BANQUET ROYAL
tini di Russia e Pomerania, il fratello délia Regina col Castellano di Leopoli, insieme con altri Senatori, Principe Radzivil^ Marescial di Corte, il Gran Tesoriere di Lituania, il grand' Alfiere del Regno, Résidente dell' Imperatore, con i Vescovi nominati di Varmia, e di Kaminiez, et altri Signori, e dall'altra banda, cioè alla terza facciata sedevano le signore Palatine di Chiovia e di Russia con Diverse altre Dame di qualità. Nel mezo délie tre faccie di detta Ta vola scaturiva una fontana copiosa d'acqua con gran diletto dell'Assemblea, alla quale era giunto improviso il bizarro ornamento fatto ail' intorno délia sala di g-ran festoni e lagrime composte tutte di copia grande di fronde e frutti d'ogni sorte e principalmente di meloni, di che ancora vedeansi ornati con gran fasto i tramezzi de' fenestrati il che tutto recava vaghezza non ordinaria. A tal sontuoso e Regio apparato corrispose con lusso grande la copia dei cibi di somma esquisitezza, e fu osservato un tal'ordine nel servire, che i forestieri ne restorono stupiti, conforme apportarono loro ammirazione gl'ultimi servizii de' i frutti, e délie confetture con un allegria poi indicibile per l'eccellenza di difFerenti vini, acque concie, e liquori delicatissimi, di che in abbondauza furono regalati i convitati, i quali per la spazio di cinque e più hore sederono a Tavola con ricreazione di musica italiana tanto délia Cappella Regia, quanto délia condotta d'Italia dalli Signori Duca e Duchessa di Radzivil. Fu notata durante il banchetto un'allegria molto particolare nel volto tanto del Re, quanto délia Regina, e le Maestà loro che non havevano tralasciato dimostrazione alcuna d'aifetto, e stima inverso di Mons. Nunzio con più recreazioni, e colazioni dategli in diversi tempi tanto in Palazzo, che ne' giardini, fecero conoscere in quella sera, quanto in Persona di cosi degno Prelato, elle ossequiavano e veneravano il Sommo Pontefice.
Terminata la festa col ritorno de' Convitati agl'alloggi, dopo d'haver accompagnate le loro Maestà a' i soliti appartamenti Môns. Nunzio il quale per la strettezza del tempo non haveva potuto ricevere d'ordine di S. S. il Regalo da farsi al Principino, e che in Roma era stato consegnato a quest'effetto al Sig. Gran Tesoriere del Regno, fece spiccar la sua generosità e pietà in regali et elemosine, havendo dato aile donne assistenti il Princi-
pino dugento Ungheri d' Oro, altri cinquanta distribuiti a' poveri del luogo, cento similmente a' Padri Domenicani, nella cui Chiesa s'era celebrata la funzione, altri cento aile Religiose di Leopoli, del cui Convento la zia del E.e, che fu présente alla Cerimonia è Abbadessa, e largamente distribui le mancie ad ogni sorte di offiziali domestici, e guardie Kegie. Anche dalla Sig/^ Duchessa Kadzivil fu a nome dell' Impératrice présentât© al Principino un gioiello di valuta di otto mila scudi.
Due particolarità sono degne veramente di molta nota per questo Prencipe, la prima è che egli fu concepito la notte délia Concezione délia Vergine, nacque la notte délia Natività, e fu battezzato il giorno deîl'Assunzione. La seconda è che nel pure Battesimo fatto a Danzica fu adoperata l'acqua del santo fiume Giordano, che in vaso ben sigillato et autentico fu dal Signor Egidio Roland Mercante d'Amburgo fatto venire d'Orienté e présenta to a Sua Maestà, onde da cosi santi auspicii non si possono presagire che félicita e grandezze nell'età adulta di questo Principe, per l'avantaggio, e la Gloria délia Cattolica E/eligione.
Enfin, le 5 octobre, Martelli informe Cybo qu'il s'est rendu à Tanorowna, et qu'il a demandé à voir le petit prince Alexandre (1). « Le lendemain on m'a introduit dans la chambre où il se trouvait, et je lui ai fait présent, de la part de N. S., de la croix en diamants avec les reliques qu'elle renferme. L'abbé Radzicowsky, qui était présent, m'a remercié au nom du petit prince. »
Pour qu'Innocent put atteindre son but, c'est-à-dire la guerre contre les Tuics, ou plutôt rendre impossible à l'Islam la conquête de la chrétienté, la paix générale n'avançait à
(1) Il paraît que, plus tard, la rivalité qui se manifesta entre Jacob et Alexandre Sobieski causa beaucoup de peine au roi et empêcha que l'un des deux ne montât sur le trône. La mère préférait le cadet qui était né fils du roi, mais le père ne voulait pas déroger aux droits de l'aîné.
l'influence française en POLOGNE 421)
rien. Il fallait arriver, à une Jigue des Potentats plus intéressés h faire la guerre aux infidèles. Pour cela, il fallait d'abord abattre les obstacles qui se présentaient dans cliacune des nations pouvant former cette ligue, puis dissiper les jalousies de l'une contre l'autre, écarter les intrigues dont elles étaient travaillées. L'action du pape devait donc se dérouler à la fois à "Vienne, à Varsovie et indirectement cbez les Moscovites et en France pour en obtenir, au moins, la neutralité. En d'autres chapitres on verra son action plus directe à Tienne; ici il n'est question que de celle exercée à Varsovie.
Il y avait beaucoup à faire. D'abor<l la Pologne venait <le terminer une campagne contre les Turcs par une paix désastreuse; et si l'on ne pouvait éviter de la ratifier, il fallait le faire d'une manière provisoire. Les luttes intérieures étaient très violentes par suite des rivalités entre les puissantes familles de la république; elles paralysaient l'action du roi. L'influence française dominait et augmentait le désordre, car Louis XIV, non content de battre par les armes les Impériaux en Allemagne, soutenait sous main, par l'influence qu'il exerçait en Poloirne, la révolte en Hongrie. Le 30 décembre 1676, Martelli écrit à Cybo « qu'ayant parlé de l'em.pereur au roi, S. M. a été satisfaite du zèle de N. S. Mais je crois que S. M. craint beaucoup les Français qui ont tant d'influence ici. Le grand chancelier de Lithuanie désire nue entente avec l'empereur et dit qu'elle est nécessaire pour ce royaume». A déblayer ainsi le terrain polonais, il fallait au pape beaucoup de prudence, car il s'agissait de contrecarrer l'influence française.
Le 26 décembre 1676, Cybo écrit: «quoiqu'on ne veuille ni doive prêter foi à la nouvelle qui a été publiée de l'enrôlement de soldats, déserteurs du roi, pour aller au secoure des rebelles hongrois, toutefois V. S. en prendra occasion pour en parler à S. M., faisant ressortir l'importance qu'il
y a à entretenir de bons rapports avec les princes voisins, et que, d'autre part, il n'est pas prudent de congédier les soldats avant la ratification de la paix, car on ne peut savoir si le Turc ne la rompra pas à son propre avantage. »
Le 9 janvier 1677, Cybo écrit à Martelli: « N. S. est très peiné d'apprendre la défiance qui règne entre l'empereur et le roi, car cela peut avoir de graves conséquences pour la chrétienté. V. S. 111. me doit chercher à dissiper les nuages et travailler à ramener de bons rapports; elle devrait conseiller au roi de les entretenir, ne fût-ce que par le besoin d'un appui contre les Turcs; car même si le roi n'a pas d'inclination (1) envers l'empereur, il doit se dissimuler et l'obliger ainsi à lui être ami, comme le naturel bon et sincère de S. M. impériale peut le faire espérer. On en voit déjà les effets dans les réponses de Madrid touchant les Dîmes; elles sont déjà plus favorables qu'auparavant. Cette nouvelle doit être communiquée par Y. S. à S. M. sans prendre d'engagement à ce sujet, car tout n'est pas encore résolu, mais elle pourrait inspirer au roi le désir de faire la guerre » (2).
(1) L'empereur avait fait des concessions aux révoltés hongrois et l'on espérait que tout serait bientôt fini. Et le 15 février, Bonvisi informait Cybo « que l'on continuait à négocier: 1200 révoltés sont déjà passés au service de l'empereur, mais 7000 attendent le pardon ; seulement il y a de grandes difficultés à les entretenir parce que le pays est ruiné par la guerre... ». En effet, un avis de Vienne, du 14 avril, annonce que les affaires ne vont pas bien en Hongrie: les révoltés qui s'étaient soumis se retirent, les moyens de vivre leur manquant.
(2) Le 27, Cybo écrit à Martelli: la saison s'améliorant toujours plus, les quartiers d'hiver ne sont plus nécessaires pour les soldats ; ils pèsent énormément sur les biens ecclésiastiques, dont les possesseurs sont grevés de contributions pour éviter qu'ils soient dévastés davantage. Et il engage le nooce à conseiller aux évêques de se défendre à ce sujet devant la Diète qui va se réunir.