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NÉGOCIATIONS À LONDRES

On peut dire que Londres, plutôt que Nimègue, durant €es derniers mois, fut le centre des négociations ou, pour mieux dire, le foyer des intrigues politiques. La solution des grandes questions qui s'agitaient entre les puissances semblait dépendre de la lutte qui existait entre le Parlement ^t le roi d'Angleterre. Le Parlement accusait le roi d'être trop favorable à la France et voulait presque le pousser à lui déclarer la guerre. Ce fut le prince d'Orange qui finit par devenir le facteur principal. Les Hollandais fatigués de la guerre, étaient jaloux de l'autorité croissante du prince; <3elui-ci s'accorda avec le roi d'Angleterre, et on décida son mariage avec la nièce du roi, fille du duc d'York, qui avait épousé la fille du comte de Clarendon. A la suite de cette union la situation s'éclaira, surtout parce que le roi Louis reprit la campagne avec plus de vigueur. Dès lors, les négociations reprirent leur cours à Nimègue.

Le 5 juin, Tanari informe Cybo que le duc de Villahermosa, gouverneur de Flandre, vient d'envoyer Borgomainero

lets de l'ambassadeur de France, à traiter de la paix à Rome sous la médiation directe du pape, mais que S. M. catholique avait répondu qu'elle ne voulait pas traiter en dehors des autres puissances et qu'à Nimègue il y avait le nonce. « Les Espagnols, ajoute-t-il, ont rapporté le fait à d'autres, peut-être, pour se donner du mérite, mais je leur ai répondu que j'ignorais absolument tout ». Et, le 15 octobre, il lui ajoute, « l'ambassadeur d'Espagne, ayant répété les mêmes propos à Rome, le pape ordonna au Secrétaire d'Etat de m'écrire pour tout démentir. Toutefois, conclut-il, cela a produit de l'impression sur les Anglais et sur les autres ministres. » A son tour, le 5 décembre, Bonvisi avertit Cybo, que « S. M. impériale a trouvé étrange la nouvelle de Mgr Bevilacqua qu'à Nimègue l'ambassadeur d^Espagne à Rome et le vice-roi de Naples auraient fait courir le bruit qu'on ne voulait plus de la médiation du pape, et que l'empereur assurait qu'on n'en tenait aucun compte ».

à Londres pour traiter de la paix. « La Couronne d'Espagne la désire vivement. On craint des troubles à Madrid ». Et, ie 12, il écrivait qu'on est fort mécontent de l'Angleterre, qui, pour ainsi dire, se retire devant la France. Et, le 15 juillet, il lui écrit encore que les coalisés n'espèrent plus que l'Angleterre se décide à déclarer la guerre à la France, mais que, par contre, on a une grande confiance dans l'armée, (]ui paraît assez forte : 30,000 Hollandais, 9000 Munstériens, 5000 d'Osnabruck, 4000 de Zell avec presque autant de cavaliers espagnols, sans compter de nombreuses troupes de réserve.

La question des passeports à donner aux plénipotentiaires qui se rendaient au Congrès était aussi confiée au pape médiateur. Outre l'affaire du passeport pour son nonce, il dut faire des démarches auprès de l'empereur, pour qu'il en donnât un à révêque de Marseille et un autre au marquis de Vitry sur la requête du roi de France, et, de même, auprès de ce dernier afin d'en obtenir un pour le comte d'Harrach, ambassadeur à Madrid, que l'empereur avait désigné comme un de ses plénipotentiaires à Nimègue. Voici comment ces affaires aboutirent.

Le 18 avril, Bonvisi informe Cyl)o que l'ambassadeur de Venise a demandé un passeport pour Mgr de Fourbin Janson, évêque de Marseille^ en mission en Pologne, et que l'empereur le lui a refusé, parce que le roi de France avait refusé celui qui lui avait été demandé pour le comte d'Harrach ; or il est arrivé, écrit le nonce, qu'à la frontière dn Pologne l'officier arrêta un prêtre^ croyant que c'était révêque, tandis que ce n'était que Coricinsky, camérier secret du pape, qui rentrait à Rome, après avoir porté l'estoc à feu le roi Michel. Le 3 mai, il annonce à Cybo qu'ayant parlé à S. M. du passeport pour l'évêque de Marseille, l'empereur a déclaré qu'il ne le donnera que si auparavant le roi très chrétien en accorde un au comte d'Harrach, estimant

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