‹ Injections intra-rachidiennes De Sels MercurielsChapitre 5 sur 38 · Sicard, Soc. de Biologie, 20 avril · texte numérisé non relu

Sicard, Soc. de Biologie, 20 avril

5, Cathelin, Soc. de Biologie, 27 avril 1901.

agents tels que le mercure, susceptibles de modifier l'évolution spécifique.

Un fait est d'abord à-signaler : c’est la difficulté

du passage du mercure dans le liquide céphalorachidien, à la suite d’injections mercurielles intra-musculaires.

* Sicard, in thèse de Ducros (1), cite le cas de trois tabétiques et de deux paralytiques généraux qui avaient été soumis depuis plus de deux mois à des doses élevées de mercure. En même temps on les avait traités, et par des injections d'huile grise, et par des frictions mercurielles, si bien que l’un d'eux avait eu une stomalite très acceriuée. Au cours de cette thérapeutique, on fit une ponction lombaire et on retira 8 centimètres cubes environ de liquide pur, sans hématies ; dans ce liquide, M. Viron, pharmacien en chef de la Salpêtrière,par les procédés les plus délicats, ne décela aucune trace de mercure (2).

Launois et Leroux (3) poursuivant les mêmes recherches, ne purent non plus prouver la présence du mercure dansleliquide céphalo-rachidien,

à la suite d’injections intra-musculaires d'huile grise et de calomel.

Ducros, Trait. mercuriel au cours des Myélites ph + litiques (Th. Paris 1903). SE

2. Chez une malade de Saint- -Lazare, à laquelle il a été fait, après quatre injections de calomel et d'huile grise, une ponction lombaire, nous avons pu trouver des traces de mercure dans le liquide céphalo-rachidien.

De Launois et Leroux, Soc. de Biologie, 20 de 1902.

Bouchard montra les bienfaits de la médication locale, et le parti qu’on pouvait tirer des frictions et des injections pratiquées, dans le cas de gommes rebelles, au niveau du loco dolenti.

À son tour, Schachmann (1) ayant eu à traiter deux spécifiques put constater les faits suivants : chez une malade, dont la peau était couverte de syphilides papuleuses, il pratiqua des injections intra-fessières de benzoate de mercure et remarqua que, si l'amélioration se produisait lentement sur toute la surface culanée, elle était manifestement plus accusée sur les deux surfaces d'injection. Un autre malade était atteint d’une double manifestation gommeuse de la lèvre supérieure et de la région scapulaire droite. Schachmann le traita par des injections intrafessières de benzoate de mercure, et, en outre lu; appliqua un emplâtre de Vigo sur la région scapulaire. La marche vers la guérison y fut bien plus rapide qu’à la lèvre qui ne bénéficiait que du traitement général.

Partant de ces faits, Schachmann se ana s’il n’y avait pas lieu d’établir cette intimité de contact entre agent médicamenteux et lésion dans ces affections syphilitiques où l'effet du mercure est tardif et incomplet quand il n’est pas nul. C'est le cas des lésions syphilitiques du système

1: Schachmann, Soc. méd. des Hôp., octobre 1901.

nerveux, radiculaires, médullaires et cérébrales.

C'est alors que, du 30 mai au 6 juin 1901, chez un malade atteint de myélite spécifique, il injecta, chaque jour un centimètre cube de benzoate de mercure dans le canal sacré ; il aborda ensuite la voie sous-arachnoïdienne, et pratiqua journellement une injection de 1/2 ou de r centimètre cube de benzoate de mercure ; l'amélioration fut rapide. Etles premiers troubles dont furent suivies les injections furent de courte durée.

Scherb (x) injecla dans le canal sacré des doses massives de sels mercuriels ; mais il estime que les avantages possibles de cette voie sont diminués par l’action irritante que des injections de sels solubles, même à petite dose, exercent sur les radicules dernières de la queue de cheval avant leur sortie des trous sacrés.

Marchand (2) essaya, vers la même époque, de traiter les paralysies générales par les injections sous-arachnoïdiennes de biiodure d'hydrargyre et d'iodure de potassium. Les résultats auxquels il : parvint ne furent pas très satisfaisants. |

1. Scherb. Soc. méd. des Hôp. De la Méthode de Prokhorov a dans le Traitement des Encéphalopathies et des Myélopathies TR syphilitiques graves et anciènnes, p. 180, 28 février 1902. | - 2. Marchand, Du traitement de la Paralysie générale par les Injections intra-rachidiennes de biiodure d'Hg. et de KT Soc. Méd. psych., 27 octobre 1902.

mr —

Duhot (1) tâta la susceptibilité de la voie épidurale aux injections de sels mercuriels à doses suffisantes pour être énergiques. Il conclut de ses expériences que le benzoate de mercure à la dose de o gr, 03 par injection est douloureux, mais non insupportable, que le biiodure est moins bien toléré, et qu’enfin l’hermophényl non douloureux est inefficace.

Peu après (2), Sicard introduisit chez quatre malades atteints de méningo-myélite syphilitique du biiodure de mercure dans l’espace sous-arachnoïdien. La technique était la suivante : dans un tube, Sicard disposait de 1 à 3 milligrammes de substance active, puis retirait dans ce même tube 6 à 8 centimètres cubes de liquide céphalorachidien. Le mélange de la solution mercurielle et du liquide se faisait d’une façon intime et se rapprochait ainsi le plus possible de Fisotonie. Le tout était réinjecté aussitôt dans la cavité sousarachnoïdienne, Depuis cette époque, Sicard a traité divers tabétiques et myélitiques, et il a obtenu des résultats fort intéressants.

Barthélémy et Lévy-Bing, en novembre 1903, traitèrent par le même procédé, un cas de paralysie générale. Ils injectèrent, après évacuation de liquide céphalo-rachidien, une solution aqueuse

1. Duhot. Les Injections épidurales et leurs applications. 2. Sicard, mars 1903 (thèse de Ducros). Annales de la Polyclinique centrale de Bruxelles, déc. 1902.

\ in de biüiodure, mais n’obtinrent aucun résultat favorable.

Le professeur Carrieu (1), à son tour, injecta du mercure colloïdal chez des ataxiques et des. méningomyélitiques. Les résultats qu'il obtint font espérer de l'avantage qu'on pourrait retirer de cette méthode.

Plus récemment enfin, Claude et Lhermitte (2) employèrent le mercure colloïdal électrique à faible dose chez des malades atteints de syphilis cérébrospinale et obtinrent chez 3 malades des améliorations appréciables. :

Claisse et Joltrain (3) injectèrent à leur tour du mercure colloïdal dans une méningite syphilitique. Après eux, Œlinger et Hamel (4) publièrent un cas de méningite aiguë spécifique, où l'influence des injections intra-rachidiennes de mercure colloïdal s’est manifestée d’une façon très nette.

Stodel enfin (5%) expérimenta sur l’animal. Les

chiens auxquels on fit ces injections médicamenteuses supportèrent fort bien le traitement ; ils

1. Carrieu. Des injections intra-rachidiennes d’électro-mercurol dans le tabes et les méningo-mryélites chroniques (Comm. au Congrè ès international de Médecine de Budapest, 30 août 1909).

Page 1