VI AU LECTEUR
diplomates de l'époque; aussi a-t-il été souvent nécessaire de sacrifier à cette préoccupation, l'élégance du style.
En outre, il ne nous a pas paru opportun d^ encombrer le bas des pages de minidieuses indications des sources, qui non seulement eussent été de peu d'utilité, mais encore auraient créé une inévitable confusion. En effet, à V indication souvent répétée du registre il eût fallu joindre .aussi celle de la page. Or, les feuilles des volumes ne sont pas encore numérotées et ce travail est commencé à peine depuis que le savant Mgr Ugolini a été nommé archiviste. Les seules indications des années permettent, à qui veut contrôler, de trouver facilement le volume désiré. Chacune des nonciatures forme une Série à part numérotée, qui comprend par an environ 4 volumes, dont deux se rapportent aux dépêches du Secrétaire d'Etat, et deux à celles du nonce.
Voici la liste des principaux nonces apostoliques:
Vienne: Mgr Bonvisi, archevêque de Thessalonique. — Madrid: Mgr MeJlini, archevêque de César ée. — Paris: Mgr Varese, archevêque d' Andrinople ; à sa mort Vahhé Lauri fut nommé internonce. — Varsovie: Mgr Martelli^ archevêque de Corinthe. — Venise: Mgr Airoldi, archevêque d'Edesse. — Lisbonne: Mgr Durazzo, archevêque de Chalcédoine. — Nimègue : Mgr Bevdacqua, patriarche d' Alexandrie. — Turin : Mgr Muzio, archevêque de Naziame. — Bruxelles : Mgr Tanari, abbé de Sainte Marie, internonce. Il y avait également des nonces a Naples, Florence, Cologne et Lucerne.
Tout biographe, eu écrivaut la vie de son héros, doit se placer daus le milieu où vivait celui-ci et expliquer par là bien des actions qui resteraient incomprises s'il se plaçait uniquement au point de vue des idées qui ont cours aujourd'hui. A l'égard d'Innocent XI il n'y a guère de réserves à faire. L'examen de ses actes, de sa correspondance avec ses nonces et de ses rapports avec les différents princes de son époque^ nous révèle ce pape comme une des figures les plus pures de l'histoire ecclésiastique. Il brille à la fin du XVII® siècle, s'écartant des traces de ses derniers prédécesseurs, se détachant, se séparant de son époque pour replacer l'Eglise sur les bases qui avaient fait la grandeur de cette institution. Après une longue période durant laquelle le Saint-Siège avait semblé n'être plus l'initiateur des grandes résolutions, Innocent en releva toute la dignité en prenant en mains la cause des peuples et en se faisant le défenseur des principes de bon gouvernement.
La famille Odescalchi jouissait déjà au xvf siècle, dans la Yalteline, d'une situation sociale et financière considérable. Pietro Giorgio Odescalchi avait été évêque de Yige-
vano de 1610 à 1620, et Francesco fut nommé par Pie IV préfet du trésor pontifical (1).
Benedetto Odescalchi naquit à Côme, le 19 mai 1611, de Livio Odescalchi et Paola Castelli. On a prétendu, surtout en France, que, dans sa jeunesse, il avait pris part, dans l'Europe centrale, à plusieurs batailles contre les Turcs; il n'existe aucun document à ce sujet. Il fit ses études ecclésiastiques à Gênes et à Naples, et à râ^^e de 25 ans il vint à Rome muni de lettres de recommandation pour François Paravicini, prélat influent à la cour pontificale. Il attira bientôt l'attention, par sa vie modeste et pieuse, sa science et son intelligence des affaires. Il fut nommé protonotaire apostolique et envoyé dans le Picenum à la suite du désaccord survenu entre Edouard Farnese et la Chambre Apostolique: les habitants de cette province se refusaient à payer certains impôts ; il eut mission de les ramener à l'obéissance.
Rentré à Rome, il fut nommé clerc de la Chambre, et, en 1645, Innocent X le créa cardinal diacre du titre des SS. Côme etDamien; quelques années plus tard, il fut promu cardinal prêtre du titre de Saint-Onuphre.
(1) Le 26 décembre 1676, Cybo, secrétaire d'Etat, prie le nonce à Madrid, Mgr. Mellini, de vérifier si, dans l'église collégiale de la Sainte-Croix à Madrid se trouve le tombeau d' Hippolyte Odescalchi, qui avait servi dans l'armée sous Philippe II durant le siècle précédent ... Et Mellini envoie, le 28 février 1677, au cardinal la copie de l'épitaphe de feu S. Hippolyte Odescalchi qui se trouve dans l'église de la Sainte-Croix. Elle est écrite sur du bois verni et l'effigie du « peintre Hippolyte » est sur mur blanc. Il avertit que le comte Casani s'en est déjà occupé... Et le 5 avril, Cybo fait remercier le collège de Sainte-Croix pour ses manifestations honorifiques en l'honneur d' Hippolyte Odescalchi ...