‹ Initiation littéraireChapitre 45 sur 56 · XVI II" ET XI X^ SIÈCLES : ALLEMAGNE · texte numérisé non relu

XVI II" ET XI X^ SIÈCLES : ALLEMAGNE

celle de Goethe. Il était uni avec Goethe d'une profonde et indéfectible amitié. Il est mort très eune encore, vingt-sept ans avant son illustre jami, en 1805.

Goethe, que la postérité ne pourra mettre que sur le rang d'Homère, est de même et plus encore un génie universel et a plus approché de la beauté absolue. D'éducation franco-allemande, puisqu'il étudia à Strasbourg, il débuta, presque étudiant encore, par l'impérissable H'erther a qui l'on peut dire que toute une littérature se rattache et par parenthèses toute une littérature diamétralement opposée à ce que Goethe devint plus tard. Puis un voyage en Italie, qui révéla Goethe à lui-même, fit de lui un homme qui n'a pas cessé de vouloir combiner en lui la beauté antique et la façon de sentir allemande et qui, souvent, y a magnifiquement réussi. Autrement dit, Goethe est dans son pays une «renaissance» lui tout seul et la Renaissance que son pays, àn'avait pas connue ni au xvi* ni au xvii" siècle c'est Goethe qui la lui a donnée. De là, tout de suite après son retour d'Italie le Tasse (d'inspiration plutôt antique), Wilhelm Meister (d'inspiration plutôt allemande), Iphigénie (d'inspiration plutôt antique), Egmont (d'inspiration plutôt allemande), etc. Puis vinrent Hermann et Dorothée, par la simplicité du plan et la pureté de la ligne absolument antique, par la peinture des mœurs allemandes essentiellement moderne ; les Elégies romaines, les Affinités électives, Vérité' et poésie (autobiographie mêlée de roman), le Divan oriental occidental, poésies lyriques, et enfin les deux Faust. Dans le premier Faust,

Gat/ie

Goethe est et veut être entièrement allemand, dans le second, au travers de beaucoup de rêveries plus ou moins proches du sujet, il veut peindre surtout la rencontre de l'esprit allemand et du génie antique, qui fut sa vie même, et aboutir à V action intelligente qui fut aussi une partie de sa vie à lui. Et comme beauté, dramatique, pathétique, plastique, fantastique, et comme fécondité d'inventions variées, il n'y a rien qui dépasse, si tant est que quelque chose égale les deux Faust, considérés comme un seul poème.

En dehors de ses travaux littéraires, Goethe s'est occupé d'administration dans le petit duché de Weimar et de recherches scientifiques, notamment sur les plantes, sur les animaux et sur les couleurs où il s'est montré singulièrement original. Il est mort en 1832 ; il était né en 1749. Sa carrière littéraire est d'environ soixante ans, égale à celle de Victor Hugo et presque égale à celle de Voltaire.

Après la mort de Goethe, l'Allemagne ne époque ^ pouvait pas rester à la même hauteur. Elle fut encore glorieuse en poésie par Henri Heine, extrêmement original, voyageur spirituel dans les Reisebilder , élégiaque et lyrique profond, touchant et spirituel à la fois dans l'Interme^:(o, par l'École autrichienne (Zedlitz, Grûn etle mélancolique et pénétrant Lenau), en prose avant tout parles philosophes Fichte, Hegel, Schopenhauer, Hartmann, enfin Nietzsche à la fois philosophe, moraliste (à sa manière) et poète d'une étonnante imagination ; par ses historiens Niebiihr, (antérieur à 1830), Treitschke, Mommsen, etc.

contemporaine

XYIIl'^ HT XIX^ SIÈCLES : ALLEMAGNE

L'Allemagne semble baisser littérairem'ent, malgré quelques heureuses exceptions (surtout au théâtre: Hauptmann, Sudermann), depuis ses triomphes militaires de 1870 et l'activité surtout industrielle qui a suivi.

Page 1