‹ Innocent XIChapitre 115 sur 290 · LA HOLLANDE VEUT LA PAIX · texte numérisé non relu

LA HOLLANDE VEUT LA PAIX

Toutefois, le 7, Bonvisi écrit de Vienne à Cybo que les ditficultés semblent s'aplanir; que, dans le préambule proposé par les Français, on parle seulement des Anglais comme médiateurs, laissant la porte ouverte aux autres pour en nommer. « Ici, on voulait que N. S. y fût désig-né, ou qu'on y mît le nom de toutes les puissances par égard pour S. 8. Et, pour satisfaire les Anglais, on aurait voulu faire mention des bons offices de l'Angleterre, mais on s'y est refusé

au siège de Maestricht, et la retraite des coalisés près de Namur ont donné des soupçons que ce prince n'est point satisfait de Villaermosa, car, ces jours-ci, ayant été prié de désigner quatre légiments hollandais pour défendre les places espagnoles, il s'est excusé en apportant des raisons bien faibles. Selon lui, les Etats des Provinces Unies, fatigués des dépenses, crient contre l'Espagne^ qui n'agit pas assez avec vigueur et ne paye pas les subsides promis et dus à la Hollande pour les armées de mer, qu'elle envoya dans la Méditerranée et dans la Baltique. M. de Liva, envoyé catholique à La Haye, s'y était pourtant obligé personnellement : aussi a-t-il dû quitter sa résidence et se réfugier à Bruxelles pour échapper à quelque mauvaise rencontre; et, pour arriver à encaisser cet argent, le prince d'Orange obtint des Etats généraux que, jusqu'à l'extinction de la dette, on usât de représailles dans les ports de la Hollande sur des marchandises appartenant à des sujets espagnols; jusqu'à présent, cette délibération n'a pas été mise à exécution, parce que le duc gouverneur a promis de solder avec une somme d'argent qui viendrait dans le courant de la semaine. Et, le 8 mai, il écrit de nouveau : « Ces ministres manifestent de plus en plus leur grand désir de conclure la paix; l'assistance prêtée par l'Espagne à la guerre diminue de jour en jour; l'argent manque, le pays est dévasté et, en partie, occupé par les armées françaises. Ayant loué des troupes de Manster et Osnabruck et peut-être de Zell, on est arrivé à avoir durant l'été une armée considérable; mais, si ces soldats ne sont pas payés ponctuellement, on craint qu'ils ne retournent chez eux. Toute la campagne dépend de la volonté du prince d'Orange. >v

ne trouvant pas juste que N. S. vienne après les Anglais. Il y a aussi des difficultés pour le passeport à Bevilacqua. La Hollande refuse de le lui délivrer, afin de ne pas y faire mention du pape, mais elle assure qu'elle est prête à lui donner plutôt des soldats pour escorte, à lui rendre tous les honneurs ; et qu'il peut s'habiller comme il veut ». Et, dans une lettre du 2], il ajoute: «Quant aux autres médiateurs, si à cœur à N. S., il y a peu à espérer; d'abord les Portugais ne sont pas agréés par beaucoup de protestants, puis la médiation des Vénitiens ne progresse pas, et, en faisant espérer des réponses sans en donner, il semble qu'à Venise on veuille laisser mourir cette affaire peu à peu (1). On voit chaque jour davantage combien serait nécessaire la médiation de S. S., à cause des défiances qu'inspirent les Anglais: et les hérétiques eux-mêmes le comprennent. La Hollande et le Brandebourg aussi tournent leurs regards vers Bevilacqua. »

Durant le reste de l'année, le Congrès ne sembla guère faire de progrès. Déjà avant son arrivée, Bevilacqua, le 8 mai, de Coloijne, informait le nonce à Paris, qu'on lui écrivait de Nimègue que l'on ne s'occupait guère des travaux du Congrès.

Saint-Di<lier, dans ses mémoires sur le traité de Nimègue, écrit en effet, que l'on se réunissait surtout chez les ambassadeurs de France, de Suè<le et de Danemark, pour le jeu, le bal et les dîners. Mais cet historien omet de parler du travail souterain, de la médisance qui était comme l'écho de la guerre sourde que le marquis del Carpio faisait au pape à Rome, où il représentait l'Espagne (2).

(1) Voir sur cette question le Chapitre X.

('2) Le 18 septembre 1677, Bevilacqua informe Varese que les ambassadeurs d'Espagne sont venus lui faire visite et lui dire que le marquis de! Carpio avait été invité par plusieurs bil-

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