NOUVELLES PLAINTES DU PAPE AU ROI
est toujours à craindre qu'il ne tombe au pouvoir des Moscovites ou des Turcs, et de n'être aidé en rien par ses voisins. »
Le 30, Cyl)o mande à Martelli : « V. S. aura été informée par Bonvisi qu'à Vienne on était plus tranquille au sujet des mouvements en Hongrie, depuis que la Transylvanie s'abstient d'y prendre part ; mais, à présent, on vient d'apprendre que 700 soldats polonais avec 80 otîiciers d'autres nationalités, sous Je commandement du chev. Lubomirski, se sont joints aux révoltés hongrois. Cela correspond trèsmal aux déclarations faites par le roi au résident césarien ; c'est un acte déloyal envers César, qui, comme tout le monde sait, a délivré la Pologne des barbares, et en même temps injuste envers un prince voisin. »
Et le 6 novembre, il lui annonce:
Già che il Re mostra di scusare il passaggio che hanno fatto in Ungheria a difesa di quei E/ibelli le Genti Polacche, corne colpa di persone particolari, che senza saputa di S. M. hanno preso taie ardire, V. S. Illma rappresenti alla M. S., che per testificatione di questa verità e per discarico di N. S. il qiiale sull'intentione, e promessa data tante vol te costi, assicurô altretante l'Imperatore che di Polonia non si moverebbe cosa alcuna. si aspetta hora dal E,e la disapprovaticne del fatto con le dovute dimostrationi contro chi ha trasgrediti i suoi ordini ; non potendo stare occulti gli autori di un'attione tanto strepitosa, e che ha per testimonii un esercito intiero, e la Polonia tutta.
Et, à la même date, il écrit à Bonvisi: quoique le roi de Pologne eut dû mieux veiller à maintenir les promesses faites, toutefois Y. S. doit chercher à obtenir que S. M. n'en arrive pas à une rupture avec lui^ afin de ne pas l'obliger à se démasquer et à s'unir ouvertement avec les émules de la maison d'Autriche en un moment si mauvais. Pour cela non seulement l'empereur ne doit pas montrer de la satis-
faction pour les tiraillements qui existent entre le roi et la république, mais il convient à 8. M., pour des raisons surnaturelles, d'aider généreusement à porter remède à un mal qui entraînerait, avec la ruine du roi de Pologne, celle de la religion catholique. « Et que V. S., qui représente la personne de celui qui cherche le remède opportun à de tels troubles et qui a pour mission, par son haut ministère, de ramener la paix et la charité là où règne la discorde, m'assure (1) qu'elle la remplira, etc.». Et, le 14, Bonvisi informe qu'il a fait voir à S. M. la copie d'une lettre du nonce Martelli au roi de Pologne touchant les secours aux Hongrois. La copie était aussi ac(;ompagnée de la citation et du décret contre ceux qui désobéissent à la Diète de Pologne. Martelli écrit à Cybo, le 16, de Ragon:
Qui non sono bene intesi i miei uffitii in persuadere la buona corrispondenza delPImperatore, et alcuni giorni sono mi è stato riferito da uno che fu già in Dansica (2) come dopo la prima lettera, che scrissi a S. M. in questo proposito se ne mostrasse in Corte poca sodisfatione, forse non distin^uendo, o non volendo distinguere, che per debito del mio ministero io sono obligato di eseguire gli ordini di Nostro Signore, ne posso secondare in tutto il partito che prévale, com'è forza che fariano tutti quelli che vogliono havere il favore di Sua Maestà ; benchè io ponga, et habbia posto ogni studio per far costare la mia indifferenza. Prego V. E. a riflttere, come dopo, che in tempo dell'ultima Dieta io mi adoperai per quella piccola sodisfatione che hebbe il Résidente Cesareo, escluso dalla publica udienza nella Dieta medesima, e che conforme era già noto a Sua Maestà io dovevo parlare délie cose
(1) Un avviso de la même date annonce que l'empereur a fait savoir au roi et à la république de Pologne que tout est arrangé pour que sa sœur, en épousant le duc de Lorraine, conserve sa dignité royale en souvenir de la république.
(2) La Cour de Pologne se trouvait depuis des mois à Dantzig, où la reine avait accouché.