NOR
On constate sur les cuisses des papules squameuses, et, sur l’aile du nez, une papule croûteuse de la dimension d’une pièce de 1franc.
15 janvier. — On pratique une ponction lombaire qui calme la céphalée et rend possible le sommeil. L'hypertension était considérable. Le liquide clair, limpide, contient de très nombreux lymphocytes 15 à 20 par champ d'immersion, quelques mononucléaires et de très rares polynucléaires. La recherche du tréponème est négative.
18 janvier. — Hier, grande agitation au début de la nuit ; délire incohérent, peu bruyant, avec incontinence des sphincters.: Le 18, au moment de la visite, tout délire avait cessé, de même que l’incontinence, mais une céphalée presque intolérable persistant, une seconde ponction lombaire est pratiquée. Le liquide qui sort en jet est clair, ayant une formule semblable à celle du premier liquide retiré.
19 janvier. — La ponction lombaire a donné une grande et rapide amélioration. On injecte dans les muscles fessiers 4 centigrammes de mercure, puis 8 centigrammes le 20 janvier, sous forme d'huile grise.
1% février. — Le céphalée reparaît très vive. Elle s'était atténuée sans toutefois disparaître complètement le soir. En même temps, on constate des vomissements de type cérébral ; le délire réapparaît le 3 février, durant la nuit. On injecte alors 5 centigrammes de calomel.
5 février. — A 8 heures du matin, aphasie brusque. A l'heure de la visite la malade vomit, et profère des sons inarticulés, dans une agitation extrême. Un peu plus : ‘tard, elle dit des phrases courtes, difficilement intelli-
gibles et accuse une vive douleur de tête.La température
est de 38°%5. Après une nuit agitée, la malade est plus lucide le 6 février. La céphalalgie est très vive ; la température est à 38°2. Quant aux manifestations cutanées, elles ont à peine regressé. On fait une troisième ponction lombaire qui montre une tension peu élevée, et donne un liquide trouble, laissant un eulot volumineux.
On y trouve des éléments très nombreux, et en particulier un certain nombre d'hématies. Le pourcentage des éléments, non compris lesglobules rouges peu nombreux,
donne les résultats suivants :
Lymphocytes ..... ANNEES y s Polgnucléaires Hire re TP TO.
MONORICICAITES SE rR AU er 12
En outre,nombreuses cellules endothéliales prenant mal les colorants. La ponction lombaire n’a pas, comme les deux premières explorations, amené d'amélioration sensible.
25 février. —- L'amélioration a été progressive depuis le 6 février. Trois nouvelles injections de 5 centigrammes de calomel ont été faites.
4 mars. — Depuisle 1e mars, la céphalée a reparu, peu violente, presque uniquement vespérale et nocturne. Une quatrième ponction montre une tension élevée et un liquide clair, contenant de nombreux lymphocytes et quelques cellules endothéliales.
8 mars. — La céphalée a beaucoup diminué d'intensité; les accidents cutanés ont disparu et ont laissé place à des macules plus ou moins pigmentées.
15 mars. — L'état général est excellent, mais la tempé-
rature persiste un peu au-dessus de la normale (35°4- 37°6). La céphalée réapparaît le soir, sans empècher le sommeil. Elle cède presque totalement à 2 grammes de KI. Les réflexes tendineux sont forts, les signes oculaires ne sont pas prodifiés, mais pupille droite mydriatique.
r7 mars. — Même état. L'amélioration continue, mais la malade aceuse un peu de douleur dans les mouvements de flexion de la colonne cervicale, douleur qui est disparue le 20 mars. La céphalée vespérale, atténuée, persiste néanmoins.
25 mars. — La température est à 3706, la céphalée plus violente.
27 mars. — Hier soir, la céphalée a été plus vive. L'agitation a été marquée toute la nuit, et, par deux fois, sont apparus des vomissements. La température était hier soir à 388. On décide une ponction lombaire suivie d'une injection de mercure colloïdal.
La ponction lombaire donne en quelques instants &o centimètres cubes d'un liquide un peu trouble, très hypertendu. Après centrifugation, on y décèle la présence d'éléments nombreux (40 à 50 par champ d'immersion). Les cellules endothéliales y sont nombreuses, bien colorées par l'hématoxyline. Le pourcentage. des leucocytes
donne le résultat suivant :
Lymphocÿlés 5. TIRANT RTS.
+ Monomuclénines SR MT II Polynucléaires neutrophiles....... 36 Polynucléaires éosinophiles. . Re |
On injecte alors dans le canal rachidien deux ampoules de mercure colloïdal isotonique, dosé de telle sorte que
chaque ampoule de 3 centimètres cubes contienne 1 mgr. 1/2 de mercure métallique.
Aussitôt l'injection du liquide contenant le mercure colloïdal commencée, la malade accuse des douleurs occipitales intenses. |
A peine l'injection des 6 centimètres cubes. contenus dans les deux ampoules, était-elle faite, que des vomissements apparurent avec des douleurs violentes dans la région du sacrum, avec irradiation dans le domaine des nerfs du plexus sacré. Ces douleurs, accompagnées de céphalées, sont si intenses qu'une injection de morphine est rendue nécessaire.
27 mars. — À 4 heures — soit cinq heures après l'injection de 3 milligrammes de mercure colloïdal — la céphalée a disparu, mais des douleurs très vives per sistent dans le domaine du sciatique. La température est à 3808 comme la veille, le pouls rapide.
28 mars. — La céphalée a disparu, les douleurs des membres inférieurs sont atténuées, aucune miction n'est spontanément possible. De grands bains prolongés ou le cathétérisme peuvent seuls amener une émission d'urine, La température est à 3702. }
1” avril. — Les douleurs des nerfs sacrés ont presque disparu. Plus de céphalée. Sommeil normal. Miction spontanée. Réflexes tendineux normaux. Le réflexe lumineux reste le même.
5 avril. — Tout phénomène douloureux a disparu. La température reste normale. La malade se lève. On fait uné ponction lombaire qui donne 10 centimètres cubes de liquide clair, sans hypertension marquée. À l'exa-
men : =
Lymphocytes de dimensions normales. 93,2
Grands lymphocytes................. 5 Mononucléaires. ::........ M 0,5 Polynucléaires neutrophiles......... 0,3 Polynucléaires éosinophiles......... I
À dater de ce jour, la marche vers la guérison est
rapide.
E. — CÉPHALÉES SPÉCIFIQUES
OBSERVATION XXIV (Personnelle)
Julia L..., vingt-cinq ans, entre dans le service de M. Wichkam le 14 mai 1910 pour des plaques érosives et papulo-hypertrophiques de la grande lèvre droite.
Pas d’autres accidents cutanés actuels. Mais J L... se plaint de céphalées intenses presque continues, survenant 5 fois par semaine en moyenne, très violentes au moment des règles où elles sont accompagnées dé vomissements.
Lorsqu'on examine la malade, on constate que la céphalée est surtout prédominante à droite, et que la pression des points sus et sous-orbitaires est très douloureuse. Cette céphalée apparut il y a cinq ans, époque où la malade contracta la syphilis. Depuis, elle n’a jamais rétrocédé malgré le traitement qui fut assez réguliè- . rement suivi.
J. L... reçut en effet, depuis cinq ans, une série de six piqûres d'huile grise tous les trois mois la première,
la seconde et la troisième années, tous les quatre mois, la quatrième et la cinquième années.
14 Mai 1910. — On pratique une ponction lombaire, on extrait 4 centimètres cubes d'un liquide non albumineux ne contenant pas d'éléments figurés, qui s'écoule sans hypertension aucune. On injecte ensuite o gr. 008 de biiodure d'hydrargyre en solution isotonique.
Immédiatement après l'injection la malade ressent une sensation de meurtrissure dans la région lombaire très pénible, avec fourmillement dans les membres inférieurs surtout dans le membre inférieur droit. Elle a des vomissements bilieux et alimentaires. Puis’ apparurent des douleurs en ceinture extrêmement violentes, La malade se tord dans son it, le facies est pâle et anxieux. Ces douleurs rétrocèdent au bout d’une demi-heure.
15 mai. —Douleurs dans la région lombaire et fessière. Il existe une parésie marquée des membres inférieurs. La malade fléchit sur ses jambes dès qu’elle essaie de se tenir debout. Pas de troubles des réflexes ni de la sensibilité.
Rétention d'urine complète, qui nécessite la sonde. Constipation, anorexie presque absolue, température 3802, La céphalée a totalement disparu, Pas de douleur à la pression des points sus et sous-orbitaires.
18 mai. — Pas d’appréciable amélioration. La parésie, les. douleurs, la rétention d'urine, la constipation persistent. On donne une purgation. L'appétit a cependant réapparu. La température varie entre 37°9 et 37%.
23 mai. — Les douleurs ont presque disparu, mais il y a encore de l'engourdissement des membres inférieurs. La rétention d'urine persiste. Température 37°6.
Lévy ER.
25 mai. — La malade commence à uriner seule. La parésie n'existe plus. mais la fatigue est rapide, et il est difficile à J. L... de monter les escaliers. Température 3704. «
29 mai. — Sauf un léger engourdissement dans les membres inférieurs et une fatigue persistante de la marche, J. L... est en bon état. Les syphilides papulohypertrophiques sont en voie d'amélioration, la céphalée n a pas réapparu. Aucune douleur à la pression des poinis sus et sous-orbitaires. La température est redeve-
. nue normale.
OBSERVATION XXV (Personnelle)
Rose D... dix-neuf ans, entre dans le service du Dr Wichkam, à Saint-Lazare, le 6 avril 1910 pour des plaques muqueuses amygdaliennes, des syphilides papuleuses disséminées, et des accidents vulvaires. Elle se | plaint, depuis le début de la maladie, qui remonte à six mois, de céphalée intense, surtout vespérale et noctarne. Elle n'a pas été traitée avant d'entrer à Saint-Lazare, où on lui fit deux piqüres d'hectine ettrois piqères d'huile grise.
Pas de constipation habituelle, pas d'albumine dans les
urines.
14 mai 1910. — Nous pratiquons une ponction lombaire. IL s'écoule 6 centimètres cubes d'un liquide clair, hi sans albumine, ne contenant pas d'éléments figurés. LPS 57
Légère hypertension. Ensuite, nous injectons 2 mgr. 1/2 de biiodure d'hydrargyre en solution isotonique. PE