‹ Injustice militaireChapitre 3 sur 13 · II PREFACE · texte numérisé non relu

II PREFACE

associés dans une gloire impérissable. Zola a pris les criminels au collet et les a traînés sur la place publique. Louis Havet les a cloués au pilori de la conscience humaine. Défiant politiciens et juges, également traîtres à la noble Patrie française du Droit et de la Justice, Louis Havet les a marqués au front du signe de ceux qui ne seront point pardonnés. Tous ces guerriers à panache, tous ces pharisiens de la démocratie avaient tenté de se révolter contre Zola. Ils sont demeurés sans geste et sans voix, sous la main du iuge-bourreau. Que leur a servi la complicité des lois, des tribunaux, du Gouvernement, quand nous les voyons réduits à tâcher d'esquiver le scandale par le silence, à feindre d'ignorer, à se vanter de n'avoir rien senti.

Mais je tiens le fer rouge et vois la chair fumer,

dit le poète des Châtiments.

Il y a de cela deux années. La marque est sur ces hommes pour toujours. Le temps ne peut pas plus abolir la flétrissure que l'Océan laver la petite tache de sang au doigt de Lady Macbeth. Regardez

Sasser la chaîne des « juges », bientôt suivie de celle es politiciens qui, pour « défendre la République » s'employèrent au service du crime.

Encore et Toiyours

On a vivement commenté à Rennes et ailleurs la regrettable exclamation : « Encore ! » adressée par le colonel Jouaust à M. le colonel Picquart qui demandait la parole pour appeler l'attention des juges sur les contradictions flagrantes des dépositions du capitaine Junck et du commandant Lauth. L'impartialité du président d'une cour de justice s'accommode mal de ces marques d'impatience, surtout lorsqu'elles visent toujours la même catégorie de témoins. Mercier, Roget, Cuignet, Gribelin, Lauth et Junck n'ont pas eu a subir les vivacités de M. Jouaust. Je ne dis rien des anciens ministres de la guerre, devant qui sa présidence était réduite au hiérarchique respect. Tous les accusateurs ont eu la liberté de tout dire. Nous ne nous en plaignons pas, mais nous sommes en droit d'exiger, ce me semble, qu'on ait au moins la liberté de répondre. Cela est de droit strict, et tout le monde regrettera que le colonel Jouaust ait une conception contraire. ■ ••

Au colonel Picquart, que les témoins attaquent à loisir, le président n'a cessé de recommander la ^brièp^é' du discours. *'

Comment un homme d'épée ne comprend-il pas que la riposte se doit nécessairement proportionner à 1 attaque, et que Picquart ne peut pas en cinq minutes démolir cinq heures de mensonges ? Le fameux « Encore ! », qui a causé la stupéfaction universelle, nous montre maintenant le président sur la pente d'interdire la parole aux témoins qui ont quelque chose à dire. Cela peut le mener loin. Voilà pourquoi j'ai cru devoir ici consigner cette observation.

Certains juges, dit-on, n'ont rien voulu étudier de l'affaire avant de siéger. Ce système est absurde. Mais il est dans leur droit. Encore faut-il permettre, en ce cas, qu'on leur apprenne l'affaire au cours des débats. Je demeure confondu quand je pense qu'hier ils ignoraient encore qu'une expertise du « petit bleu » avait été faite à l'enquête Tavernier, et qu'il en était résulté la preuve du « grattage », postérieurement au départ du colonel Picquart. S'ils ne savent pas ces choses élémentaires, au moins le président doit-il permettre aux témoins de les leur apprendre.

La vérité est qu'on ne peut pas bien comprendre ce qui se passe, si l'on ne fait pas la part, à côté de ce qui se dit, de ce qui ne se dit pas. On m'affirme de toutes parts que les juges sont arrivés là avec cette idée très simple dans la tête que la revision est l'œuvre d'un « syndicat » disposant d'un nombre incalculable de millions. Ce conte, bon pour égayer la partie de manille entre deuxabsinthes a trouvé paraît-il de crédules auditeurs. Dans la mentalité que nous ont faite les bons Pères, il ne faut s'étonner de rien. Donc il y a des gens qui croient à la réalité de la bourde des 35 millions anglo-allemands signalés par le bon Freycinet à la jobardise de Mercier. Freycinet devra s'expliquer là-dessus, et nous verrons ce qu'il restera de son mensonge* Depuis deux ans qu'on parle du € syndicat », c'est la première fois qu'on essaie de

démontrer son existence, Toute Tastuce de Freycinet n'y sera pas de trop. L'autre jour M. Junck a représenté Richard Cuers comme « un agent du syndicat ». Comment la défense a-t-elle négligé de lui demander des explications sur ce mot ? Je compte que Labori voudra réparer cette omission.

Maintenant à quoi employait-on cet or ? A acheter les journalistes, les députés, les sénateurs, les juges de la Cour de cassation, les militaires aussi, à commencer par le colonel Picquart qui fut mis « par les juifs » à la tête du bureau des renseignements pour substituer l'agneau Esterhazy au loup-cervier de File du Diable.

Qu'une si grossière fable puisse trouver créance auprès de gens ayant une tète à peu près saine sur les épaules, cela passera certainement la compréhension de nos neveux. Mais que faire pour nous, sinon de se rendre à l'évidence ? Il est honteux, sans doute, d'être réduits à discuter de pareilles choses. Que la honte en retombe sur ceux qui nous y obligent.

D'abord, quand on dit que les juges de la Cour de cassation sont vendus, c'est comme si l'on ne disait rien, puisqu'on n'allègue aucun fait, et que les gens ne

Seuvent se disculper qu'à la condition de trouver evant eux une accusation précise. C'est comme si

. l'on ne disait rien : cependant, en tout autre pays, et

. même en France en tout autre temps, on saisirait au collet les bandits qui s'en vont colportant cette ignominie, et on les sommerait d'expliquer sur quoi leur imputation se fonde. Aujourd'hui, au contraire,

. les tt bons Français >> qui entendent ce propos ont pour principal souci de le propager tous bas, avec des sousentendus qui font soupçonner mille preuves. Et bientôt tout un peuple de fidèles va répétant : a Les juges sont vendus », et quiconque discute prouve ainsi seulement qu'il est vendu lui*même. Il ne reste plus en France de «non vendus» que ceux qui accusent les autres. Comment toute la lâcheté et toute l'imbécillité humaines ne se réfugieraient^elles pas dans cette bienheureuse corn*

;pagnie?

S'il est vrai que les juges du Conseil de guerre aient encore l'idée vague qu il y a eu des « manœuvres louches )) du côté des révisionnistes, je supplie les défenseurs de Dreyfus de profiter de toute occasion qui se présentera pour éclaircir — même si cela leur parait superflu — les soupçons les plus fous. Ainsi Picquart a expliqué qu'il était si peu entré à l'Etat- Major pour s occuper de Dreyfus, qu'il est resté tout un an sans demander le dossier, et n'a eu la curiosité d'y regarder que lorsque son attention fut appelée sur Esterhazy. Cela pouvait paraître inutile à dire. Je crois que c'était nécessaire.

De même Picquart ferait bien aussi, malgré les Encore ! du colonel Jouaust, d'expliquer comment il est entré au bureau des renseignements. Il parait qu'il y a des gens qui prétendent que c'est un coup de Joseph Remach. Il ne faut laisser aucune sottise sans réfutation. Et à tous les Encore ! il suffît de répondre : « Oui, encore et toujours, jusqu'à ce qu'il ne reste rien des accusations mensongères. »

Enfin, voici M« Labori au banc de la défense. M. le président lui adresse quelques paroles de sympathique courtoisie. Le défenseur de Dreyfus répond par une improvisation émue d'où j'ai plaisir à détacher le passage suivaut :

C'est une tâche très difficile pour vous, qui êtes les arbitres et qui allez dire la justice ; pour nous, les auxiliaires modestes de cette justice; mais tout cela je le supporte avec allégresse, tout cela est rendu facile par la conscience du devoir accompli.

Vous sentez bien, messieurs, qu'il n*y a que le sentiment du devoir accompli qui fasse des résolutions inébranlables comme les nôtres.

Et puis maintenant continuons ces débats où nous tra*

^verserons encore sans doute bien des vicissitudes, mais

d'où Jailliront, puisqu'ils ont toute l'ampleur qu'on peut

souhaiter, la vérité absolue et la justice complète, d'où elles jailliront pour rapaisement,j'ài le droit de le dire aujourd'hui, et ce n'est pas moi qui au lendemain du succès — car j'y crois avec une ferveur absolue — de l'œuvre de justice que nous avons entreprise^ m'attarderai dans des récriminatîohs et dans des colères.

Labori ajoute naturellement qu'il aura des questions à poser à quelques-uns des témoins entendus en son absence. Et le président lui répond : « Nous ferons de manière à arranger la chose. » Tout est bien.

Le fils du général Grenier renouvelle la déposition déjà recueillie par la Cour de cassation.

Le témoin communique au Conseill'original d'une lettre d'Esterhazy remontant à l'époque où celui-ci faisait des démarches pour entrer au ministère de la Guerre. J'en extrais quelques notes élogieuses sur Esterhazy :

€ Vous avez été indignement traité, et c est une des nom^ breuses infamies que je connaisse à t actif de cette bonne ar^ mée, » (Général Choppin, en retraite à Marseille.)

a Vous êtes la preuve vivante que les qualités militaires, la bravoure, f énergie, f intelligence du métier sont de peu de poids aujourd' hui pour r avancement d'un officier* » (Général Forget, commandant aujourd'hui à Nancy.) Etc., etc.

C Vous êtes un caractère, et dans ce temps de veulerie et de lâcheté, les gens comme vous ont trop d'ennemis. (Colonel Saglio.)

. Ne vous semble-t-il pas que tous ces militaires ont une bien mauvaise opinion de ce qui se passe dans l'armée, et le proclament avec une certaine désinvolture ? Oh ! SI Zola avait parlé, comme le général Choppin « des nombreuses infamies qui se commettent dans l'armée )>...! En tout cas, l'idée ne lui fût pas venue de • se plaindre qu'on ne fit pas pleuvoir plus

de grades et d'honneurs sur le traître, l'escroc, le faussaire, le proxénète qu'est M. le commandant Walsin-E s terhazy .

On ne rendait pas justice au Ulhan « dans cette bonne armée ». Aussi le Ulhan se défiait-il de tout le monde^ mémo de son ami Henry, qu'on ne supposait pas bien pressé de le voir au ministère :

Mais quand, pour me prendre et m'achever, le ministre de la Ciuerre abandonne l'officier pour chercher dans ma vie privée et écoute les calomnies d'un drôle quelconque en épaulcttes, et vraisemblablement du sieur Henry, mon débiteur et mon obligé, j'avoue qu'il est hors de mes forces de supporter ce traitement.

n parait, d'ailleurs, qu'Esterhazy se trompait, car Henry promit a M. Grenier d'aider cet excellent camarade de tout son cœur. Ce qu'apprenant, Esterhazy eut cette exclamation suggestive : « Eh bieriy il ne manque-' raitpliis que cela^ par exemple^ que Henry ne fût pas gentil pour moi! »

Pour dernier trait, je recommande au lecteur ce dialogue ;

Le président. — Le commandant Esterhazy n'a-t-il pas dit dans une circonstance quelconque qu'il croyait à Tinnocenoe de Dreyfus ?

M. Grenmer. — Il m*est absolument impossible de répondre, sous la foi du serment, que je l'ai entendu, mais c\'st ti^s possible.

Le PRESIDENT. — YousTavez dit quelque part?

RL Grenier. — Au contraire, j^ai fait cette réserve très formelle que je ne pouvais pas le dire sous la foi du serment. 11 me semblait me souvenir, mais jeneTaffirmaispas. J'ai dit que mon beau-frère et un autre monsieur étaient parfaitement certains de me Tavoir entendu dire. On m'a demandé leurs adresses. On a voulu les faire citer. Quant à moi, personnellement, il me semble que fai entendu ce propos, mais je ne le Jure pas.

Lk li£i;tcnant-colonel Brongniart. — Vous n'avez jamais entendu dire quTsterhazy ait connu Dreyfus ?

M . Grenier . — Jamais.

Le commandant Rollin, chef actuel du bureau des renseignements, donne sur l'affaire Lajoux de bien curieux renseignements. Lajoux est, comme on sait, un ancien agent que le service des renseignements se donna beaucoup de mal pour expédier au Brésil, à deux reprises différentes. D'une lettre de lui, versée par le commandant Rollin, il résulte qu'ayant eu le malheur de déclarer à Henry qu'eii Allemagne tout le monde affirmait n'avoir rien eu à faire avec Dreyfus, il se trouva dès lors en butte aux persécutions de l'Etat-Major.

Je fus ensuite présenté au commandant Henry, et c'est sous cet officier supérieur — le colonel Sandherr était encore boulevard Saint-Germain — que j'obtins de l'agent allemand Richard Guers, secrétaire du bureau des renseignements de Berlin, une déclaration — écrite — par laquelle ce précieux et éminemment intelligent Allemand se trouvait «entièrement dévoué à l'Etat-Major français.

Je n'hésite pas et je n'ai jamais hésité à afQrmer que ce sont les prétentions exagérées et le plus souvent intempestives du commandant Henry, qui dun allié nous firent bientôt un ennemi plus que dangereux.

Cependant nos rendez-vous avec Richard Guers se multiplièrent.

C'est à la dernière de ces entrevues, à Luxembourg-Ville, hôtel Brassau, que la conversation, incidemment, tomba sur l'affaire ï)reyfus.

Richard Guers qui, quelque temps avant, m'avait remis une lettre de sa main pour le colonel Sandherr (l'enveloppe étant également de sa main), me déclara que « jamais à Berlin, dans les bureaux du grand Etat-Major, on n'avait entendu parler de Dreyfus »; qu a la c nouvelle de l'arrestation de cet officier d'artillerie, le comte de Waldersee avait mandé à Berlin tous les attachés militaires que l'Allemagne entrelient auprès des divers gouvernements européens; qu'interrogés individuellement, ces officiers avaient

été unanimes à déclarer sur l'honneur qu'aucun d'eux n'avait jamais entretenu des relations suivies ou non avec Dreyfus ».

M. Guers ajoutait, que personnellement, il ignorait ce dernier et que jamais il n'en avait entendu parler, chose d'autant plus étonnante que tous les rapports des agents à la solde de TËtat-Major berlinois lui passaient par les inains en sa qualité de secrétaire du service des informations deThiergarten.

M. Cuers affirmait que le hauptmann Dame et le haupt" mann Brose attachés à ce service n'avaient aucune connaissance des rapports de Dreyfus avec Berlin, et que si Dreyfus était vraiment coupable, il fallait qu'il correspondît directement avec l'empereur [sic].

Mais, ajoutait Cuers, il y a actuellement au ministère de la Guerre, à Paris, un monsieur [sic) qui voit tout, qui sait tout, qui envoie au Thiergarten rapports sur rapports — fort goûtés, ma foi — et qui, tout récemment, a expédié à Berlin une longue note sur le matériel -^ sur le nouveau matériel d'artillerie français — note qui a fait seiisation. (Textuel.)

Ce monsieur est décoré ; il va le ruban rouge à la boutonnière ^ en plein jour, voir le major Schwarzkoppen^ rue de Lille* On dirait quil est sûr de V impunité.

« C'est peut-être un agent provocateur, disait ironiquement Richard, mais je ne le crois pas, car ses travaux sont de haute valeur [sic]»

«Dans tous les cas, disait en terminant Cuers, cet homme est dangereux. Il sait tout, il écrit tout ce qui se passe au ministère à Paris, et un jour prochain il apprendra ma relation avec vous et je serai perdu ! »

A mon retour de Luxembourg, je vins boulevard Saint- Germain, et comme d'habitude M. Henry me fit le meilleur (les accueils.

Je lui rendis compte de ma mission, et au moment du départ je lui racontai incidemment ma conversation au sujet de l'affaire Dreyfus .

Le commandant Henry changea immédiatement de ton : j'étais perdu...

Alors commença une série d'odieuses persécutions : on dépêcha à Bruxelles, où j'habitais, un agent de la sûreté générale — Duberu — qui fractura mes meubles et me vola mes papiers. Le misérable tenta même de circonvenir ma femme.

INJUSTICE MILITÀIRB ^

Je demandai une audience au ministère. Un jeune officier en civil me conseilla, pour toute réponse, de « ne pas m'attarder à Paris ».

On me ruina, on m'afiPama, on me calomnia, on sut adroitement me mettre à l'index dans la colonie française de Bruxelles.

Je résolus de partir en Amérique, je m'en ouvris à TEtat- Major général qui me dépêcha l'archiviste Gribelin et un autre officier.

Je donnai à ces messieurs tous les renseignements que je possédais et que j'avais pu recueillir depuis quelques mois.

M. Gribelin arrêta mon passage sur un vapeur allemand qui devait partir environ quinze jours après notre entrevue.

Tel est le rapport capital de l'homme que l'Etat- Major pensionne « par humanité », tout en alléguant que c'est un escroc abominable.

Une note non signée du colonel Sandherr reconnaît au contraire que Lajoux était « animé des meilleures intentions » et « voulait se distinguer » au service du bureau des renseignements.

On n'en a pas moins expédié deux fois au Brésil, adjuvante Gribelin^ l'agent qui annonce qu'en Allemagne on n'a pas eu de rapports avec Dreyfus, mais qu'il y a au ministère une autre trahison. Henry et Esterhazy trouvaient cette dénonciation gênante.

Le commandant Rollin ayant eu le malheur de dire qu'i/ avait confiance dans les informations de Guénée,

mais qu'il ne les avait jamais vérifiées, Labori lui

met sous les yeux les rapports mensongers de Guénée et conclut :

— Donc, et c'est ce que je veux retenir, il n'y a rien à garder du témoignage de confiance que M. le commandant Kollina donné tout à l'heure à cet agent.

Le commandant Rollin. — J'ai dit que j'avais confiance en ses indications, mais je n'ai parlé que des affaires de service.

Etrange réponse. Est-ce que les rapports menson-

gers sur Dreyfus ne sont pas aussi une affaire de service?

Cependant, voici le faux Mercier-Schneider qui revient en discussion. Sur une question deM^Laborî, le commandant Rollin se déclare étranger a la traduction de cette pièce. Mais le commissaire du gouvernement ne veut traiter cette question qu'à huis clos. En ce cas, pourquoi a-t-il permis à M. le général Mercier d'apporter devant le public ses allégations ?

Ce n'est pas nous qui sommes cause de rincident, dit justement M® Labori. C'est M. le général Mercier qui a apporté à la barre, contrairement d'ailleurs aux engagements que nous avons pris (nous, pas lui, bien entendu), le nom de l'attaché militaire en question et, à cette occasion, je me permettrai de faire remarquer que nous sommes autorisés à marcher sur le même terrain.

Le PRESIDENT. — Je vous ferai remarquer que nous avons pris l'engagement de ne pas parler de ces choses-là.

Fort Bien. Mais en ce cas^ pourquoi le président a-t-il accepté que M. le général Mercier donnât publiquement lecture de la pièce ? Pourquoi a-t-il souflFert qu'il mît nommément en cause le colonel Schneider, attaché militaire autrichien ? Est-il possible que l'accusation soit publique et la réfutation du 'mensonge secrète ?

M* Labori. — Alors, je demande au Conseil quelle peut être la valeur de pièces que nous ne voyons pas, que nous ne pouvons discuter, et dont il est même impossible de savoir qui en prend la responsabilité ?

Interrogé sur la question de savoir comment cette pièce est venue en sa possession, le général Mercier refuse de répondre.

M® Labori. — Monsieur le président, j'insiste; M.legé-*' néral Mercier a juré de dire la vérité. Je me permets très f èspectueusement d'insisteir, pour que les questions po-

INJUSTICE MILITAIRE il

sées très respectueusement et avec une grande prudence par la défense soient ici l'objet de réponse. Le Conseil de guerre nest pas comme la Cour de cassation saisi d'un point restreint des débats, le Cojiseil de guerre est saisi de tous les débals.

Nous avons besoin ici d'une lumière complète, j'insiste pour que M. le général Mercier réponde, car fai le tlroit d'avoir une réponse, (Sensatian.)

Le président. — Monsieur le général Mercier, croyezvous devoir répondre ?

Le général Mercier. — Je ne veux pas répondre à la question de M^ Labori, Mais je déclare que je prends sous ma responsabilité la traduction qui a été présentée au Conseil,

Qui n'admirerait cette réponse ? Hier, le général Mercier nous apportait cette pièce comme authentique. Il en a fait affirmer l'authenticité par Roget, par Cuignet, par Gribelin lui-même, et maintenant il n'accepte plus que la responsabilité de la traduction,

La pièce est peut-être fausse, mais elle est bien traduite.

Et ce n'est pas tout. Hier, on nous donnait la pièce comme datée du 30 novembre 1897. Aujourd'hui, c'est tout autre chose. Cette date est seulement celle de l'entrée de la pièce au ministère. Il faut citera ce propos les graves réserves de Labori.

M^Labori. — C'est entendu, monsieur le président. La pièce est entrée le 30 novembre 1897.

A ce moment, M. le général Mercier n'était plus ministre de la Guerre. Il y a une loi sur l'espionnage qui interdit la communication de documents secrets. Je demande à quel titre, car nous sommes ici en présence, jusqu'à ce qu'on se soit expliqué, d'un délit, à quel titre M. le général Mercier est détenteur de cette pièce? Je constate que M. le général Mercier refuse de répondre ; je reposerai ma question d'une manière plus large et je demanderai ici à quel titre M. le général Mercier est détenteur de toutes les pièces du dossiei* &é(it'ët .

^e vols qùé loi*sque lioUs tôUchohs des polhts délicats, il est difficile d'obtenir des réponses. Je prierai M. le prési**

dent, lorsqueM. le commandant Rollin aura fini, de vouloir • ' bien rappeler M. le général Mercier à la barre. J'aurai pas

mal de questions à lui poser et j'imagine que je rencontrerai beaucoup de refus de répondre.

On a croisé le fer. Il n'y a plus de reculade possible.

Le témoin Ferret, qui ne prête pas serment, a* été secrétaire du colonel Bertin. Il prétend, à la fin de 1893, avoir surpris le capitaine Dreyfus en conversation avec un civil. Le capitaine était debout « devant l'armoire contenant les documents ». Il consultait des pièces.

Le PRÉSIDENT. — Quelles étaient les pièces qu'il consultait?

M . Ferret. — Le graphique des couvertures.

Le PRESIDENT. — Qu'est-ce qui vous fait croire cela?

M. Ferret. — J'ai entendu souvent parler de ces graphiques.

M*' Démange demande au témoin s'il a fait cette

déposition au procès de 1894. La réponse ost négative. Le témoin a parlé de cette histoire l'année dernière pour la première fois.

— Le Conseil, dit M® Démange y appréciera ce silence gardé pendant cinq ans.

Les civils peuvent-ils arriver dans les bureaux sans laissez-passer? La consigne dit non. Des ingénieurs des ponts et chaussées prétendent qu'ils ont pu violer la consigne. A quoi Dreyfus de faire cette réponse pertinente :

— Quant à moi, j'affirme que j'ai toujours respecté le règlement. S'il y en a qui ne l'ont pas respecté, le Conseil de guerre appréciera.

INJUSTICE MILITÀIRB 13

Et M® Démange d'ajouter. — Il résulte de ce que vient de dire M. le général Gonse, que l'on peut pénétrer au ministère de la Guerre et qu'il y a des documents secrets sur lesquels on peut être renseigné sans être officier.

Le lieutenant-colonel Bertin-Mourot, dont la mère est née Dreyfus, est un antisémite fervent. Il fait une longue déposition très confuse où il parle de tout à la fois. Il donne naturellement beaucoup d'importance à ses entrevues avec Scheurer-Kestner, qui n'ont plus qu'un intérêt historique. Le seul point à retenir présentement, c'est la dépêche du colonel Bertîn a Scheurer-Kestner lui annonçant que le ministre le recevrait le 16 ou le 17 octobre. Or, c'est le 18 octobre qu'Esterhazy était prévenu de l'intervention de Scheurer-Kestner par la lettre Speranza, Concluez.

Le grand reproche du colonel Bertin à Dreyfus tient tout dans cette histoire :

— Je rentrais de mission sur les lignes des Vosges. Je racontais que j'avais mêmepoussé jusqu'à la frontière, que je le regrettais, n'ayant trouvé là que des impressions pénibles, si près de cette ligne frontière tracée sur mon sol natal avec, de chaque côté, un dieu des armées différent.

Je fus interrompu brusquement par le capitaine Dreyfus.

— Mais cela ne pourrait pas être pour nous autres, juifs. Partout où nous sommes, notre Dieu est avec nous.

Ah çà ! est-ce que le Dieu des Chrétiens n'est pas partout avec eux, des deux côtés de la frontière ?

Dreyfus, indigné, fait l'émouvante réponse qui suit :

Le colonel Bertin me prête un propos qui est contraire à mes sentiments et à tout ce que j'ai écrit depuis .

C'est une iniquité qu'on a commise à mon égard depuis cinq ans et que je n'ai pas besoin de relever autrement.

Vous avez en votre possession, mon colonel, tout ce que j'ai écrit pendant ces cinq ans, tout ce que j'ai écrit aux chefs de l'armée, dans lesquels j'ai une confiance absolue, parce que je comprends l'honneur de l'armée et que je le comprends aussi vivement qu'eux, car je le comprends dans la loyauté et dans la recherche de la justice et de la vérité.

Oui ! j'aime l'armée, la France et la patrie ! Vous n'avez qu'à voir ce que j'ai jeté sur le papier dans mes nuits de fièvre et de douleur à l'île du Diable. (Sensation,)

Vous avez certainement des monceaux de papier contenant tout ce que j'ai écrit dans mes nuits de fièvre et de douleur, c'est-à-dire des lettres que je reconnais pour miennes, et non les propos que tout le monde ici me prête avec une passion inexcusable.

Interrogé par M® Démange, M. le colonel Bertîn ne se rappelle pas avoir tenu ce propos : <( On nous avait imposé ce juif à TEtat-Major. Il fallait bien s'en débarrasser ». En revanche, il reconnaît avoir dit que M® Démange était l'avocat de l'ambassade d'Allemagne parce qu'il avait été commis d'office dans deux affaires d'espionnage. M® Démange est obligé de confesser que la chose est à son honneur, et que si « le gouvernement français » l'a commis d'office, c'est parce qu'on avait confiance dans sa discrétion. Alors M. Bertîn cherche a se rattraper en disant qu'à son avis M° Démange a mal défendu Dreyfus. « Comment pouvez-vous le savoir, réplique l'éminent avocat, puisque j'ai plaidé à huis clos? »

On a ri.

Le lieutenant-colonel Jeannel dit avoir prêté pour quarante-huit heures un Manuel de tir à Dreyfus. Dreyfus répond que le colonel Jeannel fait une confusion. Il lui a demandé, pour un travail qu'il faisait, le Manuel de tir de l'artillerie allemande. Il dit où l'on

{>ouvait retrouver ce travail ^ et le président Jouaust ui fait cette itivrftiêemblttble réponse t « NOQS n*ftTOtis

pas lé temps dé faire une reehâfehe^ t.

Quelle justice est cela, monsieur le président du Conseil de guerre ?

Le commandant Boullenger dépose que Dreyfus lui a souvent posé des questions indiscrètes. Dreyfus lui répond que le témoin était tout neuf dans le bureau et que par devoir de camaraderie il s'était mis a sa disposition pour le mettre au courant.

Le commandant Maistre, témoin de 1894, comme le précédent, n'avait pas une bonne opinion de Dreyfus, mais ne précise aucun fait. Il apporte seulement une lettre du capitaine Lemonnier qui déclare que Dreyfus, en 1894, lui aurait afGrmé avoir suivi à cheval des manœuvres allemandes auprès de Mulhouse. Il fait appel à ce propos au souvenir du commandant Maistre.

A ce sujet, réplique le commandant Maistre, je me rappelle parfaitement la conversation au sujet du projet prêté au général de Négrier d'une invasion rapide dans la Haute- Alsace en cas de guerre.

Je me rappelle fart bien que le capitaine Dreyfus disait connaître une position que les Allemands, sans doute, exploiteraient pour s'opposer à une tentative de cette nature.

Quant au fait particulier cité par le capitaine Lemonnier, savoir que le capitaine Dreyfus aurait assisté à cheval à ces

manœuvres^ ma mémoire ne me permet pas de l'affirmer.

celle

et que la réponse péremi

âBftidté tiux mana3Uvi*es allemandes sera faite quand on entendra le témoin de M. Quesnay de Bâurepaire*

16 INJUSTIGB MILITAIRB

Comme on le voit. la défense continue de faire face victorieusement sur tous les points. Encore Mercier, Rogety Cuignet et autres accusateurs ne sont-ils pas au bout de leur peine.

23 Août 1899.

Amoi,6onse. Deux mots!

Le colonel Schneider écrit au Figaro pour préciser son démenti. Il continue d'arguer de faux le prétendu document dont Mercier lui-même, d'ailleurs, ne garantit plus que la traduction. Seulement, il ajoute ceci :

Le 30 noi^embre 1897, mon opinion était absolument con" traire à celle qui se trouve exprimée dans la pièce en queS" tion.

L'apposition de la date susdite et de ma signature au texte que Ton m*attribue constitue un faux.

Ce faux subsisterait même dans le cas où, ce dont je ne puis juger sans Tavoir sous les yeux, le texte lui-même émanerait de moi à une autre date.

Ainsi, a la date du 30 novemibre 1897, le colonel Schneider tenait Dreyfus pour innocent. Il n'a donc pas pu écrire qu'il le croyait coupable. Antérieurement, il aurait pu affirmer la culpabilité du condamné : il l'a fait peut-être, comme d'autres Tout fait, comme j'ai fait mot-même, admettant de confiance le bien j[ugé du Conseil de guerre. Mais dès le 30 novembre

1897, le colonel Schneider avait des éléments d'appréciation qui lui faisaient croire a l'innocence de Dreyfus. Dès lors, il faut demander au général Mercier pourquoi l'opinion du' colonel Schneider, significative, selon lui, pour la culpabilité, serait moins probante pour l'innocence. D'ailleurs, la démonstration du faux est dès à présent suffisante, puisque les faussaires reconnaissent que la date du 30 novembre 1897, primitivement donnée par eux, est fausse, indiquant seulement la date de l'entrée de la pièce au ministère. Comme le dit très bien le colonel Schneider, l'apposition de la date et de la signature (avec l'en-tête : Rapport adressé...) suffiraient à constituer le faux même si le texte était reconnu pour vrai, tout en remontant à une date antérieure. En ce cas il serait simplement établi que le colonel Schneider a cru comme tout le monde à la culpabilité de Dreyfus, jus-

3u'au jour où la découverte des mensonges et des faux étermina dans toute conscience droite la conviction d'une erreur judiciaire.

Le Conseil de guerre n'ayant rien voulu savoir de l'enquête de* la Cour de cassation ni du programme judiciaire où l'enferme la loi, il en résulte que toutes les anciennes démonstrations sont à refaire. Et comme à côté de celles-là, il surgit chaque jour quelques accusations nouvelles, ayant toutes pour trait commun de reposer sur les nuées, et comme les témoins sont admis, dans la jurisprudence de M. Jouaust, à prononcer des réquisitoires, il parait impossible de dire quand nous aurons lassé l'imagination des accusateurs.

Hier un capitaine accusait Dreyfus d'avoir demandé des informations complémentaires sur certains travaux, en alléguant qu'il avait reçu cette mission d'un colonel qui était nommé. Quel crime ! Il a fallu l'intervention du colonel pour reconnaître que Dreyfus

18 INJUSTICE MILITAIBE

avait dit la vérité. Dans ce système, il n'y a pas un officier d'Etat-Major qui ne puisse être accusé demain do trahison.

Aujourd'hui V Intransigeant retrouve le récit d'un chimiste du Mans, M. Thézard, qui dans le journal La Sarthe déclarait, en 1894. qu'il avait vu Dreyfus, à V Ecole militaire, montrer le tir de nos pièces à trois Allemands, en se faisant aider par deux artilleurs. M. Jouaust, qui n'a pas le temps de faire rechercher au ministère les pièces réclamées par Dreyfus à l'appui de ses affirmations, va, je pense bien, faire une enquête sur ce haut fait d'espionnage. En 1894, on n'a pas tenu compte de cette dénonciation. Mais nous sommes en progrès, et Labori fera bien, pour ne rien laisser dans l'ombre, de faire citer le chimiste Thézard.

Quand on en est à invoquer de telles preuves, quand, après avoir produit contre Dreyfus une quinzaine de faux et un nombre incalculable de mensonges, l'Etat- Major en est au point de mettre son dernier espoir en la folie de Bertillon (Zurlinden qui déclara que l'écriture du bordereau était « rapide et courante », jure maintenant qu'elle est lente et truquée) ; quand les témoins les plus ardents contre Dreyfus en viennent à dire que M° Démange est l'avocat de l'Allemagne parce que le gouvernement français, ayant confiance en lui, le désigne pour plaider des affaires d'espionnage; quand l'assassinat se met de la partie et que les juges refusent d'interrompre les audiences devant une défense mutilée; quand le président subit tout des accusateurs et refuse de faire rechercher les pièces à décharge, après avoir systématiquement bousculé les témoins favorables à Tinnocence, que prévoir sinon le contre-sens de toute raison ? M. Cornély dit ce matin qu'il compte sur l'acquittement comme il attend qu'un homme qui se jette par la fenêtre tombe sur le pavé au lieu de remonter sur le toit. Mon sentiment est le même. Pourtant, comment ne pas reconnaître que depuis deux ans toutes les lois du monde

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semblent renversées? La pesanteur subsiste assurément et tous les corps lancés en l'air retombent bien 8ur le sol, mais des docteurs patentés jurent qu'ils s'élancent dans l'espace. Nous vivons dnns cet accès de folie. Il ne s'agit plus que de savoir quand nous serons au bout. C'est uniquement là-dessus, en fait^ que vont se prononcer les juges de Rennes.

Je ne me lasserai pas de répéter qu'il n'y a pas d'autre moyen d*en finir que de pousser tout à fond, et de ne pas reculer devant des démonstrations superflues pour tous autres que les faibles d'intelligence. Voici, par exemple, la dernière démonstration de l'existence du syndicat par les généraux de Valentin Simond :

Il est une question importante qui n'a pas encore été examinée par le Conseil de guerre. Nous voulons parler delà participation financière de l'étranger à la campagne dreyfusiste. Une seule allusion a été formulée par M . Hanotaux, M, de Freycinet est en mesure d'affirmer que trente-cinq millions ont été envoyés en France, de pays voisins, pour entretenir Tagitation en faveur de Dreyfus.

Cette déclaration est trop graine pour ne pas retenir l'attention des Juges de Rennes, Que ceux-ci dirigent leurs investigations dans cette voie, ils apprendront des choses intéressantes.

Ils pourront savoir que ce chiffre de trente-cinq millions est fort au-dessous delà réalité.

Il s'agit d'un point délicat qui a toujours été contesté dans le parti révisionniste, lequel a réprouvé publiquement des concours aussi louches.

Pourquoi ne pas faire la preuve éclatante que le dreyfu" sisme déguise une abominable tentative contre la France ? La subvention de l'argent étranger n'a pas d'autres causes. Quant à cette participation y elle est avérée.

Au ministère des Affaires étrangères, on a reçu des rap'* ports édifiants à ce sujet. Qu'on vienne donc nier que dans tes contrées judéos-laves on n'a pas sollicité, tapé même

20 isjr.njicE miutaibe

\t'H UMiîiuiHfH /fij'ori n'a pas d/;ploy/;ijne propagande eff réri/'«r»;ill;irit jijHqii âfrappor une rri^*fjaillcavf:c,â laverSjDre}-- (iiH rnarlyr, «:t, au r'; vers, Zola et Lahori en profîls jugulés.

IJfi ••.p/'''imen de eette médaille a été envoyé au quai d'Or- »ay, d'une eonlrée de l'Kurope orientale, par notre agent dipioni/itiqiie. (îe document existe encore.

l'ounpioi ne paH interroger d'abord M. de Freycinet, puiM M. Ni^ard, aneien directeur des aflaires politiques au niiniMt'Te, et M. Maindre, le titulaire actuel de ces hautes fonclionH ?

Il est irn|)OHHil)le que le procès de Rennes se déroule juNf|ir/i la fin sans que la lumière ait été faite sur ce point.

Jr crois (|iin, vu la mentalité des juges de Rennes, il lin Hiiriil. pas (In renoiisser du pied ces imbéciles urniHationH veinu^s il i/icho de Paris de rinspiration dns f'atiHHnirnH.

Ilaiiolaiix a iiiil allusion au syndical ? Je l'ignorais, ri jn ii'rn ai nas trouvé trace dans sa déposition. i}\\ importo ? Il faut «[uo (jabori le pousse là-dessus. l«'rt\vriiiol « vst vn mesure iV affirmer » qu'il y a un NYndirat anglo-allemand do (k) millions ? Il est déjà v\U\ N(Uis aurons plaisir à Tentondro. Valcntin Simonti alloguo «iiio lo ohiiTro do 35 millions est fort aii-dosHoiiM do lu réalilo ? Qu'on le mande et qu'il Moit soinmo do s*oxpliquor. Il a besoin du témoignage do rumbassadour aupros du pape? Que Xisard accoure ot (pril anit'^no lo papo avoc lui si c'est nécessaire. (^>uo w lo» rapports » connus do Valcntin Simond HoionI livros au public, ot qu'on sache comment une niodaillo Irappôo, jo no sais où, prouve aue les dôfensouPH do Mrovfus sont vendus. Il faut cola, non pour prouxor la mauvaise foi Je nos onnomis — cela n'est

Idus nooossaîro — mais pour montrer à nombre do >rrtvo» gous lout 00 que l ho^n<^tetô dôpour\aie decrilîquo peut oom porter Je folio.

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