Mais l'effort principal de cette firme va vers les publications mensuelles, comme Les vingt-cinq ans de littérature publiés sous la directioi d'Eugène Montfort et la Revue V Amour de VArt^ publiée sous la direction de M. Louis Vauxcelles.

Nous oublions bien d'autres maisons d'édition qui viennent de se fonder, comme celle de M. Baudinière qui fait appel à tous les jeunes auteurs et qui réédite des romans épuisés à des prix très abordables. Mais il était intéressant d'indiquer succinctement les quelques jeunes maisons qui ayant franchi la période des débuts sont en bonne voie pour réaliser leurs programmes.

Éditeurs de Province.

En tête des éditeurs de Province il faut placer Lardanchet de Lyon, qui a réédité les beaux livres classiques de la tradition littéraire française. Mais nous disons de cette maison ce que nous pouvons dire des grands éditeurs parisiens, elle est trop connue pour être analysée ici aussi succinctement.

La Province possède peu d'éditeurs qui puissent lancer un livre à gros tirage. Nous ne connaissons guère que la maison d'Edgar Malfère qui puisse réunir ce tour de force. Cette jeune maison picarde, son siège social est à Amiens, a déjà sur ses rayons une collection enviable de livres dont beaucoup sont à gros tirages. On y trouve les noms de Théo Varlet,

Fagus, Thierry Sandre, Balkis, Henri Strentz, René-Marie Hermant, Alphonse Métérié, Tristan KHngsor, André Fontainas, P.-J. Toulet, Joachim du Bellay, etc. Tous groupés sous l'enseigne pittoresque de la bibliothèque du Hérisson.

Nous ne prétendons pas, en écrivant ces lignes, donner l'aspect général de l'édition à Paris et en Province. Mais nous avons présenté l'aspect le plus « neuf » de l'édition française.

Il serait à souhaiter que l'exemple de M. Edgard Malfère fût suivi et que tout au moins on trouve aux quatre points cardinaux de la France, une maison capable de faire vivre les mouvements littéraires régionaux.

Les auteurs et les éditeurs y trouveraient leur avantage.

table des Alatières

Le livre et les auteurs.

Du choix d'un éditeur 7

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