‹ Initiation thomisteChapitre 24 sur 46 · EPILOGUE · texte numérisé non relu

EPILOGUE

tement que l'Église faisait sienne la doctrine de Thomas d'Aquin. Mais la conclusion n'avait pas été dégagée en termes exprès par l'Église ellemême. Désormais, c'estchose faite. Le Souverain Pontife lui-même, s'adressantà toute l'Église, ex cathedra, daus un de ses documents les plus solennels, et fi.xant pour tous la portée des derniers actes pontijfiicaux, les résume en ces mots : « Thomae doctrinam Ecclesia siiam propriam edixit esse, l'Église a proclamé que la doctrine de Thomas d'Aquin était la sienne propre ».

Une telle parole, venant après de tels actes, consacre définitivement une ère nouvelle dans l'ordre de l'enseignement catholique.

Jusqu'ici, quelque admiration qu'on eût pour Thomas d'Aquin, on ne pouvait s'attacher à sa doctrine qu'en lui donnant une place de choix parmi toutes les autres ayant cours dans l'Église. Celles-ci gardaient un droit égal à être exposées à côté d'elle; et tout professeur qui préférait la première avait le devoir de justifier son choix par la comparaison de ces doctrines entre elles. Nul ne pouvait adopter, en elle-même et pour elle-même, comme doctrine unique, officielle, qui seule eût le droit d'être exposée en vertu de son seul titre, la doctrine de Thomas d'Aquin. Et cela explique les querelles ou controverses d'école qui se continuaient depuis des siècles au sein de l'Église, sans qu'il fût possible d'en prévoir la fin. Déjà le pape Léon XIII, dans son Bref au Cardinal SatoUi, déplorait cet état de choses « qui n'avait que trop duré, au grand détriment [4oi]

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