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C. — TABES

OBSERVATION XVII (Duhot)

Tabes syphilitique. — Injections de bensoate de mercure.

L. E..., vingt-six ans, agent de police. Syphilitique depuis quatre ans, a négligé complètement son traitement ; | il vient consulter pour un tabes à la période préataxique,

Dix injections de calomel améliorent le malade. Le signe d’Argyll-Robértson disparaît, mais les réflexes patellaires restent abolis. IL eût été intéressant de traiter ce malade dès le début par des injections épidurales ; mais on ne

commença que le 4 décembre ce mode de traitement.

& décembre 1902. — Injection épidurale de 5 centimètres cubes de sérum plus 0,03 de benzoate de mercure.

“Le lendemain, le malade accuse des douleurs lancinantes très fortes dans les jambes. La nuit a été mauvaise. E... semble uriner moins souvent et avec plus de force. Une sécrétion muqueuse du canal se produit.

6 décembre 1902. — Injection de 0.03 de benzoate de mercure sans sérum. Cette injection est fort bien supportée.

11 décembre 1902. — Injection de 0,03 de benzoate. Cette injection produit chez le malade une assez forte douleur.

Le muscle fessier gauche est en coniracture permanente douloureuse sans aucun phénomène cutané. | 15 décembre 1902. — Nouvelle injection de 0.03 de benzoate de mercure. Cette injection cause une douleur qui. rend le travail pénible : mais au repos, elle est assez sup- | portable.

Pas de résultats appréciables à la suite de ce traitement. |

OBSERVATION XVIII (Personnelle)

(Recueillie à la Consultation de M. Sicard..)

Maurice J..., trente-neuf ans, garçon de café.

On ne trouve pas de syphilis dans les antécédents du malade. | vs

Vient consulter le 22 décembre 1907 pour des douleurs

fulgurantes extrêmement intenses, datant de 1904.

A l'examen du malade, on constate qu'il s'agit d’un tabétique à la première période. Pas de signe de Romberpg, mais signe d’Argyll-Robertson et de Westphal très nets. En outre, inégalité pupillaire marquée, mydriase à droite.

Les douleurs fulgurantes apparaissaient particulièrement la nuit, duraient deux à trois minutes en moyenne.

Elles étaient continues depuis trois ans. Et M. J.…., nous dit qu’il n’est jamais resté huit jours sans en ressentir.

M. J... rentre dans le service de M. le professeur

Brissaud, salle Saint-Charles. On commence par lui faire

dix-huit piqûres journalières de benzoate de mercure à la

dose de 2 centigrammes. Les douleurs fulguranteé persistent avec la même intensité qu'auparavant.

10 janvier 1908. — Ponction lombaire. Il sort 8 centimètres cubes d’un liquide clair, renfermant de l’albumine et des lymphocytes en grande quantité ; on injecte 1 centigramme de benzoate d'hydrargyre en solution iotonique. 3

À lu suite, douleurs extrêmement violentes pendant cinq heures. Le malade les compare aux douleurs fulgurantesqui,nous dit-il, apparaissaient toutes les demi-secondes. M. J... hurlait de douleur, et l’on fut obligé de faire des piqûres de morphine, |

Parésie des membres inférieurs, qui persiste pendant quinze jours. “

Pas de rétention d'urine. Constipation opinâtre. Pas de température.

Pendant cinq jours, M. J... éprouve encore quelques

élancements douloureux dans les membres inférieurs.

Les douleurs fulgurantes cessèrent totalement pendant huit mois ; depuis cette époque jusqu’à ce jour, elles réapparaissent quelquefois, mais très rarement, tous les mois environ et sont de peu d'intensité et de peu de durée.

A la suite de l'injection, ilse produit une anesthésie en garniture ; la verge, la face interne des cuisses,les régions fessière et périnéale ont été complètement insensibles pendant huit mois. Mais actuellement (mai 1910) le retour de la sensibilité est complet.

Après cette injection également, impuissance génitale, qui dura dix-huit mois. Actuellement la puissance génitale a réapparu semblable à ce qu’elle était auparavant. ?

Au point de vue tabes, pas de modifications : réflexes abolis, signe d’Argyll, inégalité pupillaire. Pas d’ataxie.

Pas de Romberg.

OBSERVATION XIX (Carrieu)

Tabes.— Injections intra-rachidiennes, d'’électro-

mercurol. — Amélioration très considérable.

DK vingt-neuf ans, employé, entre le 30 décembre 1905 dans le service de M. le professeur Carrieu, salle Combal, no 20.

À vingt et un ans, syphilis incomplètement traitée pendant un an. Il y a deux ans, douleurs fulgurantes survenant de loin en loin dans les membres inférieurs, sen-

sation de constriction du thorax, lassitude générale et

troubles de la miction : impossibilité de résister au besoin d’uriner.

Depuis huit mois le malade a eu plusieurs fois du déro bement des jambes avec sensation de vertige et instabilité dans l'obscurité.

Dès ce moment, et malgré le traitement mercuriel intensif en injections, la maladie s'aggrave, et. quand le malade arrive dans nos salles, il ne peut plus marcher et ne quitte pas son lit.

C'est un homme un peu amaigri, mais dont la force musculaire est parfaitement conservée. Les mouvements spontanés des membres inférieurs sont très ataxiques ; soutenu par deux aides, le malade lance ses jambes en avant avec violence, mais il ne peut ni marcher, ni se soutenir seul ;il a de l'hypotonie très marquée des muscles des membres inférieurs.

- Réflexes rotulien et achilléen abolis : réflexe crémastérien aboli ; réflexe cutané abdominal conservé.

Sensibilité superficielle conservée dans tous ses modes ; sensibilité profonde très diminuée. |

Pas de troubles ataxiques des membres supérieurs.

Inégalité pupillaire ; signe d’Argyll-Robertson.

Lymphocytose très marquée du liquide céphalo-rachidien.

Traitement. — Electrothérapie. Rééducation.

On juge inutile de tenter encore le traitement hydrargyrique suivant les méthodes usuelles. :

29 janvier 1908. — L'étatest toujours le même.

. Ponction lombaire. On retire 12 centimètres eubes de

liquide limpide un peu hypertendu que l’on remplace par

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