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quer, est pris au monde plutôt qu'au ménage. L'apostolat des femmes chrétiennes est un rayonnement des vertus familiales : on étend, si vous voulez, les limites du foyer ; on ne le détruit pas pour cela. Que devrait-on penser d'une femme qui prêcherait un ordre et un esprit chrétien qu'elle ne commencerait pas par établir dans sa propre demeure? Il arrive même qu'on s'améliore, en prêchant les autres. »
Quoi qu'il en soit, le fait certain, c'est que depuis quelque dix ans, les œuvres féminines sont allées en se développant. Patronages, colonies de vacances*, enseignement ménager, caisses dotales, ouvroirspour le trousseau-', cercles d'études, sont créés un peu partout, dans les paroisses rurales comme dans les villes, et font de grands progrès que l'on constate dans les assemblées diocésaines et dans les congrès spéciaux comme celui qui réunissait, en juillet dernier, à Bourg, les catholiques s'occupant de répandre les connaissances ménagères. Le Foyer — ce cours pratique d'économie domestique pour les jeunes filles et les femmes du monde
1. Sur le développement très marqué des patronages el des diverses œuvres de jeunesse, nous avons donné des détails dans la 4* édition d'Éducation populaire (cf. p. 216 el suiv.).
2. Au 1*' janvier 1912, 33 œuvres locales du Trousseau étaient groupées dans l'Union nationale dos Œuvres du Trousseau. (Cf. Le Trousseau dotal dans le Courrier des Cercles d'études du 30 janvier 1913.)
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dont, en la première édition de ce livre, nous saluions la récente fondation à Paris — a conquis aujourd'hui une renommée qui dépasse même les frontières. Les chrétiennes qui, durant ces dernières années, s'étaient fait initier scientifiquement aux soins des blessés et avaient subi de brillants examens techniques, sont allées, en de nombreuses et patriotiques équipes, mettre au service de nos soldats du Maroc, avec leur compétence d'infirmières, leur aimable courage et leur souriant dévouement de Françaises.
La Ligue sociale d'acheteurs, étendant et décentralisant son action primitivement toute parisienne, compte des sections très agissantes dans pas mal de villes de France : son influence croissante s'est déjà fait sentir dans l'élaboration des lois relatives aux travailleurs — et cela n'est assurément qu'un début.
Les syndicats féminins, groupés autour de la Fédération de la rue de l'Abbaye i, à Paris, ou s'inspirant des mêmes doctrines chrétiennes et professionnelles 2, augmentent en nombre et en
1. Ces syndicats publient un Bulletin très intéressant : la Ruche syndicale. Au moment où nous corrigeons les épreuves, nous recevons le premier numéro, très alerte, de La Travailleuse, « organe mensuel des intérêts professionnels féminins ». Nous souhaitons bon succès à cette publication éminemment chrétienne et sociale. (Bureaux, 38, rue Vercingétorix.)
•2. Nous signalerons notamment les syndicats de la région lyonnaise fondés par M"e Rochebillard et ceux de l'Isère. Sur
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force ^ : au mois d'août, ils out remporté une première et brillante victoire en faisant entrer au Conseil supérieur du travail leur candidate et représentante. M"' Beeckmans.
A ce sujet, le journal anticlérical l'Action fait les remarques suivantes - : » Une femme, M"* Beeckmans, vient d'être déléguée par 137 voix syndicales au Conseil supérieur du travail. Cette victoire consacre un succès féministe^ mais aussi catholique '^^ car la triomphatrice, qui appartient au syndicat de la rue de TAbbaye, est Télue et la représentante du syndicalisme catholique. Il im-
ccs derniers, cf. une élude de M"' C. Poucet dans la Vie Syndicale (décembre 1912 et février 1913\
1. Dans la \'ie Syndicale {(cxricr 1913], W^' }>i. Decaux montre le développement rapide des Syndicats féminins de l'Abbaye qui viennent de célébrer le dixième anniversaire de leur fondation. Actuellement, le Syndicat des Employées compte 2.500 membres, celui des Institutrices 1.075 et celui des ouvrières 1.200. Deux nouveaux syndicats se sont formés: le «Ménage «qui compt*^ G22 membres et le Syndicat des Gardes-malades, 117. Tous ces syndicats se sont unis par un lien légal et forment l'Union centrale des Syndicats professionnels féminins qui englobe 5.51'» travailleuses. L'Union a fondé 40 sections syndicales dont 25 à Paris. Depuis leur création, ces Syndicats ont procuré à leurs membres 11.587 places. Les syndiquées trouvent au siège social 33 cours professionnels et dans chaque section ceux qui sont utiles aux professions représentées. L'Union centrale olTro encore des services économiques et des œuvres annexes, caisse de retraites, mutualité familiale, caisse de chômage, caisse des familles, coopérative pour les achats, tables de famille, pouponnières, maisons de repos et de villégiature.