OBSERVATION II
C... Augustine, âgée de 67 ans, cultivatrice, rue Bobillot, le Mans, vient consulter le docteur Delagénière, le 26 mai 1903, pour une affection de l’épaule droite dont le début remonte à cinq mois. Depuis ce temps, les douleurs ressenties dans cette articulation empêchent le sommeil, car si la malade fait en
dormant un mouvement inconscient, elle est immédiatement
réveillée par la souffrance. Elle porte difficilement la main sur la tête et les mouvements sont biens limités dans tous les sens.
Si l’on cherche à mobiliser l’articulation les douleurs deviennent intolérables et l’on perçoit des craquements très nets, soit dans la rotation de la tête de l’humérus, soit dans l’adduction et l’abduction de l’avant-bras.
[1 y a de l’atrophie des muscles péri-articulaires et lorsqu'on compare les moignons des deux épaules on voit que le deltoïde droit est moitié moins développé que le gauche.
À noter encore des irradiations douloureuses dans l'avant-
bras et jusque dans les doigts.
La malade est une rhumatisante et à tous ces symptômes il est facile de reconnaître que l’on est en présence d’une arthrite sèche.
La patiente est en traitement depuis l’origine de son affection ; on a employé toutes les révulsions, mais les médicaments les plus actifs ont échoué et comme la malade demande instamment à être soulagée.le docteur Henri Delagénière lui propose de lui faire une injection intra-articulaire d'huile de vaseline. Elle accepte et séance tenante l'opération est pratiquée.
On lui injecte six centimètres cubes de vaseline stérile. On
PAS Le
profite du sommeil chloroformique pour exécuter quelques mouvements forcés.
* Au réveil les douleurs ont disparu, les craquements ont beaucoup diminué. Il ne se fait aucune réaction du côté de l’articulation et quelques séances de massage achèvent la guérison.
La malade a été suivie depuis cette époque et actuellement elle se sert normalement de son bras; l’atrophie deltoïdienne a diminué, elle a pu reprevdre ses occupations antérieures.