CHAPITRE II
Innocent XI et Léopold P^
Dans ses rapports avec l'empereur on voit que le pape se sent plus à son aise. Il trouve chez ce souverain plus de loyauté que chez les autres princes, tandis que les ministres impériaux montrent bien souvent des sentiments d'opposition non exempts de malveillance, soit par attachement à leurs intérêts personnels, soit par manque d'esprit élevé.
Le chev. Mocenigo, ambassadeur à Rome à la fin du Pontificat de Clément X, écrit, dans son rapport au Sénat en 1675: « L'empereur est considéré à Rome comme doué de piété et animé de zèle chrétien, et la nation allemande est regardée également comme douée d'une bonté naturelle. Avec cette confiance les gouvernants de Rome sont persuadés de parvenir à assouplir S. M. en la satisfaisant par des grâces spirituelles ; on dit même publiquement ici que^ lorsque l'empereur semble témoigner quelque mécontentement, il sutfit, pour l'apaiser, de lui envoyer un chapelet ou des Agnus Dei bénits; il se calme. Les prétentions de l'empereur sont satisfaites par des bénédictions, une canonisation de quelque saint à sa demande, et autres choses spirituelles de ce genre».
Que le roi-sacristain «Joseph», aurait eu un prédécesseur en Léopold P^, mais dans un meilleur sens, et que l'ambassadeur de Yenise eut des données pour écrire en ces termes sous le pontificat de Clément X, c'est ce que nous laisserons à examiner aux historiens de ce pontificat^