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LES « ÉVANGILES

LE peuple hébreu a eu une littérature à partir de 1050 environ avant Jésus-Christ. Il a fixé en des poèmes les légendes qui circulaient à travers la foule depuis les temps les plus reculés de son existence. Ce sont ces poèmes qui, recueillis plus tard en un seul corps, ont formé ce que, depuis l'an 400 environ, nous appelons la Bible, c'est-à-dire le livre des livres.

Il y a dans la Bible surtout des récits (Genèse, Histoire des Juifs jusqu'à Josué, Livre de Josué, Juges, Rois, etc.), puis des épisodes anecdotiques (Ruth, Esdras, Tobie, Judith, Esther), puis des livres de philosophie morale {Proverbes de Salomon, Ecclésiaste, Sagesse, Ecclésiastique), puis des livres d'un caractère oratoire et lyrique (Psaumes de David et tous les Prophètes). Enfin un seul ouvrage, lyrique encore, mais où il y a des traces sensibles de genre dramatique (le Cantique des Cantiques).

Aux ouvrages qui ont été recueillis dans la

Bible il faut se souvenir d'ajouter le Talimid, recueil de commentaires sur les lois civiles et sur les lois religieuses des juifs qui sont, pour qui veut connaître la civilisation hébraïque, un commentaire indispensable de la Bible.

Les Évangiles, publiés en langue grecque, n'ont rien d'hébraïque que ceci qu'ils ont été rédigés par des juifs ou par leurs disciples immédiats et qu'ils ont conservé quelque chose de la manière d'écrire des juifs.

Les écrits bibliques sont, à se tenir au seulpoint de vue littéraire, un des plus beaux monuments de la pensée humaine. Sentiment de la grandeur et même de l'infini comme dans la Genèse; sensibilité profonde et simple comme dans V Histoire de Joseph, Tobie, Esther ; éloquence et sentiment religieux exquis comme dans le Livre de Job et les Psaumes de David; lyrisme emporté, véhément, fougueux, accompagné d'incroyable puissance satirique comme dans les Prophètes ; sagesse égale soit à celle des stoïciens, soit à celle des épicuriens graves comme dans VEcclésiaste et les Proverbes ; imagination merveilleuse et toujours, sinon sobre, du moins concise, partout; sensualité lyrique qui fait songer aux plus troublantes créations des erotiques grecs et latins et qui les dépasse en beauté comme dans le Cantique des Cantiques ; par-dessus tout cette grandeur, cette majesté simple, ce sublime aisé et naturel que l'on ne trouve quelquefois à ce degré que dans Homère et qui semble le privilège d'un peuple qui a été le premier en ce monde à croire en un Dieu unique : voilà ce qui fait, presque d'une façon continue, l'étonnante beauté de la Bible et

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