CONSEILS DU PAPE A RADZIWILL
ces deux religieux sont inutiles, vu qu'ils ne veulent pas apprendre l'arménien. . . On peut les appeler pour en avoir des renseignements; mais je vais prudemment avec Pidou, car il est ardent et pourrait mettre le feu...(]).
Le 2 mars, Cybo lui mande que le pape a conseillé au duc de Radziwill de faire en sorte que la Pologne reste en paix avec César qu'elle ne suscite pas de démêlés, et que le duc a promis de travailler dans ce sens aussitôt qu'il sera rentré; il a fait part aussi de ses bonnes dispositions au Secrétaire d'Etat.
Le 7, Martelli répète à Cybo que le roi lui a répondu qu'en Hongrie il n'y a pas de soldats polonais. Et le 13, Bonvisi confirme sa dépêche du 13 février à Cybo: «Ayant appris que les Turcs font de grands armements, j'ai fait comprendre au grand Trésorier de Pologne la nécessité de l'union entre l'empereur, la république et les Moscovites, faisant noter que ces derniers envoient partout des ambassadeurs pour attirer des adhérents à cette union, et, comme le roi de Pologne pour s'unir aux Moscovites, devrait convoquer la Diète, on pourrait proroger la trêve pour dix ans encore... L'empereur, lui aussi, est satisfait, conclut le nonce, et écrira dans ce sens aux ambassadeurs Moscovites, qui actuellement se trouvent à Lublin. »
Bien que la Pologne eut rétabli des rapports cordiaux avec l'empire, la situation offrait encore bien des difficultés. Le moment était arrivé où elle devait prendre une décision touchant la ratification de la paix signée à Zarowno avec les Turcs, ou bien s'y refuser en s'unissant aux Moscovites avec
(1) Et le 10 septembre Cybo répondit à Martelli qu'il croit que la Propaganda donnera la licence à Pidou de laisser la place de Préfet du Collège pontifical de Léopole...»
lesquels la Pologne n'avait conclu qu'une trêve. Les derniers mois de l'année, furent occupés à ces négociations.
Le 21, Martelli transmet de Lublin à Cybo copie des lettres que le roi avait envoyées aux sénateurs pour les engager à venir à Lublin, ou à donner leur opinion sur le parti à prendre. « On est inquiet, écrit le nonce, dans la crainte que les Moscovites ne s'allient avec la Porte et qu'ensuite ils menacent la Pologne. La république n'a plus d'armée, car les 12,000 soldats que la dernière Diète laissa sous les armes pour garder les frontières, ont déserté. On espère que, dans la semaine, le roi se rendra à Pilaskovitz où se trouvent les sénateurs ; je tâcherai d'y aller et, pour obéir à N. S., je démontrerai l'utilité qu'il y aurait de s'unir aux Moscovites et de les déconseiller de ratifier la paix avec les Turcs. Aujourd'hui j'ai reçu une lettre de Bonvisi, qui m'annonce qu'il a pu persuader l'empereur moyennant les déclarations du grand Trésorier de Pologne, de passage à Tienne, que son roi n'était pour rien dans les affaires de la Hongrie et que, si des Polonais y étaient allés, il s'agissait d'actes individuels dont la République ne pouvait être rendue responsable. L'empereur et ses ministres ti-aitèrent très bien le grand Trésorier, afin de montrer que l'on ne nourrissait aucune rancune contre la nation polonaise, et comme preuve, ils allèguent l'aide donnée aux Suédois et que plus tard, quand la paix sera conclue avec le roi très-chrétien, on le verra mieux encore. Et Bonvisi termine en disant : que je pourrais informer de tout cela le roi et l'assurer d'une complète sincérité; de même que, sans la crainte d'exciter les jalousies de la Pologne, l'empereur aurait engagé son ambassadeur chez les Moscovites à conseiller ceux-ci de s'unir aux Polonais. »
Et de nouveau Martelli écrit à Cybo: