JUSTIFICATIONS DE MGR HONVISI
Y. S. 111. me soit sur ses gardes afin que rien ne puisse être divulgué même de la part de son entourage (1).
, Et, le même jour, Cybo conseille à Martelli de se rendre k la Cour, aussitôt qu'il se trouvera en bonne sauté, « car
(1) A cette espèce de réprimande, le 20 janvier, Bonvisi répond à Cybo: « que c'est une chose naturelle pour les Polonais, de nier ce dont on se rend compte; et que c'est le cas, lorsque le roi de Pologne dit que ce sont d'autres nations qui vont aux •secours des révoltés. Si parmi ces auxiliai*res il n^y avait pas des Polonais, qui ont rassemblé les soldats des autres nations, à quoi aurait donc servi le décret de la Compagnie de Sandomir, qui a trop bien fait connaître que les soldats étaient réunis aux frontières polonaises? Ce décret cite leurs chefs à comparaître, sous peine de rébellion; on n'aurait pas, non plus, publié en Hongrie les manifestes excitant les peuples à s'unir, et il ne serait pas arrivé des lettres de sénateurs confirmant le fait. Le roi de Pologne ne peut donc pas se plaindre, comme il fait, de la personne qui a donné des informations sur une matière aussi claire, et je sais fort bien que c'est moi que visent ces plaintes. Je comprends maintenant pourquoi le nonce de Pologne ne m'a pas transmis la copie de la lettre du roi à S. S., car il disait du mal de moi ; et je comprends aussi pourquoi V. Em. m'a recommandé d'être réservé dans mes discours et aussi avec mes gens. Je dois pourtant dire à V. Em. que ceux-ci se composent en grande partie d'Allemands qui ne parlent jamais de politique. Je ne m'ouvre à personne, faisant moi-même le travail de déchiffrer et dicter * les chiffres, et. ne fréquentant personne, je ne puis donner occasion de répéter des discours tenus par moi, mais on peut inventer ■des potins. Un certain ministre de la Poste de Pologne, pour gagner la faveur de son roi, lui a écrit des choses malveillantes sur la Cour impériale; et les originaux m'ayant été envoyés, je, n'ai plus voulu lui communiquer les avis que je reçois du dehors comme je le faisais avec le baron Sili, lorsqu'il était ici comme résident, car je ne voulais pas qu'on pût dire qu'il recevait de moi les avis absurdes qui arrivaient: il est naturel qu'étant irrité
les nuages subsistent toujours entre l'empereur et le roi et il faut les dissiper, en restant impartial ».
Le lendemain, Bonvisi répond à Cybo: «Bien qu'ici on soit contraire au roi de Pologne, au point qu'il sera impossible d'amener S. M. Ces. à l'estimer, toutefois on ne fera rien de préjudiciable à la république, que l'on reconnaît nécessaire comme rempart; mais que si l'on peut, par l'électeur de Brandebourg, abaisser l'arrogance du roi, on en sera content. L'empereur cherche à se préparer dans l'espoir que la paix pourra se conclure en hiver. En attendant, dit, le nonce, je prie, N. S. de décider quelles offres il peut faire dans ce cas; car si l'on attend, pour le faire, jusqu'après la conclusion de la paix, on perdra bien du temps. Je cherche toujours à faire agréer de plus en plus l'ambassadeur de Yenise, et il m'a été bien reconnaissant de l'avoir invité jeudi à un repas où se trouvaient les principaux ministres pour qu'il pût faire leur conquête... Il faut être prudent en donnaut des conseils à l'empereur et se maintenir
de mon refus il ait écrit contre moi. Que le roi de Pologne se soit aussi plaint à S. S. lorsqu'il se fâcha, parce que je ne voulais pas désobéir aux ordres reçus en déboursant l'argent qui m'avait été donné pour des besoins publics, en cela j'ai cru bien agir pour le service du pape. Aussi suis-je fort obligé à V. Em. qui m'en informe, afin que 'e ne sois pas desservi par les intrigues comme il arrive à tant d'autres malheureux prélats qui, en servant fidèlement le Saint-Siège, s'attirent la haine des princes, non celle de l'empereur, car il connaît ma sincérité. Toutefois, je ne manquerai pas de parler à S. M. Ces., comme l'écrit V. Em., et j'espère faire une bonne impression, car^ après la prise de Stettin, le roi de Pologne parle avec complaisance, cherche à 'se disculper au sujet des secours aux révoltés de Hongrie et des levées de soldats que l'on fait en Prusse pour les Allemands. Pour peu que le roi de Pologne montre de la bonne volonté^ nous pourrons réussir à obtenir que S. M. oublie le passé... ».
l'empereur se montre satisfait 453
■en ses bonnes grâces, car S. M. ne considère pas comme •désordre ce qui l'est réellement; toutefois elle agrée ma liberté de langage. »
Le 22, Cybo répond à Bonvisi qu'il est content des dé- <îlarations faites par S. M. Ces. qu'à peine la paix conclue, ■elle fera la guerre contre les Turcs; et que S. S. ne pouvant déterminer en ce moment de quelle manière elle assistera l'empereur, le pape engage le nonce à ne plus aborder ne sujet. Et, le 29, il ajoute: «Comme des avis s'occupent du peu de sincérité et de loyauté du roi de Pologne envers l'empereur, il convient à un ministre apostolique de parler avec prudence et de tâcher de détruire les soupçons et les mauvaises impressions.»
Le 31, Martelli transmet à Cybo la copie d'une lettre qu'il a écrite au roi, au nom de N. S. pour que S. M. ait à rappeler les soldats polonais de la Hongrie.
Le 5 février, Cybo engage Bonvisi à veiller, parce que si le Turc conclut la paix avec la Moscovie, il se tournera immédiatement contre la Pologne et l'empire.
«J'ai été à Neustadt, communique le 13 Bonvisi à Cybo, attendant la fin de la période des comédies à la Cour. J'ai présenté à S. M. les réponses du roi de Pologne, qui se défend en disant que ceux qui sont allés au secours des révoltés ne sont pas de ses soldats et qu'il ignorait leur départ. Il déclare qu'il tient à rester en excellents termes avec l'empereur ; et qu'il s'est convaincu qu'un accord était urgent, parce que les Turcs font des préparatifs pour la guerre. L'empereur, écrit-il, répondit qu'il oublierait les secours envoyés aux révoltés, et qu'il ne désirait que la paix » (1).
(1) Dans un avis de Rome du 26 février 1678 on lit : « Il primo giovedi di quaresima il duca di Radziwill fece il suo ingresso preceduto da 40 suoi famigliari a cavallo e seguito da altre carozze. »
Le 21, Martelli informe Cybo que, ayant appelé les Pèrea théatins de Léopoîe auprès de lui, il a appris les désordres qui ont lieu dans leur collège pontifical; plusieurs otïiciers de guerre français et polonais y sont installés, et d'autres s'occupent d'enrôler des soldats et prennent part aux secours des hongrois; que dans ce collège on réunit des armes et de la poudre que l'on envoie à Stri, une starotia appartenant en particulier au roi et située aux frontières de la Hongrie et qui a été transformée en une place d'armes ; que le P. Bossio, vice-préfet du collège entretient une correspondance suivie avec l'ambassadeur de France et est chargé de distribuer l'argent. Ce religieux fut jadis ministre de la maison de l'ambassadeur à Varsovie et dit que le P. Pidou, son supérieur, l'a autorisé à agir de cette manière pour faire gagner de l'argent au collège. Les deux religieux ont tout avoué, mais le P. Pidou ajoute qu'il ne sait comment faire pour refuser à l'ambassadeur ce qu'il lui demande. Ils avouent aussi d'avoir hébergé des gens de la Cour... j'ai cru bon, écrit le nonce, de ne pas demander davantage, afin de ne pas les avoir contre nous à cause de l'aide qu'ils obtiennent de l'ambassadeur. En attendant je leur ai défendu de loger du monde, en disant que je voulais descendre chez eux lorsque je me rendrais dans leur ville. Je propose, en conséquence, conclut-il, à la Congrégation de la Propagandele rappel de Pidou, de Pezzuoli et de Bossio, car d'ailleurs,
Et dans un autre du 5 mars : « Il Polacco per la pretensione del-^ l'Altezza vive fuori del commercio e partira presto anche per la riunione délia Dieta. Ricevette molti onori e la moglie regali ed il titolo di Altezza. La duchessa ha dato a S. S. uno scrigno di cristallo che sembra di grande stima ed al cardinale Cybo un Crocifisso di cristallo di grande valore. La Principessa di Eossano li ha invitati nella villa di Frascati per la ricordanza clia da Clémente VIII un Eadziwill fu creato cardinale.