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DIFFICULTÉS ENTRE LA FRANCE ET L'ESPAGNE

il est résulté que l'affaire de Is,' compensazione avait été traitée sous l'inspiration des ministres calvinistes hollandais venus avec le prince.

Le 18, Cybo lui répond que, tout en se réservant de lui communiquer les idées de N. S. au sujet des négociations auxquelles il est prié de prendre part, il lui rappelle que la règle est qu'il n'ait pas à s'ingérer dans les affaires des hérétiques, et que pour cela mérite d'être bien mûrie la forme proposée par V. S. Ill.me dans les derniers chiffres, alors que les négociations pour la paix semblent venir à une conclusion, et que l'on va s'occuper des intérêts des hérétiques (1).

Le 24, il annonce que Beverning, avant de partir pour la Haye, a eu des conférences avec les Espagnols et leur a dit que toute la difficulté pour la paix était la Bourgogne, et ils répondirent qu'ils n'avaient pas d'autre pouvoir, mais que si on faisait des propositions pour une compensation^ il les transmettraient à Madrid ; que la France, en outre des places prises en Flandre, devait aussi restituer celles que pour la paix des Pyrénées elle avait données au Luxembourg et qui, avec le voisinage de la Lorraine, assuraient ce duché et en même temps protégaient les frontières des Pays Bas. Ils demandaient aussi la rétrocession d'une des deux places, Lille ou Douai. Beverning leur demanda s'ils consentiraient à une suspension d'armes, et ils répondirent affirmativement . . . « Mais après le départ de Beverning, écrit-il, arriva la nouvelle d'Angleterre, qu'on refusait le projet fait à Nimègue,

(1) Et, le 19, Bonvisi informe Cybo qu'il a parlé à S. M. selon la dépêche du cardinal da 27 novembre, et que l'empereur lui avait répondu que s'il avait conclu une ligue avec les hérétiques, c'était pour sa défense, tandis que le roi Louis s'était allié avec eux pour l'offensive: qu'à présent encore il s'allie avec les rebelles Hongrois, au grand avantao^e des Turcs.

et on dit que, pour le 25 janvier, doit se réunir le Parlement par un avis du roi de vouloir déclarer la guerre contre qui ne veut pas faire la paix; par conséquent: ou paix générale ou guerre générale. Et Bevilacqua demande des instructions, car, s'il y a la guerre, les protestants resteront sans médiateurs et les Français quitteront Nimègue n'ayant plus l'Angleterre. Et que Gurgh lui parla de nouveau de la coadjutorerie de Cologne ».

Mais Cybo, le 25, répète au nonce que se réservant de lui envoyer des instructions générales au sujet des conférences, « Y. S. Ill.me, en attendant, doit se tenir loin de s'en occuper, s'excusant avec de bonnes manières, pour ne pas irriter les hérétiques, et pour leur faire comprendre que ce qui semblerait haine contre eux, n'est réellement que le désir de leur conversion et aussi la sauvegarde pour nous ».

Le même jour, Bevilacqua mande que la réserve de l'Angleterre de tout remetti'e à l'ouverture du Parlement, tient les négociations en suspens. Et la France hésite à accepter les propositions Britaniques dans la crainte qu'on dise qu'elle a peur de la guerre ; d'autre part les coalisés attendent, parce qu'ils espèrent dans l'alliance anglaise. Et, le nonce ajoute que les Espagnols craignent aussi la dissolution du Congrès, et le poussent à en écrire à N. S. pour qu'il cherche à obtenir que tous restent à Nimègue.

Et le 31, il répète qu'on vit dans l'incertitude, et annonce que: « L'envoyé de Savoie a été retenu ici par d'Estrades sans qu'on en put connaître le motif; on suppose que si la France est obligée d'accepter la paix proposée par l'Angleterre, les Français voudraient avoir auprès d'eux un ministre de la Savoie pour mettre en avant le différend de cette maison avec celle de Mantoue, ou que, la guerre se faisant et la Savoie y prenant part, la duchesse puisse avoir ici quelque personne en y envoyant même un ministre de caractère plus élevé. Et, il ajoute qu'il a fait part à l'ami à

CYBO RECOMMANDE HOCHER À EONVISI 313

Londres de ce que S. Em. lai a écriî; à sou sujet; et qu'il l'a fait jouir de la libéralité de S. B. comme de chose venant de sa part. »

Du 1^*^ janvier au 31 décembre 1678.

Le P'^ janvier 1678, Cybo répondait à Bonvisi: « S. S. a été très affectée en apprenant que la discorde règne entre les ministres de cette Cour, car elle ne peut qu'accroître les soucis de S. M. Ces. La nécessité de conclure la paix est d'autant plus évidente, et Y. S. Ill.me doit veiller à ce que l'empereur use de son autorité pour étouffer ces divisions et s'efforcer à conseiller des remèdes. N. S., conclut le cardinal, recommande beaucoup à Y. S. le chancelier Hocher, car il sait que c'est un ministre pieux, plein de droiture et bien disposé pour les intérêts de Rome et du Saint-Siège. Il importe que ces discordes ne soient pas préjudiciables à ce ministre auprès de César, et Y. S. doit l'appuyer en toute occasion auprès de l'empereur» (1).

(1) Et, le 23, Bonvisi lui fait savoir de quelle manière il a rempli ses instructions. « Le chancelier s'est montré, d'abord, très content de savoir que N. S. m'a ordonné de lui venir en aide. Il m'avoua qu'il était bien découragé, qu'il désirait se retirer, mais qu'il n'avait pas obtenu le consentement de l'empereur, qui lui avait dit, qu'il savait très bien qu'il y avait des gens contraires à ceux qui le servent loyalement. Je lui ai répondu qu'il ne devait pas s'opposer tout seul au courant et qu'il devait choisir quelques conseillers loyaux^ les charger des affaires spéciales concernant le service de S. M., et ensuite soutenir avec eux des propositions dans le Conseil, par ce qu'autrement il sera toujours facile à ses adversaires d'objecter qu'un seul peut facilement se tromper. Hocher s'est déclaré reconnaissant du conseil, mais je doute fort qu'il le mette en pratique, car il tient beaucoup au pouvoir et, malgré toutes les attaques, il espère s'y maintenir, bien que de graves indispositions l'obligent à garder le lit. Il ne me demande pourtant pas de parler officiellement à l'empereur, mais seulement de dire du bien de lui quand l'occasion s'en présentera.

Bevilacqua manda à Cybo le 7 :

Scrive d'Inghilterra l'Amico non essere affatto perdute le speranze di pace, poichè comparso cola un corriero all'ambasciatore di Francia, haveva questo avnte più conferenze col Rè, e con Jorch, e poi si era rispedito il corriero a Parigi. Che le sue negotiationi in sostanza havevano havuto per fine prima di giustificare il Rè di Francia se non haveva accettato il progetto portatogli da Duras, e poi di dolersi, che quella Corte havesse mancato agl'impegni presi colla Francia; haver promesso di non fare il matrimonio con Oranges prima délia pace; di non convocare il Parlamento che ad aprile ; di procurare la pace à conditioni ade-

II a laissé entendre qu'il désirait la paix^, parce que le président de la Chambre refuse de donner de l'argent et que le prince Montecuccoli, peut-être par esprit de rivalité envers le duc de Lorraine, ne prend aucune mesure militaire et semble ne pas comprendre qu'en en prenant actuellement, ce serait d'un grand avantage pour la Maison d'Autriche. Il n'a que très peu de confiance dans le roi d'Angleterre, qui est attaché à la France, et l'on ne peut trouver bons ses projets, qu'il a tenus cachés aux coalisés mais qu'il a fait connaître aux Français. Ce roi proposait de laisser aux Français ce qu'ils ont conquis sur les Espagnols, mais de leur restituer, outre la Sicile, Charleroi et peut-être Tournai ; et Maëstricht serait aussi cédée par les Hollandais, après qu'on la leur aurait restituée. Ces conditions étaient acceptables pour les Espagnols, mais non pour l'empire, attendu qu'avec la Bourgogne on perdait Besançon, ville impériale, et on mettait dans une plus grande dépendance l'empereur et la Lorraine. Ces projets comportaient encore l'obligation pour les coalisés d'une forte restitution aux Suédois, ce qui est impossible. Il y avait, par conséquent, très peu à espérer des traités et il est à craindre qu'on ait appelé le Palatin pour le gagner aux intérêts du roi de France. Hocher semblait croire que les Espagnols comptaient donner en mariage à leur roi la princesse fille du Palatin, et il estimait que cette alliance serait utile aux Espagnols sans porter préjudice aux intérêts de l'empereur, pourvu que S. M. Ces. abandonnât sans retard son engagement avec le roi d'Espagne, en

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