BREF POUR LES CONTRIBUTIONS DU CLERGÉ
fait observer, à mon tour, écrit Martelli, que je trouvai étrange de demander des secours aux princes, du moment que l'on a cette somme dans les mains; et j'ai conclu par des félicitations de ce que la reine ait obtenu la réconciliation entre les Lubomirski » (1).
Le 15, Martelli informe Cybo que le roi paraît toujours enclin envers la France ; mais que la reine est entièrement contraire; cependant, bien qu'il y ait des raisons de famille, bon nombre ne la croient pas opposée au parti français; dans la Cour il y a dissentiment entre le roi et les deux grands-généraux, d'où une grande confusion. On voudrait la coopération de la reine pour arranger les différends entre les deux maisons de Sapieha et de Pazzi, et amener une réconciliation entre le roi et le grand-général de Lithuanie, avec lequel la reine est en rapports constants. « Dernière-
(1) A la même date, Martelli accuse réception à Cybo du bref pour les contributions à prélever sur le clergé séculier et le clergé régulier afin de couvrir la dette de la République envers l'armée depuis la dernière guerre; de cette manière, dit-il, on sera content, car les évêques étaient incertains et il y avait menace d'exécutions militaires ; que toutefois le bref ne donne faculté de contribuer que pour 340,000 florins, somme équivalente à 45,000 écus de monnaie romaine, et que cela ne suffit pas, car la dette est bien plus forte ... Il avertit qu'il n'osa pas publier le bref et se borna à en parler à l'évêque de Posnanie et au trésorier du royaume. L'évêque lui conseilla de le suspendre, d'autant plus que la teneur du bref est défectueuse, vu que la contribution a été déjà en partie payée et dépasse la somme portée dans le bref, et l'on pourrait refuser de payer le reste, dans les autres brefs on ne fixait pas la somme. « Et, dans ma lettre du 27 écoulé, ajoute-il, j'ai écrit qu'il manquait plus de 3 millions de florins; et à présent on trouve qu'il manque 5 millions et demi, parce que l'on n'a pas pu lever à temps les impôts et, par conséquent, le clergé doit contribuer pour une plus forte somme ...»
ment S. M. m'a dit, écrit-il, qu'elle faisait son possible pour amener ces réconciliations, et qu'elle conseillait même au roi de faire quelque chose pour le général Pazzi. » Et, le 20, il ajoute: « on à commencé les négociations avec les Moscovites, il ne paraît guère que l'on puisse s'entendre; ils veulent bien donner 15,000 hommes, mais sous des réserves impossibles, c'est-à-dire, qu'ils ne soient pas exposés aux plus forts dangers, ni à l'attaque des places fortes. Du côté de la République on demande un plus grand nombre de soldats et de l'argent, et que les Moscovites attaquent les Tartares. La conférence a été interrompue... Je regrette d'avoir été ol)ligé de garder le lit, mais par l'évêque de Premisilia j'ai fait dire au roi qu'il faudrait laisser à l'empereur le soin de négocier l'arrangement. J'en parlai au résident césarien, qui me promit d'écrire à Vienne. S. M. m'a fait répondre: que l'on fasse ce qu'on veut, pourvu que les négociations ne soient pas rompues; et comme le résident m'avait dit aussi que pour le bien de la chrétienté, il en parlerait aux ambassadeurs, samedi il vint m'informer qu'il avait changé d'avis, car la maison des Moscovites était trop surveillée, et qu'il ne voulait pas donner aux Turcs matière à soupçons contre l'empereur, en donnant l'éveil aux adversaires de Tempire, surtout à présent que se trouve ici un envoyé du prince de Transylvanie, hôte de l'ambassadeur de France, et aussi un envoyé du Klian des Tartares, qui doit aller en France... Les césariens sont étonnés de la demande qu'on leur a faite publiquement touchant les secours que l'empereur eut pu donner à la Pologne; cela nuit aux ministres, qui ont toujours déclaré que leur souverain, aussitôt conclue la paix avec la France, ne serait pas le dernier à agir contre l'ennemi commun. J'ignore, après tout, quelle autorité ils pourront avoir auprès des Moscovites; et on comprend toujours moins la procédure que suit la Cour, car, s'il est vrai qu'elle redoute les Turcs,