‹ Innocent XIChapitre 130 sur 290 · MGR. BONVISI CONSEILLE LA PAIX À L'EMPEREUR · texte numérisé non relu

MGR. BONVISI CONSEILLE LA PAIX À L'EMPEREUR

fie céder à la France, outre Cambray et les places de l'Artois, la Bourgogne, et d'élargir les territoires espagnols en Flandre à l'effet d'établir une ligne de démarcation entre eux et la France par de bonnes frontières et diminuer les occasions ■de guerre entre l'Espagne et la Hollande; qu'on attendait un envoyé de Madrid ; il n'est pas venu.

Le 5 décembre, Bonvisi écrit à Cybo, qu'en remettant à l'empereur le bref qui l'exhortait à la paix(l) il lui fit observer qu'il n'avait plus à craindre d'être taxé de faiblesse s'il cherchait à traiter de la conclusion de la paix, car on verra qu'il s'occupe de la Hongrie. Combien de places, lui a-t-il dit, le roi de France n'a-t-il pas restituées aux Hollandais, et l'on n'a pourtant pas trouvé qu'il fut faible, parce qu'il s'agissait de pays éloignés, tandis qu'il a gardé la Bourgogne et les places de Flandre qui sont limitrophes; que S. M. lui répondit qu'elle prendrait en considération le contenu du bref et ferait une réponse positive. Elle fit remarquer, toutefois, qu'à Nimègue on n'avançait pas, que les m.édiateursne proposaient rien d'acceptable, que, par conséquent, il fallait attendre les propositions que feraient les Anglais au retour du prince d'Orange; et que, si on les trouvait

(1) Le 31 octobre, Bonvisi avit envoyé à Cybo la liste des officiers au service de S. M. Ces. Il note « que le nombre des sujets de S. S. n'est pas fort. Le comte Caprara^ l'un des généraux de cavalerie, le comte Massimi, colonel d'infanterie, le comte Negrelli lieutenant colonel du régiment du prince Pio, qui actuellement est commandé par le comte d'Arco, général d'artillerie, -ensuite le marquis Obizzi, qui était sergent major du régiment du marquis de Grrana, mais qui, ayant été mortellement blessé alors qu'on enleva le prince Gruillaume de Fûrstenberg, résigna sa charge moyennant une pension de 800 thalers et la promesse d'un régiment. Le comte Caprara est le meilleur officier de cavalerie de toute l'armée, et, en outre de sa bonne conduite, il est très brave de sa personne; il fera carrière... >^.

tolérables, on les accepterait pour complaire à S. S. L'empereur ajouta, avec beaucoup de franchise, écrit le nonce : « N. S. me connaît et sait avec quelle répugnance je fais la guerre à la France, et que ce sont les nécessités de l'empire, de l'Espagne et de la Lorraine qui m'y ont poussé; je tournerai mes armes bien plus volontiers contre l'ennemi commun, mais il faut que S. S. obtienne que les Français abandonnent de leurs prétentions exagérées d'opprimer partout mes alliés, car je ne pourrais entreprendre la guerre, si la France était engagée contre eux et, en particulier, en Italie ». Le nonce ajoute qu'il n'a pas cru nécessaire de remettre les brefs aux deux impératrices, car elles ne s'occupent pas de politique.

«S. M. Ces, écrit encore Bonvisi à Cybo le 12, est très occupée à étouffer tous les désordres publics. Il y a une grande discorde dans le Conseil par suite de la perte de Fri bourg, que plusieurs attribuent à Hocher, pour y avoir envoyé desministres incapables et peu fidèles. Toutefois l'empereur l'excuse; et Hocher s'est élevé fortement contre le président de la Chambre (le trésorier), Montecuccoli, Schwarzemberg et Chineseg, et ceux-ci contre lui. Je vois, ajoute le nonce, qu'il est nécessaire de conclure la paix, car avec ces discordes on ne pourra jamais faire de bons préparatifs pour la guerre * (!).

Le 17, Bevilacqua informe que, tandis qu'on attendait beaucoup de choses de l'arrivée d'Orange en Angleterre, il ne parait pas qu'il y déploie beaucoup d'activité ; du reste

(1) Un avviso de cette époque rapporte qu'il apparaît tous les jours davantage que la perte de Fribourg est due à la trahison de ceux qui y commandaient^ chefs et magistrats, car ils rendirent la ville avant qu'elle fût cernée, et la citadelle ne tira pas un seul C3up de canon. On assure que l'on va faire un procès.

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