‹ Initiation littéraireChapitre 13 sur 56 · MOYEN AGE : ITALIE · texte numérisé non relu

MOYEN AGE : ITALIE

comédie qui est un poème épique théologique. La Divine comédie se compose de trois parties : l'enfer, le purgatoire et le ciel. L'enfer est fait de neuf cercles qui se resserrent en descendant vers le centre de la terre. Dante y a placé les grands coupables historiques et ses ennemis particuliers. Les épisodes les plus populaires de l'enfer sont Ugolin dans la tour de la faim dévorant ses enfants morts, Francesca de Rimini racontant ses amours coupables et leur suite funeste, la rencontre de Sordello, le grand seigneur mantouan, toujours orgueilleuxinvinciblement et qui vous regarde « comme le lion quand il se repose ». — Le purgatoire est un cône fait de neuf cercles qui se resserrent en montant vers le ciel. Le ciel enfin est composé de neuf globes superposés; à chacun des sept premiers préside une planète, le huitième est le séjour des étoiles fixes et le dernier est l'infini pur, séjour de la Sainte Trinité et des élus. La puissance d'imagination générale et l'invention diverse et toujours renouvelée du style et l'ardeur de passion qui jette vie et flamme dans chaque partie ont assuré à Dante une admiration universelle. Le commun des mortels lettrés admirent surtout l'enfer ; les raffinés ont bien été forcés d'assurer et par suite de croire que le paradis est infiniment supérieur.

Pétrarque, florentin né en exil, élevé à Avignon, Carpentras et Montpellier, pendant les quatre cinquièmes de sa vie ne songea qu'à être un grand érudit, qu'à écrire en latin et qu'à acquérir la gloire d'un humaniste excellent. De là ses innombrables livres en latin. Mais à vingt-

trois ans il avait été vivement ému d'amour pour une jeune fille d'Avignon et il la chanta vivante et morte et encore triomphante dans la gloire et dans l'éternité, et de là ses poésies en langue italienne Rimes et Triomphes. La sensibilité de Pétrarque est admirable ; jamais l'amour pur devenant mystique et se mêlant d'amour divin n'a trouvé des accents à la fois plus profonds et plus nobles que dans ce platonicien raffiné de subtilité italienne. Le pétrarquisme est devenu une mode chez les médiocres et une école chez les esprits hors du commun. Il y eut au xv° et au xvi* siècle des pétrarquistes innombrables en Italie et en France, plus tard encore. Il est impossible de ne pas nommer comme le dernier en date notre Lamartine.

D Tout de suite après ces deux grands hommes,

Boccjce . /sT-.- ■ 1 •!•

-)écaméron Vient boccace, ne a Pans, mais de père italien,

et qui se fixa à Naples à la cour du roi Robert. Il fut grand admirateur de Dante et de Pétrarque et il écrivit plusieurs poèmes très estimables; mais, par désespoir sans doute d'atteindre aussi haut que ses modèles et surtout pour complaire aux goûts de la princesse Marie, fille du roi Roberf, il écrivit les contes libertins qui sont réunis dans le recueil intitulés le Décaméron et qui ont fait sa gloire. C'est un des auteurs les plus purs, comme écrivain, de toute la littérature italienne et on peut le considérer comme le principal créateur de la prose en son pays.

Le xv« siècle, moins grand chez les Italiens que le xiv^, compte beaucoup de savants, Marsile Ficin, Pic de la Mirandole, Aurispa, etc. Mais il

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