CYBO DÉMENT LE COMPLOT À VIENNE
Le 6 mai, Cybo répond à Bonvisi que S. S. n'a jamais cru qu'à la Cour impériale ou intriguât contre la Pologne. «V. S. Ill.me, écrit-il, doit faire en sorte d'adoucir le plus qu'il se pourra, les amertumes conseillant à S. M. la dissimulation, qui lui sera utile pour arriver à son but, c'est-àdire de s'assurer des révoltés hongrois... S. S. presse aussi le roi de France et, grâce au cardinal d'Estrées qui se trouve à Paris, N. S. envoie un bref au roi car en ce moment il n'y a pas de nonce. »
Le même jour, Cybo informe Martelli que: «les nouvelles qui arrivent de Vienne donnent peu d'espoir d'aboutir à une union entre les deux Cours, à cause des secours que les révoltés hongrois trouvent toujours en Pologne... et l'on s'appuie sur le fait qu'ici on a de la répugnance à agir contre les coupables... Quant à l'idée de vouloir remplacer le roi par le duc de Lorraine, Bonvisi aura déjà écrit à ce sujet à V. S. » Et le 13, il lui envoie trois dépêches. Dans la première il répond : « qu'on a équivoque en référant sur les tentatives d'intrigues contre le roi; mais malgré cela, jamais on n'a douté que les Autrichiens y auraient prêté la main . . . Peut-être que Bonvisi a mis un zèle trop ardent et a appuyé trop fortement en écrivant à ce sujet à V. S. Ill.me. Toutefois elle peut être certaine de n'avoir jamais perdu la confiance de N. S. » Dans la seconde il déplore qu'à présent on trouve des prétextes pour ne pas donner l'induit, et l'on prétend qu'on pouvait y penser auparavant. «Il n'est pas possible, écrit-il, que l'on veuille le bien du pays, du moment qu'on agit différemment que l'on parle ». Et il engage le nonce à faire en sorte que l'ambassadeur parte content. Enfin, dans la troisième, il lui annonce la volonté du pape touchant le projet des Polonais :
Le speditioni, che costi si pensano fare a' Principi Christiani per chiedere aiuti alla guerra contro il Turco, saranno di poco
frutto e di molto dispendio, e tardandosi a rompere fino che giungano le risposte, svanirà si bella opportunità.
La vera sarebbe di stringere l'unione coi Moscoviti e muover subito le Armi, onde l'imperatore si moverebbe facilmente egli ancora non ritardandolo altro che il timor d'esser solo. E questo è il maggior aiuto che possa sperar la Polonia.
L'inviare a' Principi col titolo d'Ambasciatori portera maggior spesa, e dilatione, oltre il pericolo d'incontrar disgusti. Esorti V. S. Ill.ma ad inviar più tosto in forma privata con titolo d'Ablegati, i quali si spediranno più sollecitamente e con poca spesa. In ogni caso bisogna avvertire di non scordarsi del Duca di Baviera, il quale essendo cosi ben disposto a contribuire l'opéra e gli ufficii, quando si vedesse privo di questo honore, potrebbe sdegnarsene e ritirare la mano. A lui perô è necessario di mandare uno che non habbia titolo d'Ambasciatore, ma d'Inviato semplicemente per le controversie già note intorno al ricevimento ; per il quai rispetto anche à Vienna è solita la Polonia di mandare un Inviato. Non lasci V. S. Ill.ma di proporre queste considerazioni troppo necessarie.
Mais, à la même date, Martelli l'intormait « que la Diète donnera au roi la faculté, avec le Conseil des députés, de déclarer la guerre aux Turcs et de conclure la lij^ue avec les Moscovites; de cette manière on ne doutera plus de la loyauté de cette Cour, car autrement on pourra toujours craindre que les armes ne se tournent contre Brandebourg ou d'autres princes chrétiens. Le ministre césarien et celui de rélecteur sont très attentifs, conclut le nonce, et je tâcherai de bien me renseigner, quoique la décision soit tenue secrète. »
Et, le 17, il ajoute:
Hier mattina il Sig. Duca Hadziwil fu a visitarmi, e come egli s'espresse a licenziarsi stando in procinto di partire per le sue Amlmscierie altre volte accennate. Mi disse che verra à N. S. in qualità di Ambasciatore d'obbedienza, et havrà insieme l'altre commissioni in ordine alla guerra col Turco. Verra egli medesimo