‹ Innocent XIChapitre 15 sur 290 · LES CAPITULATIONS DU CONCLAVE · texte numérisé non relu

LES CAPITULATIONS DU CONCLAVE

rope, sans me prévaloir des conjonctures favorables et de la puisj!;ance que dieu m'a mise en main, s'étonneront plutôt que j'aye souffert tant d'jnjures et de mauvais traitemens. de la Cour de Rome, et que j'aie laissé en même temps agrandir l'Empereur contre toutes les règles d'une bonne Politique, que de la juste protection que je suis résolu de donnera des Princes et à un Chapitre que le Pape et l'empereur veulent dépouiller de leurs possessions et de leurs droits, contre toute justice, et seulement à cause qu'ils les croyent reconnaissans des marques qu'ils ont toujours reçeues de mon estime et de mon affection. Je suis même persuadé que si le Pape fait des sérieuses reflexions sur ce que je vous écris il tombera d'accord en luy même, que ma patience ne pouvoit aller plus loing sans blesser ma réputation, et qu'il ne doit imputer qu'à sa partialité et aux conseils que lui ont donné les ennemys de ma Couronne, tous les mal'heurs que peut causer la nécessité où il me met de faire passer des troupes en Italie et de maintenir les droits et les libertés du Chapitre de Cologne. Mais parceque je n'ay pas lieu d'espérer que ce que je vous écris fasse changer de sentiment an Pape, je vous ordonne de voir après vostre audience chacun des Cardinaux, et de leur laisser copie de ma Lettre, afin qu'ils fassent aussi leurs reflexions sur les suites d'une affaire si importante, et à laquelle le sacré Collège a un si notable interest. Sur ce je prie Dieu qu'il vous ait, Mon Cousin, en sa sainte et digne garde. Ecrit à Versailles le 6 Septembre 1688. Signé LOUIS, et plus bas, Colbert.

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