LE PAPE DEMANDE LA SUSPENSION D'ARMES
Cours catholiques, lorsque le Saint-Siè^e avait accepté, sur les instances de l'empereur, d'être médiateur de la paix.
Innocent tenta d'abord de mettre fin aux horreurs de la guerre. Il chargea ses nonces à Vienne, à Paris et à Madrid de demander une suspension d'armes, mais il n'en reçut que des réponses négatives (1).
Enfin, le 12 décembre, le cardinal secrétaire d'Etat, Cybo, informait Bonvisi que Bevilacqua (2), patriarche titulaire d'Alexandrie, avait été nommé nonce extraordinaire au Congrès de la paix, qu'il devait partir pour Cologne et de là se rendre à Nimègue. Par une autre dépêche du même
(1) Le 6 octobre 1676, Bevilacqua écrit de Vienne à Varese, à Paris, que dans la nuit est arrivé le courrier de la Secrétairerie d'Etat portant à lui-même aussi bien qu'au nonce ordinaire, Bonvisi, l'annonce de l'élection du cardinal Odescalchi et l'ordre pour tous les deux de demander la suspension d'armes, mais que déjà le Saint-Siège avait dû s'apercevoir que cette Cour n'était pas disposée à y adhérer.
De Paris, par contre, l'abbé Siri écrit à son maître, le 30: « Mardi, le nonce a été à l'audience du roi pour le prier, au nom du pape^ que pour le bien de la Chrétienté il eût à consentir à une suspension d'armes en vue de la paix. S. M. lui dit qu'elle ferait une réponse très courte, faite deux fois déjà sous l'autre Pontificat, c'est-à-dire qu'elle y était très disposée, mais que cela ne dépendait pas d'elle seule. L'ambassadeur de Venise, continue l'abbé Siri, se prépare à faire la même démarche, et je tiens du nonce que son collègue de Vienne lui écrit qu'il a reçu de l'empereur une réponse négative, claire et nette, nullement même colorée d'allusions à ses alliés. Le l'Espagne on prévoit une réponse identique».
(2) Le 12 décembre, Cybo, faisant part à Mellini de la médiation de Bevilacqua à Nimègue, lui écrit : « que ce prélat est né dans les Etats de l'Eglise; par conséquent, il peut avoir la confiance de tous; il a été à Vienne comme nonce extraordinaire pour la paix, et il est au courant de tout ».
oiir, il charge Bonvisi de prier l'empereur d'user de son influence pour que les Etats de Hollande (1) désignent à Nimègue une église où le nonce médiateur puisse dire la messe publiquement et être traité avec tout le respect dû à sa dignité et au Siège Apostolique. « Les puissances catholiques, écrivait le cardinal, doivent être reconnaissautes à S. S. de la promptitude avec laquelle elle s'est unie à elles pour assurer la conclusion de la paix». Et le 15, par des brefs à l'empereur, aux rois d'Espagne et de France, le pape annonçait la nomination de Bevilacqua.
Bevilacqua prolongea son séjour à Vienne jusqu'au mois de février. Il y avait à régler la question du passeport et 11 fallait, principalement, obtenir l'agrément de tous à la médiation du pape que les Anglais semblaient voir avec hostilité.
Le 10 janvier 1677, il envoya à ybo deux dépêches. Dans la première il écrit:
Questo Sig.'' Ambasciatore Cattolico in continuazione délia religiosa stima c'hà sempre manifestata à mmistri délia Sede Apostolica, e dell'humaiiissinia propensione, con cui hà di continiio favorita la mia particolare osservanza, mi hà fatto l'honore di parteciparmi : Ch'essendo stata presentata in Nimega la sua, plenipotenza, nella quale, corne ben conviene ; è nominata in primo luogo per mediatore la S.*^ di N. S.'®, là dove in quella di Francia la prima nomina si trova conceduta al Rè Brittanico, conforme dalle congiunte copie dell'una, e dell'altra vedrà V. E., vi hanno gl'ambasciatori de potentat! eretici (crede S. Ecc^»- per molti riscontri havuti ad instigazione degl' Inglesi) (2) fatta op-
(1) Le 21 janvier 1677, Bevilacqua annonce à V^arese que « l'empereur s'est montré favorable à ce que ses plénipotentiaires au Congrès eussent à protéger les intérêts des catholiques en Hollande, mais que S. M. veut que tout cela reste secret, afin que les Hollandais ne se montrent pas mal disposés envers le pape... ».
(2) Malgré cela, le 26 décembre 1676, l'abbé Tanari, iu ternonce à Bruxelles, avait écrit à Cybo, que le résident anglais,