OUVRIERES ET MERES DE FAMILLE
î. Deux mots d'introduction. — Les femmes et le travail induîiriel. — Pourquoi a-t-on recours au personnel féminin? — Salaire d'appoint. — Les femmes et les travaux péniblos. — Douze femmes qui triment misérablement sous la surveillance d'un contremaître qui fume la pipe. — II. Le travail industriel gène l'ouvrière dans l'accomplissement de ses devoirs d'épouse et de mère. — La journée d'une ouvrière de fabrique. — L'opinion d'un cardinal anglais. — 111. Les conséquences néfastes du travail industriel pour les femmes enceintes et leurs enfants. — Douloureuse stati.stique. — L'avis des médecins. — Mortalité infantile. — IV. Ce que l'on a décidé en divers pays d'Europe. — Un vœu de la conférence de Berlin. — L'exemple de l'Allemagne et l'indemnité payée grâce à l'assurance obligatoire contre la maladie. — V. En France, qu'avons-nous réalisé? — Le silence du législateur français et les efforts de l'initiative privée. — Une résolution qui s'impose dans un pays dont la population reste quasi stationnaire. — Ce que les femmes de condition aisée devraient faire.
Quand on examine le développement de l'industrie moderne, il est un fait qui frappe à première rue : c'est le très grand nombre de femmes, mariées ou célibataires, qui participent au travail industriel. On peut dire approximativement qu'en Europe ot aux Etats-Unis, plus du quart des personnes du
sexe féminin (les enfants y compris) travaillent à gage.
Nous n'entrerons pas dans le détail de ces évaluations qui sont précisées dans un remarquable rapport présenté par M. et M"'^ Jean Brunhes, en octobre 1903, à la Réunion catholique sociale de Fribourg ^ Mais, sans abuser des statistiques, nous croyons devoir citer quelques chiffres qui illustreront notre affirmation.
Voici donc un tableau qui indique, pour quelques pays, le nombre des « travailleuses », c'est-à-dire des « salariées », et la proportion de ce nombre avec le nombre total de la population féminine.