Caussade et Joltrain, Pr. méd
HT MRURE 3 décembre. — Nouvel examen de liquide céphalo-
rachidien. Il y a toujours hypertension avec même formule cytologique.
4 décembre. — Le délire paraissait diminuer, lorsque le malade eut une monoplégie brachiale avec paresse du membre inférieur droit du même côté. Pas de signe de Babinski. Sensibilité intacte.
6 et 7 décembre. — Les phénomènes paralytiques diminuent d'intensité, mais le soir la température remonte à 39 degrés et le délire réapparaît. Vomissements cérébraux. Urines albuminuriques.
Nouvelle ponction lombaire, suivie d'une injection de 10 centimètres cubes de mercure colloïdal.
L'examen du liquide clair montre une assez grande
hypertension, et de l'albuminurie.
Polynucléaires. ........... 84 Lymphocytes.,..."......:. 10 Mononucléaires........ 6
Dès le lendemain, la température baisse de 1 degré, l'état général est meilleur ; la défervescence, les jours suivants, se fait en lysis et les phénomènes paralytiques disparaissent complètement.
En même temps que les injections intra-rachidiennes on
faisait chaque jour des piqûres de biiodure de mercure. .
On cessa le traitement, et le 10 décembre, nouvelle
ponction lombaire montrant un liquide clair, ne conte-
nant pas d’albumine, et très peu d'éléments. Les lympho-
cytes dominent à nouveau.
La guérison s'accentue de jour en jour et, le 20 décem-
bre, le malade sort guéri.
OBSERVATION XXIII (CŒttinger et Hamel.)
Mélanie G.... dix-neuf ans, est amenée dans la nuit du 12 janvier 1909 présentant des troubles délirants. Son délire est doux, peu bruyant, incohérent, la malade
répétant indéfiniment les mêmes mots.
Arrivée à Paris à l'âge de seize ans, elle a été soignée à la Charité pour une salpingite et des douleurs articulaires. Elle suit depuis dix mois un traitement à Saint- Louis pour des plaques muqueuses et des accidents cutanés divers. Irrégulièrement elle ingère des pilules de protoïodure. Elle a cependant fait ces derniers mois une cure intensive, interrompue après trois semaines pour de
-la stomatite.
Depuis huit jours est apparue une céphalée vespérale pénible et du délire nocturne qui obligent la malade à res- | ter couchée. Depuis le début de ses accidents la malade ‘reste alitée. Elle présente, en outre, depuis quelques jours, des vomissements à type cérébralet de la constipation opiniâtre.
13 janvier. — À l'heure de la visite, la malade est calme, ne délire plus, répond bien aux questions posées, mais se plaint de céphalées diffuses. Elle a d’ailleurs des vomis-
semenis. Le pouls est à 64, bien frappé, les réflexes tendi- neux sont normaux. On n'observe ni raideur de la nuque, ni signe de Kernig. En dehors de la constipation, aucun
trouble des sphincters. Ses yeux réagissent bien à la lumière, mais aussitôt après la contraction à la lumière, une dilatation brusque se produit sans qu'on éloigne la
source lumineuse, ébauche du signe d’Argyll-Robertson.