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LES INDIENS

Kalidaça, lequel fut par ailleurs un remarquable poète lyrique.

La poésie gnoinique, c'est-à-dire sentencieuse, que nous avons indiquée comme ayant été de /rno^miaiu très bonne heure en grand honneur chez les Indiens, continua très longtemps à jouir de leur faveur. Elle est toujours d'une haute sagesse et souvent très spirituelle. Le recueil de Bartrhari, qui est du vi' ou vu* siècle après Jésus-Christ; contient des pensées qui feraient honneur aux meilleurs moralistes des meilleures époques : « La fortune ample ou mince que le Créateur a inscrite sur ton front, tu l'atteindras à coup sûr ; fusses-tu au désert et fusses-tu aux mines d'or du Méru, tu n'en acquerras pas davantage. Donc à quoi bon te tourmenter et t'humilier auprès des puissants? Une cruche ne puise pas plus d'eau à la mer que dans un puits. »

Et ceci paraîtrait, s'il était d'un moderne, dirigé contre La Rochefoucauld : « L'homme modeste est un pauvre d'esprit, le dévot un hypocrite, l'honnête homme un habile, le héros un barbare, l'ascète un imbécile, l'expansif un bavard, le prudent un indécis. Dites-moi quelle est la vertu d'entre les vertus que la malice humaine ne parvienne pas à salir? »

Et enfin, ceci est une vérité de tous les temps: « On persuade aisément un ignorant, plus aisément encore l'homme de grand savoir; mais celui qui a un commencement de savoir, Brahma lui-même n'en viendrait pas à bout. »

La littérature indienne a continué de produire, tout en perdant beaucoup de sa fécondité, jusqu'au xv' et au XVI* siècle de notre ère. On peut

conjecturer sans imprudence qu'elle s'est étendue sur une suite de vingt-cinq siècles. Elle a ceci de singulièrement honorable qu'elle est la seule, tout à fait assurément, qui ne doive rien à aucune autre et (^ui soit littéralement autochtone.

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