CHAPITRE PREMIER L'ITALIE
LA PROPAGATION DE LA « RENAISSANCE » EN EUROPE. L'ARCHITECTURE « JÉSUITE ». || L'ÉCOLE BOLONAISE.
Rôle de l'Italie et des Flamands, o Au commencement du xvne siècle, l'art classique parti de l'Italie avait conquis l'Europe. Cependant l'uniformité des principes n'avait point enlevé aux nations leur accent local ; de grands pays, l'Espagne, la Hollande, la France, l'Angleterre, accentuaient leur personnalité politique ; ils dégagèrent de la langue artistique moderne des dialectes distincts. Mais, chose curieuse, deux pays qui avaient particulièrement travaillé à constituer cette langue, l'Italie et les Flandres, n'étaient pas parvenus à l'unité et à l'indépendance ; cette faiblesse politique était la rançon de la prospérité municipale qui avait développé leur activité artistique. Les provinces les plus riches en sculpteurs et en peintres n'étaient pas des patries jalouses et fermées ; l'Italie restait ouverte aux apprentis de tous les pays, et la Flandre
répandait hors de ses frontières le trop -plein de ses ateliers. Au commencement du xvne siècle, on trouve des Flamands sur toutes les routes, et sur les routes d'Italie on rencontre des artistes de tous les pays d'Europe. Les Flamands apportent avec eux leur naturalisme héréditaire et l'Italie enseigne la beauté idéale de ses antiques et de Raphaël.
L'Italie du xvne siècle conservait le prestige conquis pendant la Renaissance. Ses artsites tiraient une grande autorité de l'admiration que l'on adressait aux maîtres du xvie siècle ou même aux monuments de l'antiquité. Et d'ailleurs, à défaut de génie, ces artistes avaient de la science ; ils pouvaient donner ce qu'on attendait d'eux, un enseignement. Ils ont formé trois grandes écoles nationales, celles d'Espagne, de Flandre et de France.
L'architecture « jésuite » et le style baroque, o L'architecture religieuse est dérivée de l'immense Saint-Pierre de Bramante et de Michel-Ange. Autour de la coupole géante, les coupoles se multiplient dans la ville pontificale et se répandent dans la chrétienté. Elles surmontent des nefs richement parées et qui adoptent des ordres antiques tout ce qu'une basilique moderne en peut accepter. On appelle jésuite ce style et, comme l'enseignement de la compagnie illustre, cette architecture tente une conciliation de l'art antique et de la pensée chrétienne. Le plus grand artiste de cette époque fut le cavalier Bernin, architecte et sculpteur ; c'est à lui qu'on doit la Rome moderne, ses fontaines à tritons, ses statues agitées et son immense colonnade de la place Saint-Pierre. Il est un admirable continuateur de Michel-Ange, chez lequel le génie impérieux, indomptable du maître a fait place à